M. Frédéric Masson, Napoléon et les femmes
le plus d'influence sur les passions, celui que le légisateur doit le plus encourager. Un morceau de musique ait de main de maître touche immanquablement le entiment et a beaucoup plus d'influence qu'un bon 'Uvrage de morale, qui convainc la raison sans touher à nos habitudes^ »
Plus tard, lorsqu'il prépare l'expédition d'Egypte, l veut emmener avec lui des musiciens, ou, comme l disait volontiers, des « bardes ». Plus tard encore, près brumaire, afin de populariser la guerre, le Prenier Consul s'efforcera de prouver qu'il ne s'agit de la (ousser à fond que pour assurer la paix, mais cette ois une paix définitive. « Voilà Tidée à faire entrer lans la tête de tous les Français; c'est le motif domilant, le thème à développer en discours, harangues t affiches, à mettre en prose officielle, à moduler au •esoin en vers et en chansons. Bonaparte voudrait que ^ebrun le poète et Rouget de Lisle composassent un hant sur un air connu tel que la Marseillaise ou le Viant du dépai't, et y exprimassent « l'idée que chez
les grands peuples la paix vient après la victoire ». 1 faut que cette idée revienne sans cesse aux Français, n paroles d'un air familier à tous, machinalement épété, obsédant, et qu'elle se confonde avec l'univerel refrain^. »
Cette influence, ou, comme disaient les Grecs, cet thos populaire et national, politique au besoin, de la
1. Cité par M. G. d'Esparbès dans un article de VÉcho de Paris avril 1908).