UN LIVRE D'ARTISTE
Quelques jours après leur entretien sur les salons, Tartiste et le critique se retrouvaient chez le philosophe» Le critique apportait un livre nouveau dont il rendit compte en ces termes :
« L'ouvrage que je viens de lire pourrait compléter ce que l'autre jour nous disions de Tart contemporain. Il est signé d'un nom illustre dans la peinture et dont Téclat dans les lettres, quoique moins vif» suffirait à plus d une ambition,
n L'auteur unit, dans une trame artistement ourdie, les événements de son existence, ses jugements sur les artistes contemporains ou les maîtres d'autrefois, et ses idées sur l'art.
«r On le trouvera peut-être un peu long dans ce qu'il nous apprend de son enfance, notamment au chapitre des gamineries : vitres cassées, tapis tachés, horloges dérangées au gré de la paresse. Néanmoins ces détails ont une portée ; ils procèdent de la même inspiration qu'un joli tableau d'il y a quelques années, popularisé par la gravure et qui représente un baby versant dans la montre de papa ou de maman une cuillerée de lait. Tout ce que fait cet âge sanspîtîé^^t délicieux ; par malheur, Venfant a souvent conscience de rimpression qu'il produit et, calculant ses effets, il cesse d'être naturel. Telle est la force de sa vanité naissante.
*£ Bon! voilà que je parle comme un Père de l'Eglise ; n'est-ce pas saint Augustin qui discerna un jour, dans un enfant que sa nourrice allaitait, des signes notoires de jalousie? « Trace évidente de la concupiscence, s'écria*t-il, effet du péché originel! ^ Et il donna sans
ï. La Vie d'un ariisie. Ari ei naiure, par Jules Breton*
NOTES d'art et D' ARCHÉOLOGIE l3$
doute aux parents le conseil de ne pas perdre de vue cette vérité s'ils voulaient remplir avec intelligence leur devoir d'éducation- Par malheur, à notre époque, on a changé cela : volontiers on traite d'hallucinés les saints que ravit en extase Tidée de TEnfant-Dieu et de sa crèche ; maïs les babies modernes qui n'ont rien de divin provoquent des extases moins raisonnables.
« Rien dans ce que dit notre auteur ne permet de supposer qu'il ait été Tobjet d'un pareil culte. Toutefois, parmi les premières influences qu'il a subies, il en est certainement de regrettables ; et comme c'est lui-mêrae qui nous en parle, nous ne serons pas plus indiscrets que lui en nous y arrêtant pour les apprécier- Prenons ces détails comme des documents qui éclairent la situation morale et religieuse d'une honnête famille française entre 1830 et 184S : ces documents auront sur ceux de Zola le double avantage de la décence et de la vérité; et quoi que nous puissions y trouver à redire, remercions Tauteur de nous les faire connaître. On sympathise toujours avec la bonne foi,
<f Son père, nous dit-il» se crut longtemps légitimiste parce qu'il avait été présenté au roi Charles X par le duc de Duras. Mais il y avait dans la famille un oncle Boniface qui le désabusa vers 1840 et lui démontra qu'il était républicain ; les maladies mortelles couvent longtemps avant d'éclater- C'est bien là, prise sur le vif, la transformation d'opinions qui, vers cette époque, s'opéra dans tout une partie de la société.
< Chose plus grave, cet oncle Boniface qui découvrait chez les autres le microbe de la République était devenu lui-même un disciple de Fourier, de Voltaire et de Rousseau. Du reste, profondément sympathique dans le portrait que son neveu trace de lui, le cher homme fait penser à ces vers écrits en 1835, et auxquels on trouverait Taccent du désespoir si l'on ne voyait à la signature qu'ils ne sauraient venir du cœur :
De quel nom te nommer, heure trouble où nous sommes? Tous les fronts sont baignés de livides sueurs^ Dans les hauteurs du ciel et dans le cœur des hommes Les ténèbres partout se mêlent aux lueurs (i),
i. Victor Hugo, Us ChanU du crépuscule. Prélude.
ïiè'» NOTES d'art et d'archbologie
Tels furent, Voltaire, Rousseau, et toute la littérature contemporaine aidant, les stigmates de la génération à laq^ueUe appartenait ronde Bomface»
« Cet oncle eut un jour son heure de désespoir, un désespoir sincère, qui ne s'évapora pas en belles strophes, mais qui trouva une expression plus touchante et plus efficace» Mal en aflaires, errant dans une forêt, hanté déjà par des pensées de suicide, il retrouve dans un arbre auquel il allait peut-être se pendre une image de la Vierge qu'il connaissait de longue date ; il s'agenouille, il prie, et rentre chez lui, consolé sinon converti. Pendant de nombreuses années, il put encore prodiguer à sa famille le dévouement dont son. neveu ne parle qu*avec un attendrissement communicatîf.
« Au récit que Tauteur fait de son passage dans un collège ecclé^ siastique, on devine, — peut-être est-ce jugement téméraire, — que l'influence de Tonde Bonifiace ne favorisa pas chez lui le développement de Tesprit religieux. Au point de vue des facultés naturelles, il semble qu'elle fut plus salutaire. Mais quittons une fois pour toutes les communications intimes : à mesure, du reste, qu'il avance dans sa vie, Tautetir se montre plus sobre de détails. Après son mariage, il se borne à nous faire entrevoir par échappées la réalité et la dignité de -^ son bonheur domestique. Pourquoi nous faut-il vivre dans un pays ' où une telle situation mérite d être signalée aux artistes comme une leçon capable de compenser de tristes exemples et de plus tristes: théories?
€ L'auteur, de plus en plus discret sur lui-même, n'en donne que plus de relief à |sa personnalité quand il juge ses confrères ■ et ses maîtres ou quand il formule ses idées sur Tart, On pourrait, si je ne me trompe, retrouver dans tel détail de sa vie d'autrefois la clef de tel jugement ou de telle tendance qui le caractérise aujourd'hui.
tf Ses premières lectures Tavaient mis en relation directe avec les maîtres du xvii* siècle, et ce fut entre tous La Fontaine et Racine qui le frappèrent davantage. Quel est, en France, l'enfant bien doué dont l'imagination ne s'est pas joyeusement épanouie à lire les chefsd* œuvres du bonhomme? Sans doute, il n'y voit pas tout ce qu'il y verra plus tard; mais il y peut voir assez pour s y plaire, et c*est bon signe. Le goût de Racine suppose une nature plus délicate, et, dans
le plaisir que notre auteur ressentait à Athaite, je trouve, ai je ne m'abuse, une exquise originalité- Ce vers :
Et du temple déjà Taube blanchit le faîte,
évoquait en lui des visions de crépuscule faisant ressortir dans les -murailles de rédifice, au sortir de la fluît, Tare te des contours ; indice précurseur des facultés pittoresques et littéraires dont la nature l'avait doué dans une mesure inégale* Je ne vois pas qu'il dise un mot de Fénelon : il est probable que le pastiche alexandrin du pieuse évêque, pétri de bonnes intentions, mais dépourvu delà moindre chaleur vitale^ allait peu à Tenfant qui, devenu homme et voyant à Londres les marbres de Phidias, trouvera, pour les qualifier, cette heureuse expression : ridéal vivant*
« Ce sens idéal de la vie qu'il loue dans Phidias sera peut-être un ijour, pour ceux qui auront à apprécier son œuvre, la note caractérisa clique : j*en trouve la preuve dans les trois toiles de lui que possède actuellement le Luxembourg (i). Au point de vue littéraire, c'est précisément ce qui caractérise le mieux les deux poètes favoris de son enfance, du moins dans notre littérature classique. Oserai-je ajouter j|ue, pour quiconque peut le lire en grec, c'est aussi, par une raison esthétique supérieure à toute raison critique^ ce qui rend indiscutable la personnalité d'Homère? Mais il ne semble pas que notre auteur, si apte à profiter de Phidias, ait pu remonter directement à rinspira- ;teur de Phidias. Au point de vue plastique, le sens de la vie s'est dé- TTéloppé en lui dès la première enfance, au spectacle de la campagne *t des paysans : il en a le culte fervent, sincère, naïf dans l'acception où naïveté est Topposé de tout esprit de système. Cette ferveur jette sur les choses d'étranges lumières ; tel geste, nous dit-il, admiré dans la sculpture antique, se retrouve, pour qui sait le voir au passage, dans une petite glaneuse tout d'abord insignifiante ou dans un simple manœuvre. Cela peut surprendre le bourgeois ; mais, à mon avis, rien u'est plus vrai. Pas plus tard qu'hier, aux environs de Paris, je voyais une vieille femme portant un bonnet dans le genre de ceux qu'on voit aux paysannes de Millet; veuve depuis quelques jours après cinquante-deux ans de mariage, elle pleurait son mari avec lequel elle
I, Le Rappel des Glaneuses (1859), lu Bénédiction des Blés (1853), ^df Glaneuse (1877), citées dans Tordre des salles où elles sont placées.
avait vécu tout ce temps c sans un mot », et se désolait de n*avoir pas de quoi « lui mettre une croix sur la tombe » , A deux ou trois reprises, elle pencha de côté son vieux profil ridé, certainement beau et frais jadis, maintenant encore régulier : ce ne fut qu'un éclair, mais, — étais-je sous Tinfluence du livre dont je rends compte? — j'eus la même impression qu'au Capitole, il y a quelques mois, devant Hécube au désespoir.
La faculté de surprendre Tidéal au spectacle direct de la réalité vivante est dans tous les arts la caractéristique de la vraie vocation. Les théories contraires ont beau en détourner, si Ton est doué on y revient. Parfois la théorie embarrasse l'inspiration dans le convenu; parfois, sous prétexte de Ten aflfranchir, elle la jette violemment hors des voies, l'appauvrit, la détourne des grands modèles qui, quelquefois désespérants, n*en sont pas moins des appuis- Tel est^ dans les lettres et les arts, le double écueil auquel on risque tour à tour de se heurter, mais qu'on évite quand on en vaut la peine. C'est, à nous en tenir à deux appréciations de notre auteur, la leçon que nous donnent Ingres et Courbet. Le premier, dans un moment de génie, échappe au laboratoire classique de David, et malgré de grandes inégalités, remonte avec les vrais Grecs au contact de la nature. Le second, homme de grand talent, mais de vanité plus grande, a le tort de tout dater de lui-même, tandis que ce qu'il a de meilleur est dû aux études furtivement poursuivies dans les salles du Louvre.
Le Louvre ! notre auteur n'est pas homme à dissimuler ce qu'il lui doit : Poussin, Rembrandt, lui ont peut-être inspiré les plus heureux passages de son livre. On aime après Tavoir lu à aller revoir les Disciples d'Emmaûs, Ruih et Booz, les Raisins de la Terre-Sainte. On peut sans le flatter au rang oii il est arrivé, dire que cette peinture a un air de parenté avec la sienne. C'est du moins pour le spectateur attentif le même genre d'impression fort bien défini par lui dans un autre passage : l'éveil d'une idée à la vue d'un tableau avant même la perception distincte des objets, ceux-ci ayant avant tout la valeur de termes représentatifs. Maïs n'est-ce pas là d'ailleurs ce que tous les maîtres atteignent et ce qu'ils sont seuls à atteindre ?
Vous avez pu à ces diverses appréciations deviner les deux idées dont notre auteur s'inspire dans toute sa dogmatique de l'art : exprimer l'idéal, mais l'exprimer dans les conditions vivantes ou la nature
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nous le fait entrevoir. Arrière rimitation plate et soi-disant fidèle des décadents de toute boutique ; réalisme, naturalisme, impressionisme. Arrière aussi le convenu morne et mort, Télégance momifiée des pseudo-classiques. L'art, ajoute-t-il, ne sera jamais que le partage d'une élite : ne produit pas qui veut dans ces conditions, et même ne goûte pas qui veut à cette hauteur les fruits de Tart. Entrez dans une exposition, cherchez où s'arrête la foule : aux habiletés de main d'un ouvrier qui s*en tient au trompe rœîl. L'élite seule, là même où le procédé sera imparfait, voit à la peinture ce que Tartiste a vu aux objets qu'il a peints; seule, à travers les fluctuations de la mode, elle remonte à ce qui dans Tart participe des idées éternelles,
a Ces opinions, je Ta voue, ne sont pas neuves, mais elles ont le mérite de venir d'un maître dont l'autorité proteste contre les affirmations contraires de tendances néfastes. Je me fais peut-être illusion, mais j'aime à voir dans ce livre comme le point de départ d'une réaction salutaire dans les arts et peut-être dans les lettres. Vous y découvrirez sans doute des lacunes et des imperfections, mais vous trouverez juste, pour ce qu'il est, de lui faire bon accueil. »
■ Après un instant de silence le philosophe prit la parole : < Vous ne craignez pas que vos airs enthousiastes compromettent votre réputation de critique. A vous entendre, le livre est sans reproches ; du moins, après ce que vous en avez dit, il faudrait, si Ton tenait à lui en faire, se donner la peine, ou, pour entrer dans vos goûts, le plaisir de le lire soi-même. Je me contente aujourd'hui de ce que vous venez de dire ; cela offre matière à d'utiles réflexions.
Œ Et d'abord n*est-ce pas un signe des temps qu'un livre, où de votre aveu il n'y a que les vieilles idées du sens commun, vous paraisse un si heureux événement? Que d'idées fausses votre joie ne fait-elle pas supposer dans Taîr ambiant ! Notre atmosphère intellectuelle est profondément viciée, la raison baisse, les idées traditionnelles que Platon tenait en tel honneur, — c'est un caractère trop peu remarqué de sa philosophie, — sont chez nous en tel oubli que ceux qui les retrouvent semblent faire une découverte. Cette situation est générale, elle s*étend à tous les domaines de la pensée en dehors de la sieuce proprement dite. Et voilà qu'un membre de Tlnstitut, de cet Institut qui a le triste privilège d'ouvrir ses portes à tant de malfaiteurs intellectuelSi nous crie à propos d*art ; Croyez aux règleSj ayez le culte
ff^ NOTES d'art et D'ARCtlÉOLOGlïî
des maîtres, et par la porte que j*entrebaîUe sur ma vie privée, apprenez qu*à Tinverse de ce qu'ont écrit qelques-uns de mes coûfrères passés, présents ou futurs de T Académie française, la création du beau n'a rien d'incompatible avec le respect des vertus domestiques. Le pot au feu n'a pas éclaboussé ma palette.
« Je ne veux pas rechercher si au fond de cette bonhomie ne se cache pas quelque intention vaniteuse : le philosophe s'arrête le moins qu'il peut aux causes secondes. Mais vous avez parlé de lacunes, et il en est une qui me préoccupe : à propos de cette expression de l'idéal dont Tautcor parle si noblement, je ne vois pas qu'il soit question d'idéal religieux. Notre ami l'artiste, qui n'a pas encore ouvert la bouche, pourrait à ce sujet nous communiquer ses observations, * Ainsi mis en demeure l'artiste commença par se récrier* tf La question appartient à la philosophie : elle n'est pas de ma compétence.
— La meilleure philosophie , répliqua le philosophe est celle de tout le monde : c'est du moins un point de départ ; dans toutes nos recherches il nous est bon d'interroger d*abord le sens commun, L'arofument le plus fort dans les démonstrations les plus délicates est souvent emprunté au langage usuel. Ainsi, cher artiste, parlez comme tout le monde, mais parlez,
— Je m'exécute, fit lartiste, et, philosophe sans le savoir, je commence par une définition de terme, puis je ferai une distinction sur cette définition. Ces termes d'art religieux ont un sens large et un sens restreint.
ï Au sens large, je crois pouvoir dire que toute œuvre d'art dont le but est légitime, appartient à Tart religieux : il y a évidemment entre la vérité esthétique et la mystique chrétienne un point de contact que sans doute je ne vois pas très bien, mais dont j'ai le pressentiment, et qui souvent m'a inquiété, La nature est l'œuvre de Dieu, il y a mis le reflet de ses perfections, et c'est ce reflet que nous condensons pour ainsi dire dans nos œuvres, tous tant que nous sommes, peintres, sculp^ teurs, musiciens, poètes* Le nombre et la mesure nous poursuivent, nous tourmentent ; c'est là ce que nous essayons de rendre. Mais le nombre et la mesure ont les conditions de Tordre, et Tordre est la pensée de Dieu ; donc toute image de Tordre nous ramène à la pensée de Dieu. Je sens combien mes paroles sont imparfaites ■ je ne sais trop
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SI, prises contre mes intentions, elles ne pourraient pas s'interpréter en mauvaise part» mais je reste convaincu qu*il y a de la vérité dans cette proposition : que toute véritable œuvre d art a un caractère religieux. Je n*en excepte pas les natures mortes dès qu'à proprement parler elles deviennent œuvres d'art,
ts Au sens restreint Tart religieux est celui qui s'occupe de sujets religieux : en ce sens c'est aux sujets traités qu'on distingues! la peinture^ la sculpture^ la musique, la poésie» sont ou non religieuses. Mais cette distinction est toute de surface : qui ne voit que» pris en ce sens, fart religieux peut n'être qu'un cadavre? Rappelez- vous à nos dernières expositions, ces christ à tête de bédouins^ pareils à ceux qui ont dû mystifier Renan sur les bords de la mer Morte; comparez-les, je vous prie, à quelque soleil couchant du Lorrain, ou à cette Béfiédtcdictwn des Blés du peintre qui a écrit le livre dont nous écoutions tout à rheure le compte-rendu^ et dites-moi, des deux sortes de tableaux» laquelle éveille le plus en vous le sens du divin,
û J*ai tout dît.
— Et, reprit le philosophe, je ne puis regretter de vous avoir fait prendre la parole. Peut-être n'êtes-vous pas complet mais vous me semblez exact. Une seule observation, et une proposition, pour finir aujourd'hui- Votre manière d'entendre l'art religieux au sens large appelle une question ; celle qu'on appellerait en psychologie de la subordifiation de nos facultés, et qu'en esthétique nous pouvons nommer des rappûris de l'Art avec la Raisoit et la Morale. Voilà un sujet tout trouvé pour un prochain entretien ; si notre ami le critique veut bien continuer à nous servir de secrétaire et de rapporteur, nous ferons œuvre utile • »
La proposition fut adoptée et les trois amis se séparèrent sur la promesse d'une prompte réunion. Bernon,
BIBLIOGRAPHIE
Lecoy de la MAitCHE (A.) — Le Ireisieme siècle artistique Lille, Dcscléc, de Brouwer et Cic, îo-8 de 430 pag^cs*
Ceci n^est point uoe dissertation d* arche olog-uc dïsséquaat minutieusement rune après Tautre les épaves d'un grand si t: de, c'est Tœavred'un écrivain tout pénétré d'un Bujet^qu*il connaît et qu'il aime, et s'efforçant de faire revivre dans ua tableau d'ensemble une merveiïlcusc époque pleine d'orig^in alité et de grandeur. Rien n'est laissé de cùté depuis les finesses de la miniature et de rorfévrerie jusqu'aux splendeurs de nos cathédrales, L^auteur établit solidement Torigine toute française de cette architecture gothique, dont les Anglais et les Allemands surtout ont parfois cherché à s'attribuer T invention* Cest en passant, et sans aucune pédanterie, que M. Lecoy de la Marche définit le sens du mot ogi'^e^ assimilée ordinairement à Tare brisé lequel est donné|à tort comme Tunique caractéristique du gothique*
Ce Hvre n'est point fatiguant et morose : il est écrit d'un style iacile et agréablement illustré d'un très grand nombre de gravures ; il s'adresse non à quelques spécialistes, mais à tous ceux qui ont l'amour de l'histoire et le culte du beau.
Par VILLE (Henri de). — VExposliion universelle, Paris, Rothschild, 1890, in-5 de 710 pages et 700 gravnrcs.
Les innombrables curieux qui ont visité rEsposîtinn universelle de 1889 auront plaisir à revoir, en l'agréable et instructive société de M, de Par vil le, ces merveilles disparues, L'ouvTage tout intéressant qu'il sait n'en conserve pas moins cette précision et cette exactitude scientifiques qui ont depuis longtemps fait goûter de tous les (ouvres de ce savant écrivain.
Inutile d'insister 3ur Pillustration de ce beau volume» il snffira de faire remarquer que pour 710 pages il y a 70fj gravures, la plupart très soigneusement exécutées,
Le Gérant; Eugknb BEL VILLE-
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