‹ Notes brèvesChapitre 72 sur 85 · I. Duchesse d'Abrantès, Histoire des salons de Paris · texte numérisé non relu

I. Duchesse d'Abrantès, Histoire des salons de Paris

ifférents, mais par un même génie, ces trente voix, qui n'en formaient qu'une pour exprimer la pensée d'un seul homme, n'étaient pour moi que la voix d'un ami.

« J'éprouvais aussi la même illusion quand j'entendais les marches triomphales qu'à ma demande Méhul avait composées pour l'armée d'Orient. Mais, je dois e dire, les militaires, à commencer parle général, ne , artageaient pas mon enthousiasme; ce qui prouve, après tout, que, dans la circonstance, il n'avait pas atteint le but, si bonne que fût sa musique.

« Presque tous les militaires préféraient un pontneuf, arrangé pour le hautbois, la flûte, la trompette et la clarinette, aux compositions d'un des plus beaux génies qui aient existé. Le général était de ce goût. Il ne s'en taisait pas. Il aimait à le répéter, malgré ma prédilection pour Méhul et peut-être même à cause de cette prédilection; car, de sa nature, ce grand homme était un peu taquin. Le plus grand compositeur qui existât et qui eût existé était alors pour lui délia Maria, musicien français naturalisé en Italie, et dont le talent gracieux et facile s'était révélé l'hiver précédent par le Prisonnier, ouvrage que je suis loin de vouloir déprimer [sic)^ mais que, tout en Tapplaudissant, je ne saurais placer au rang d^Euphrosine et de Stratonice^ . )>

Une fois surtout, pendant cette traversée, la musique, et la musique militaire, fut en quelque sorte

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