Mémoires de Constant
on, en s'écriant : « Dites plutôt : Veillons au salut de « l'empire î » Il est difficile d'imaginer quelque chose de plus grande »
En 1814, à Fontainebleau, quand approchaient les derniers jours, de vieux refrains revenaient encore errer sur les lèvres impériales. « Je Tai vu dans la même ournée plongé pendant plusieurs heures dans la plus affreuse tristesse; puis, un instant après, marchant à grands pas dans sa chambre, en sifflant ou en fredonnant la Monaco"^. »
C'est à Waterloo que la musique, compagne si longtemps de sa gloire, lui fit sans doute les plus magnifiques adieux. Pour en être assurés, ou pour le croire seulement, nous n'avons, il est vrai, que l'imagination du poète :
Leur bouche, d'un seul cri, dit : « Vive l'empereur! » Puis, à pas lents, musique en tête, sans fureur, Tranquille, souriant à la mitraille anglaise, La garde impériale entra dans la fournaise !
Mais c'est assez de ces quatre vers pour fixer à jamais la vision suprême et le dernier écho. Que dis-je! un seul vers, un autre, suffirait :
Et leur âme chantait dans les clairons d'airain.
Leur âme à tous, leur âme chantante, n'était que son âme à lui. Et parce qu'il fut un grand capitaine, aucun