I. Grégoire était le secrétaire de la chapelle impériale
nement. — Messieurs, veuillez reprendre. » Reprise, et bientôt nouvelle interruption. « Non, non, c'est impossible. Paisiello a bien plus d'esprit que cela. » Grégoire, timidement : « Sans doute c'est un ouvrage de sa jeunesse, un coup d'essai. — Messieurs, les coups d'essai id'un grand maître comme Paisiello sont toujours empreints de génie, et jamais au-dessous de la médiocrité, comme le morceau que vous venez de me faire lentendre. »
Et Berlioz d'ajouter : « Nous avons eu en France, depuis lors, bien des directeurs, administrateurs et protecteurs des beaux-arts. Je doute qu'ils aient jamais montré cette pureté de goût dans les questions musicales auxquelles ils se trouvaient mêlés. » J'ignore d'où le musicien-critique a tiré l'anecdote, et si c'est de la légende ou de l'histoire. En tout cas, il faut reconnaître que sa remarque personnelle et finale est d'une ndiscutable vérité.
Ainsi le sens, ou le sentiment de la musique, était bien loin de faire défaut à Napoléon; et, plus nous avancerons dans cette étude, mieux nous comprendrons que l'un des plus éminents parmi les historiens du oremier consul et de l'empereur ait pu dire : « Dès ce noment*, et comme il le fut toute sa vie, Bonaparte îst infiniment sensible à la musique, surtout à la mu- >ique vocale. C'est, de tous les arts, le seul où il porte an goût particulier et personnel. Les autres, il les a pro- :égés par politique, par la passion du grandiose et de