Albert Vandal, l'Avènement de Bonaparte, t. II
musique, Napoléon n'a jamais cessé d'y croire et néglig( d'y recourir. Le 4 messidor an XIII (23 juin i8o5), pev de mois avant d'avoir l'occasion d'entendre à Ludw'igs*, bourg Do;z Jiian^ il écrit de Bologne : « Monsieur FoU' ché, je vous prie de me faire connaître ce que c'esi^ qu'une pièce de Don Juan qu'on veut donner à l'Opéra et pour laquelle on m'a demandé l'autorisation de k dépense. Je désire connaître votre opinion sur cettt pièce, sous le point de vue de l'esprit public ^ »
Mais autant, peut-être plus encore que des exemples de conduite, il cherche dans la musique, pour les autres comme pour lui-même, un plaisir de sympathie et d'émotion. La preuve en est cet ordre du jour, daté du quartier général, au Caire, i^f nivôse an VII (21 décembre 1798) et signé : Bonaparte : « Tous les jours, à midi, il sera joué sur les places, vis-à-vis des hôpitaux, par la musique des corps, différents airs qui inspirent de la gaieté aux malades en leur retraçant les beaux moments des campagnes passées^. » A Paris, sous le Consulat, chaque décadi, deux loges du théâtre de la République et des Arts il'Opéra) doivent être mises à la disposition des militaires aveugles, estropiés, revenant d'Egypte, afin qu'ils « soient dédommagés, par le plaisir d'entendre une parfaite exécution musicale, des autres jouissances dont le sort des combats les a privés ».
Cela, c'est la part de la sensibilité, et dans le goût de Napoléon pour la musique, dans le fond même de son caractère ou de sa nature en général, cette part