‹ Notes brèvesChapitre 37 sur 85 · LA FOIRE SUR LA PLACE IDI · texte numérisé non relu

LA FOIRE SUR LA PLACE IDI

du caractère, de la vie, pas un mot. Pas un d'eux ne se doutait que tout vrai musicien vit dans un univers visible, et que ses journées se déroulent en lui comme un flot de musique. » Et Christophe pensait encore, avec Moussorgsky, « que les musiciens ne feraient pas mal de laisser de temps en temps leur contrepoint et leurs harmonies pour la lecture des beaux livres et l'expérience de la vie ».

La vie ! la chose la plus nécessaire, et la plus rare ! Elle est absente également des grandes machines que nous bâtissent les uns et des petites mécaniques où les autres s'ingénient. Sans compter que les autres comme les uns ne paraissent pas trop sûrs d'eux-mêmes et bronchent à chaque pas sur leur propre chemin. Avec du talent, beaucoup de talent, qu'ils gaspillent, ils n'ont pas assez de conscience et de volonté. Leurs e fforts enfin, leurs efforts à tous, loin de se rassembler, se contrarient. Il y manque la discipline et la communauté. Quelquefois, devant notre désordre et notre anarchie, Christophe « souriait, à l'idée d'un dix-huit brumaire ».

Je ne demande pas mieux, en musique aussi.

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