M. Frédéric Masson, Joséphine
que. De Posen, le 12 décembre 1806, il écrit à l'impératrice Joséphine : « Paër, le fameux musicien, sa femme, virtuose que tu as vue à Milan il y a douze ans, et Brizzi sont ici. Ils me donnent un peu de musique tous les soirs*. » A Munich, lors du mariage du prince Eugène avec la fille de l'électeur, devenu roi de Bavière, les musiciens ne furent pas oubliés. Le maître de chapelle eut 2,400 francs; Himmel, maître de chapelle du roi de Prusse, venu pour la circonstance, en toucha 4,000; les musiciens de la chambre s'en partagèrent 2,400^. A Dresde, en 1812, l'empereur voulut, « conformément aux préférences et aux habitudes de la cour saxonne », que la musique tînt le premier rang. La chapelle du roi figurait aux réceptions et aux spectacles profanes comme à la messe solennelle du dimanche : une musique grave, presque religieuse, accompagnait en sourdine tous les mouvements des cours et le déroulement des cérémonies^.
Aux Tuileries, si le concert était presque uniquement vocal, il ne pouvait l'être néanmoins ni tout à fait ni toujours. Et même, une fois, il arriva que la partie instrumentale faillit être compromise gravement par l'empereur. C'était dans une soirée intime, et Duport, l'illustre violoncelliste, jouait un solo. « Napoléon parut tout à coup au salon, tout botté et éperonné. Il écouta avec plaisir, et, dès que le morceau fut terminé, il s'approcha de Duport, le complimenta et, lui pre^