‹ Notes Cliniques sur les Ostéo-Arthrites Tuberculeuses de l'EnfantChapitre 15 sur 20 · ANKYLOSE ET CONSERVATION DES MOUVEMENTS · texte numérisé non relu

ANKYLOSE ET CONSERVATION DES MOUVEMENTS

On a ditet longtemps répété que l’ankylose était la terminaison normale, qu’elle était presque l’unique terminaison des ostéo-arthrites tuberculeuses. En réalité ce n’est qu'un mode de guérison. Les ostéoarthrites tuberculeuses se termivent :

Soit par restitutio ad integrum ;

Soit par ankylose ;

Soit par conservation de mouvements plus ou moins étendus. |

| A) Guérison par « restitutio ad integru m

Ce mode de guérison ne s’observe que dans les formes synoviales pures.Il correspond à ces arthrites qui anatomiquement n’ont pas détruit les cartilages articulaires, les ont tout au plus amincis. Les surfaces articulaires n'étant pas détruites, l’espace ayant conservé sa forme et ses dimensions normales, tout rentrera dans l’ordre après extinction de la poussée inflammatoire. La condition ‘anatomique

indispensable pour qu’il y ait récupération de tous les mouvements normaux est donc l'intégrité des cartilages. |

Cette restilalio ad integrum ne s’observe d’habitude que lorsque l’arthrite a été soignée régulièrement dès le début. On ne peut espérer une telle guérison quesile traitement a été particulièrement sévère, c’est pourquoi dans la clientèle hospitalière cette guérison est relativement rare, L'enfant est amené et soigné trop tard alors que les lésions sont trop avancées. Au contraire, si dès le début l’enfant est immobilisé, on verra dans une proportion considérable l’arthrite évoluer en conservant ses signes du début et guérir par récupération des mouvements.

Ceci nous fait comprendre qu’il est difficile d’établir une statistique rationnelle des arthrites tuberculeuses guéries par restitutio ad integrum. Lafréquence d’une telle guérison est infiniment variable : rare, avons-nous dit, dans la clientèle hospitalière, elle peut suivant les séries représenter dans la clientèle privée 20 à 28 0/0 des cas. M. Ménard dit 25 o/o dans la coxalgie, Claeys 20 o/o dans la tumeur blanche du coude. L'essentiel est d'établir dès le début un traitement rationnel, mécanique et hygiénique, et qui plus est desavoir maintenir l’immobilisation aussi longtemps que s’il s'agissait d'une forme grâave ulcéreuse. Ces arthrites ne se maintiennent bénignes que parce qu’on les traite. Supprimez trop tôt l’immobilisation, el très rapidement de bénignes l’arthrite deviendra destructive. Au lieu

d’une reslitutio ad integrum nous aurons une ankylose. Dee

Cette récupération des mouvements semble surtout fréquente chez les jeunes enfants.

Une fois l’arthrite guérie, la jointure malade doit être soumise aux mêmes précautions que s’il s'était agi d’une ostéo-arthrite banale. Trop souvent, en effet,augenouen particulier,sousl’influence d'efforts, de fatigues, de marches, une nouvelle poussée se montre, celle-ci souvent destructive et ankylosante, On saura donc que ces formes synoviales qui guérissent par récupération de tous les mouvements peuvent fort bien rechuter au même titre que les autres arthrites tuberculeuses,

B) Guérison par ankylose

Si la guérison par ankylose a semblé autrefois assez fréquente c’est qu’on déclarait définitif l’enraidissement d’une articulation récemment guérie. Or il n’est pas rare d’obsèrver des cas où le mot d’ankylose avait été prononcé au moment de la guérison, et où, quelques années plus tard, les mouvements sont revenus. Il est toujours permis de faire espérer une amélioration progressive de l’état fonctionnel de la jointure. La radiographie elle-même ne montre pas de façon certaine qu’une articulation restera ankylosée ou non. Partois l’espace articulaire a complètement disparu, il semble que les deux

Page 1