‹ Notes brèvesChapitre 52 sur 85 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

piano, ses duettini et ses douze ariettes. « Ce qu'elle aime, encore une fois, c'est la musique allemande, telle qu'en ce temps la transforme Beethoven ^ » Clementi, Haydn, Hummel, voilà ses auteurs de prédilection. Elle exécute aussi sur la harpe les fantaisies de d'Alvimare; elle chante, mais presque toujours seule. Que sont devenus les concerts familiers et familiaux de la Hofburg? Elle sent bien qu'elle ennuie l'empereur avec ses sonates à l'allemande, qu'il ne saurait souffrir, et que tout ce qu'il peut faire, et encore! c'est de feindre d'écouter une musique que jamais il n'entendra.

Son goût pourtant s'est formé. Toujours ignorant de Tart musical, il s'y montre de plus en plus sensible. Et même le temps n'est plus — c'était pendant la traversée d'Egypte — où Bonaparte, causant ou disputant de musique avec Arnault, qui lui citait Gluck et Sacchini, répliquait vivement : « De qui me parlez-vous là! Qu'est-ce que ces gens-là? Qui diable les connaît^ ? » Il les connaît maintenant, au moins de nom.

Je sais bien qu'en i8o5, à Ludwigsbourg, après une représentation de « l'opéra allemand de Don Juan », il ne nommera pas Mozart. Il écrira seulement : « J'imagine que la musique de cet opéra est la même que celle de l'opéra qu'on donne à Paris. » Mais il ajoute : « Elle m'a paru fort bonne. » Vous voyez bien qu'il commençait de s'y entendre.

Certains traits encore, qu'on lui prête, ne sont pas d'un amateur tout à fait méprisable. Un soir, à Saint-

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