‹ Notes brèvesChapitre 45 sur 85 · LA MUSIQUE CHINOISE I · texte numérisé non relu

LA MUSIQUE CHINOISE I

revint, rapportant à son maître les douze signes sonores. On les nomma liu, ce qui signifie lois.

Fixées d'abord en des cloches de bronze, les douze notes passèrent plus tard en des tubes ou chalumeaux. Cinq d'entre elles furent choisies et, partant d'un degré quelconque de l'échelle chromatique, mais se suivant toujours par intervalles invariables, elles formèrent la gamme et les modes nationaux. Le nom de chacune, pas plus que sa place, ne change. La première s'appelle koting, le palais; la seconde, chang, la délibération; la troisième, kio, la corne; la quatrième, tchen, la. manifestation, et la cinquième, ^w^ les ailes.

« Et ceci » — qui est fort mystérieux — « se passait en des temps très anciens. » Depuis, quelques nouveautés ont commencé de s'introduire. La gamme de cinq notes a reçu deux notes complémentaires, mais plutôt regardées jusqu'ici comme accessoires ou d'agrément. Et les sujets du Fils du Ciel n'ont pas non plus abandonné tout à fait pour nos pianos et nos violons modernes les instruments d'autrefois, interprètes et confidents de leur rêve millénaire.

L'un des plus primitifs est un groupe, ou « jeu » de pierres de jade choisies et taillées inégalement. Confucius en jouait, dit-on, et si bien, qu'un passant, l'ayant entendu, s'écria : « Qu'il a de cœur, celui qui frappe ainsi ! »

D'autres engins sonores sont en usage là-bas. Sans parler d'un petit instrument fait de terre cuite ou de porcelaine, ayant la forme de la moitié d'un œuf, c'est le gong et les cymbales, les tambours, grands et petits.

IJo NOTES BREVES

c'est la flûte et le che, ou cithare, et surtout c'est une espèce de luth, appelé le k'in.

La musique en Chine est religieuse, populaire, dramatique, et même familière, ou « de chambre ». Elle accompagne la plupart des actes, profanes ou pieux, officiels ou privés, de la vie. Musique de cour et musique d'église, ou de temple, chant des voix, son des « jeux » de cloches ou de pierres, se mêlent à la récitation et à la danse pendant que, devant l'autel de Gonfucius, l'Empereur offre des prières et des présents, des fruits, du vin, des viandes, de l'encens et des pièces de soie.

Après n'avoir été longtemps que de pantomime et de danse, le théâtre chinois est devenu lyrique vers le huitième siècle avant notre ère. C'est alors que l'empereur Yuen-Tsoung décida de fonder une école dramatique appelée d'un nom mystérieux et que la tradition a conservé, le Jardin des Poiriers. Et maintenant, dit-on, l'opéra chinois est chargé, surchargé de musique. Instrumental et polyphonique avec fureur, il pratique le « tout à l'orchestre », et la parole y est à grand'peine entendue. Cet opéra ne me paraît pas extrêmement éloigné du nôtre.

Mais le dilettante chinois se plaît aussi, peut-être davantage, à de plus intimes concerts. Le luth, ou le k'in, en est l'instrument par excellence. Tout nous

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