DE L^EMPLOI DU MÉTAL DANS LES CONSTRUCTIONS
{Fin,)
ATétat de fer, le métal ne se répand, dans les constructions civiles, qu'au milieu du siècle; il y fait son apparition timide en 1845, dans la construction des planchers. Le premier plancher à carcasse métallique fut imaginé par Perrignon et le brevet qui le protégeait fut pris le 22 mai 1845,
La propagation de Temploi de la fonte et du fer ne fut ni plus lente ni moins générale dans les constructions privées que dans les travaux publics; les témoins en sont nombreux autour de nous, citons au hasard : la charpente métallique élevée en 1S50-51 à la bibliothèque Sain te*Geneviève par Labrouste, « le premier qui osa mettre en œuvre
la fonte de fer d'une manière apparente et décorative (i) »; le palais de rindustrie qui abrita Texposition universelle de 1855 et dont les fermes de la travée centrale ont 48 mètres d'ouverture ; les charpentes métalliques de Tancienne gare Saint-Lazare^ de la gare Nord et de la gare d'Orléans ; le dôme du Val de-Grâce construit en 1863-64 ; la restauration de la salle de travail de la Bibliothèque nationale, due à Labrouste (1S6S}, et dans laquelle toute ^la décoration est tirée du métal lui-même.
Ea 1866, M, Ballu construit Téglise de la Sainte*Trinité ^dont le comble est métallique; en 1S67, Tarchitecte des Halles centrales élève Teglise de Saint- Augustin, dans laquelle le métal apparaît comme élément de construction et de décoration. Mais ni Ballu, ni Baltard ne sont les promoteurs de l'emploi du métal dans Tarchitecture religieuse, car, le 20 décembre 1855, on inaugurait, à Paris, Téglise de Saint- Eugène » due à M. Boileau, et dans laquelle les colonnes intérieures, les arcs, les galeries, les tribunes, les châssis des fenêtres et les combles sont en fonte de fer.
Dejïuis son apparition jusqu'à nos jours, le développement de Vemploi du métal est allé sans cesse grandissant; aujourd'hui, on le trouve partout : dans les gares de chemins de fer, les halles et marchés, les magasins, les casernes, les hôpitaux, etc-
L' exposition qui vient de se terminer à été la proclamation glorieuse du droit de cité du nouvel élément de construction dans les œuvres architecturales; elle a montré en même temps que les architectes n'ont pas fait moins dans les constructions civiles que les ingénieurs dans les travaux publics,
« Le fer, écrit M- A. de Lapparent, a envahi les édifices; il est devenu Toutil nécessaire de la circulation rapide; il a détrôné le bois dans la construction des coques de navire et^ sous forme d'acier, il permet de reculer presque indéfiniment les bornes de Taudace humaine en matière de travaux publics.
« L'Exposition de 1889 nous Ta montré apte à couvrir des espaces d'une portée invraisemblable ou à s'élever dans les airs à des hauteurs que nulle construction n^avait encore atteintes ; et, par un tour de force, dont le génie artistique de la France était seul capable, ces merveilles