‹ Notes brèves. deuxième sérieChapitre 14 sur 18 · Regina cœli cantando si dolce · texte numérisé non relu

Regina cœli cantando si dolce

Che mai da me non si parti il diletto.

Parad., c. xxm.

LE FAUST DE SCHUMANN

bas, attirant le plus à soi notre âme, paraîtrait le fracas du tonnerre déchirant la nue, à côté des sons de cette lyre, dont se couronnait le beau saphir qui teint de saphir le plus clair de tous les ciels 1 . » Ce saphir qui bleuit l’empyrée, c’est la Vierge, et je ne sais pas un chant, que la lyre ou la harpe accompagne, plus digne que l’invocation du Doctor Marianus, de poser sur le front de Marie son diadème sonore. Ainsi par l’esprit ou le sentiment, et par la lettre, par la note, poésie et musique se ressemblent. Ainsi, croyant peutêtre ne s’inspirer que de Gœthe, Schumann a composé, d’après et selon Dante, la dolce sinfonia di Paradiso .

Gardons-nous bien de rompre, mais plutôt resserrons, entre un génie tout allemand par ailleurs et le plus grand des génies italiens, cette attache mystérieuse. Elle ne peut que nous rendre l’œuvre du musicien plus précieuse et plus sainte. Personnellement, c’est à Rome, il y a quelque trente ans, que le Faust de Schumann, par une longue étude, nous est devenu familier. C’est à Rome qu’il nous mena le premier, par un détour peut-être, au delà de Gœthe, jusqu’à Dante. Cela ne s’oublie pas, et, depuis, nous n'avons cessé de l'en remercier et de l’en bénir. Que de fois, dans certaine petite chambre de la via Gregoriana, près de la fenêtre ouverte sur le ciel visible, étincelant, nous enchantèrent les mélodies du Paradis sonore! Encore aujourd’hui, quand il nous arrive de rouvrir, aux pages

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