I. En
l'immortalité; mais la musique, il en jouit réellement et pleinement, il l'aime pour elle-même et pour les sensations qu'elle lui procure. Elle calme ses nerfs, berce ses rêveries; elle charme sa mélancolie, elle échauffe son cœur.
« Peu importe qu'il chante faux, qu'il retienne mal les airs et qu'il ne connaisse point les notes. Il s'émeut à la musique au point de n'être plus maître de soi, au point de donner son ordre de la Couronne de fer au sopraniste Crescentini. C'est pourtant la mieux sentir que les gens qui croient la déchiffrera »
Il pouvait, il devait la sentir et l'aimer : premièrement, parce que la musique, plus que tous les autres arts, ou même seule entre tous, est force, action et mouvement. Parce qu'elle est ordre aussi, et que, tout cela, c'était l'essence même du génie de Napoléon. Mais l'ordre n'est pas seulement un élément de la musique : il en est encore un effet. Autant qu'elle le possède, elle le peut établir, et le grand homme de guerre et le grand homme d'État ne l'a point ignoré. De son quartier général de Milan, le 8 thermidor an V (26 juillet 1797), Bonaparte écrit aux inspecteurs du Conservatoire de Paris : « J'ai reçu, citoyens, votre lettre du 16 messidor, avec le mémoire qui y était joint. On s'occupe dans ce moment-ci, dans les différentes villes d'Italie, à faire copier et mettre en état toute la musique que vous demandez.
« De tous les beaux-arts, la musique est celui qui