I. M. Frédéric Massoî^, Napoléon et les femmes
des voleurs, elle les supplia de ne lui prendre que les diamants dont le portrait de l'empereur était orné, mais de lui laisser l'image de son « ser gouvernement* ».
Autant que de l'accent, elle avait de l'esprit. On connaît sa repartie à des officiers que scandalisait la décoration de Crescentini : « Afa.^ vous oubliez sa blessoiire. » Celui-là, le fameux sopraniste, fut peut-être le chanteur préféré de Napoléon. Il l'avait entendu d'abord à Milan, puis à Vienne, d'où il le ramena à Paris. Il l'y garda longtemps. C'est après une représentation du Roméo de Zingarelli, que l'artiste reçut l'ordre de la Couronne de fer. « Ce jour-là, raconte une femme de chambre de rimpératrice Joséphine, de la loge où j'étais, je voyais parfaitement avec ma lorgnette la figure de Sa Majesté. Pendant que Crescentini chantait le fameux air : Ombra adorata, elle était, sans exagérer, rayonnante de plaisir. L'empereur s'agitait sur son fauteuil, parlait fréquemment aux grands officiers de l'empire qui l'entouraient et semblait vouloir leur faire partager l'admiration qu'il éprouvait. Le spectacle n'était pas fini lorsqu'il fit appeler M. de Marescalchi, et ce fut alors qu'il lui dit de donner la croix à Crescentini ^ »
Les musiciens pourtant, ni même les musiciennes de France, n'eurent jamais à se plaindre d'un injuste dédain. La célèbre M^^e Branchu jouit des mêmes faveurs, de toutes les mêmes, que la Grassini. Il paraît qu'elle était assez laide pour ne devoir cette distinction qu'à