Reichardt, ibid
Sous la direction de Lesueur, le service de la musique impériale ne fit que s'accroître. Par ordre de Napoléon, ses architectes, Fontaine et Percier, construisent, dans l'ancienne salle de la Convention, une salle de spectacle et une chapelle. On inaugure celle-ci le 2 février 1806, par l'exécution d'une messe de Lesueur. En i8o5, le personnel de la « chapelle » impériale comprenait dix chanteurs et vingt instrumentistes. Il s'éleva peu à peu jusqu'à cent exécutants. Le budget, de quatre-vingt-dix mille francs en i8o5, arrive, en 1812, à cent cinquante-trois mille. Quant au répertoire, Lesueur l'entretenait et le renouvelait surtout avec ses propres œuvres : oratorios, psaumes et motets.
Les concerts, intimes ou de cérémonie, étaient nombreux à la cour impériale. A Fontainebleau, le 26 novembre 1804, quelques chanteurs furent priés devenir faire un peu de musique chez l'impératrice en l'honneur du Souverain Pontife, arrivé la veille. Mais le Saint-Père s'excusa et ne parut point. Huit jours plus tard, trois jours après le couronnement, le 5 décembre, une « belle musique » accompagna le banquet somptueux donné aux Tuileries dans la galerie de Diane, et présidé par l'empereur, l'impératrice et le pape. En 1806, beaucoup de concerts, tantôt avec les artistes de rOpéra-Comique, tantôt avec des virtuoses italiens, dont la célèbre Catalani. Mais les trois années suivantes (1807- 1809) furent peut-être à cet égard les plus brillantes. Les concerts de l'impératrice, pendant cette période, paraissent même avoir « dépassé comme attrait artistique tout ce qu'en n'importe quelle cour
)n a pu imaginer jusque-là. Jamais souverain n'a dé- ,^ensé autant d'argent que Napoléon pour sa musique particulière; jamais conquérant n'a, pour son plaisir ntime, groupé de tels chanteurs, et il a fallu, en effet, à 'imprésario qu'il était, quelques voyages et certaines batailles pour mettre sa troupe au point. D'ailleurs, il Test point exigeant : le concert ne dure jamais plus ['une heure et il est presque uniquement vocaP. »
L'élément dramatique n'en était pas exclu. « M. de lémusat imagina d'animer les concerts qu'on lui donlait {à l'empereur) par une sorte de représentation :es morceaux de chant qu'on exécutait en sa présence, .es concerts furent quelquefois donnés sur le théâtre. Is étaient composés des plus belles scènes des opéras taliens. Les chanteurs les exécutaient en costumes, et es jouaient réellement. La décoration représentait le eu de la scène où se passait l'action^ »
L'empereur « est dans une telle passion de musique, ue souvent, après le spectacle, il fait revenir ses chan- ^urs dans le salon de l'impératrice et les écoute jusu'a une heure du matin ^ ». Plus tard encore, pendant i grossesse de Marie-Louise, et pour la distraire, il y ura, deux fois par semaine, spectacle dans les petits ppartements, et le plus souvent TOpéra-Comique en na les frais.
A l'étranger même, aussitôt installé dans les villes lliées ou conquises, l'empereur demande de la musi-