‹ Notes d'art et d'archéologie (volume 2)Chapitre 35 sur 59 · LE PUY-SAINTE-MARIE · texte numérisé non relu

LE PUY-SAINTE-MARIE

C'est du haut des orgues d'Espaly, ce curieux fouillis de colonnes basaltiques célèbre dans le monde entier, qu'il faut voir la ville du Fuy accrochant aux flancs de la montagne ses maisons coiffées de rouge, en pierres nues, avec cet air grave, un peu triste des femmes du pays que Ton voit passer lentement, le dos courbé par ce rude travail des dentelles qui rend fuselés leurs doigts bruns.

Le fond du tableau est une barrière de montagnes. Elles reculent

à rinâni Thorizon avec leurs contours inattendus, semblables à des

nuages d'un bleu plus sombre qui se reposeraient un instant dans

la plaine, avant de reprendre leur course incessamment fuyante. Les

collines plus proches sont couvertes de vignes striées en tous sens

murs d'un éclat éblouissant sous le soleil. Enfin, dès Tétroît ruîs-

^\ bordé de peupliers, les maisons commencent à escalader le

«t Anîs, C*est d*abord la ville basse, la dernière bâtie, avec ses

;ades correctes, au masque enfariné, casernes à bourgeois pondérés,

iotaa d'Art. 15 Octobre 1890. — N" 8.

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alignées dans une symétrie désespérante de bon goût. Mais bien vite commence la ville haute qui ressemble avec ses ruelles tortueuses, pavées de galets volcaniques et ses maisods aux portes basses, ornées de massives serrures, ses fenêtres à meneaux et ses niches abritant des Vierges et des saints, à une ville espagnole du moyen â^e.

A droite, au-dessus de la grotte d'Espaly, était la forteresse qui servît d'asile au gentil dauphin, à gauche le dyke d'Aiguîlhe, dresse à plus de deux cents pieds du sol le clocheton roman de sa vieille chapelle.

Voici l'église gothique de Saint-Laurent qui recouvre le tombeau de Duguesclin, le bon connétable, la vieille tour Pannessac, qu*assiégèrent les Sarrazins et tant d'autres témoins encore des gloires de la cité.

Dans le lointain, Polignac démantelé avec son donjon orgueilleux quand même.

Enfin, tout au sommet de la montagne, une masse énorme de roches volcaniques sert de piédestal à la statue colossale de Notre- Dame de France dominant la ville, que couronne comme un diadème royal, son antique basilique avec son clocheton pointu, sa coupole romane et sa curieuse façade, gigantesque mosaïque noire et blanche. La vieille cathédrale a un air de possession vraiment souveraine ; et elle est bien la mère de la cité, car les premières maisons qui se groupèrent autour d'elle, s'élevèrent pour abriter les innombrables pèlerins, la suite des empereurs, des papes et des rois venus de tous pays pour faire leurs dévotions au vénéré sanctuaire^ un des plus célèbres de la chrétienté. Son immense perron de pierre qui gravit la montagne et va se perdre sous l'ombre des voûtes, ressemble à Téchelle de Jacob jetée entre la terre et le ciel ; et le noir donjon crénelé collé à son flanc semble porter le deuil des gloires disparues.

Quelques-uns savent reconnaître voltigeant autour des pierres ténérables des figures effacées, fantômes graves ou souriants ; ce sont les héros aimés des vieilles légendes que l'on conte encore au pays du Velay.

Il y a longtemps, bien longtemps de cela, les Gaules, domi. pat César, laissaient les Romains, paisible^ possesseurs de là

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quête, jouir de ce pays, le plus beau des cent royaumes que Dieu .fonda, suivant le dire superbe de nos aïeux.

Or, en ces temps, saint Pierre envoya saint Georges et saint Fronton évangéliser le pays des Velaunes. Les deux apôtres s^étaient mis en route, quand, arrivé à Bolsena, saint Georges, épuisé de fatigue, s'aUta et mourut, et saint Fronton dut s'en retourner tristement à Rome pour demander au Souverain Pontife un autre compagnon. Mais, quelques jours après il était de retour, et, frappant du bâton de saint Pierre le tombeau de son amî : « Georges, s écria-t-il, Georges, serviteur de Dieu, je vous adjure, au nom de Jésus et de la part de Pierre, son vicaire en terre, de reprendre vie, afin de remplir la mission qui vous fut confiée. » Et aussitôt, dans son obéissance plus forte que la mort, saint Georges sortit du tombeau et tous deux reprirent leur route, à la garde de Dieu.

Les peuples de la Vélavie, si nous en croyons un vieux mystère, adoraient à cette époque ApoUo,

De Velay le très haut prince Qui en cette province Est renommé.

A la voix des deux apôtres, ils brisèrent eux-mêmes leur idole et se convertirent en grande foule; et, témom de leur docilité, la Reine du ciel choisit leur pays pour en faire son lieu d'élection et y être ho- .norée es-stêc/es à venir .

Elle apparut à une matrone gauloise, malade depuis longtemps et lui ordonna de se faire transporter au sommet du mont Anis. La matrône obéit et fut guérie ; et la Vierge, en échange, lui commanda de feîre bâtir en ce lieu un sanctuaire en son honneur. Saint Georges, averti en toute hâte, se transporta avec une grande foule de peuple sur le lieu du miracle. On était en juillet, raconte le F. Odo de Gissey, le soleil était brûlant et voici que la montagne se couvre de neige, un cerf dVne éclatante blancheur sort de la foret, et dessine en courant le plan de la future église, puis disparaît sans que l'on ait pu

Mrd'ûù il venait et comment il était parti, Jnt Georges cependant ne put bâtir encore le sanctuaire, en

rOn de la modicité de ses ressources ; et il fallut que la Reine du renouvela le nûracle dans des .conditions identiques, sous saint

Vosy, son successeur. Cette fois, Scutaire, sénateur de Rome^ fut rarchiiecte désigné et les débris des temples païens servirent à la construction de l'église élevée en Thonneur de la Mère de Dieu.

Le monument enfin édifié, Scutaire et saint Vosy en fermèrent les portes et s^acheminèrent vers Rome, pour rendre compte de leurs travaux au Souverain Pontife et lui demander des reliques.

Ils étaient arrivés près de Corsac, lorsqu'ils furent arrêtés par deux vieillards vêtus de blancs. * N'allez pas plus avant, leur dirent les célestes messagers, les anges eux-mêmes ont voulu consacrer le sanctuaire élevé en T honneur de la Reine du ciel. » Ils leur remirent alors une cassette pleine de reliques et cela dit, ils disparurent.

Dans Téton ncment du prodige ^ les deux voyageurs rebroussèrent chemin* Les portes de Téglise étaient ouvertes, Thuilc sainte coulait à grands flots sur les piliers. Une harmonie céleste emplissait les voûteSi et partout brûlaient des cierges — des cierges que Ton conserve encore dans le trésor de Notre-Dame du Puy — et qui fleuraient une odeur du Paradis.

Depuis ce temps, TégUse du Puy fut appelée Téglîse angélique et &a réputation se répandit dans tout Tunivers chrétien. Les souverains pontifes Venrichissent de prérogatives singulières, ils lui confèrent le titre de basilique; ils revêtent ses évêques du s^cré pa/h'um ; des flots de pèlerins, précédés des chasses des bienheureux qui, en route, font des miracles» rendent la vue aux aveugles, guérissent les paralytiques, viennent des villes lointaines y accrocher des ex-voto de délivrance,

Charlemagne, empereur à la barbe fleurie, y fait ses dévotions, et avec lui les douze pairs; les papes, les rois, les princes gravissent à genoux ses marches de granit, Louis IX y porte en grande solennité la Vierge Noire que lui a donnée le sultan d'Egypte et qu'a sculptée le prophète Jérémie.

Cette Vierge, c'est elle que Ton sortira dans les jours de deuil et de calamité publique pour qu elle protège et défende tout ce peuple qui s est donné à elle.

Et vraiment cette ville a besoin de la protection de la ouïssante Reine du ciel, car elle a eu des destinées étrangement agîi^ regarder, ainsi enveloppée clans les brumes du soir, Tcspr perdre dans le passé et, magique évocation, son histoire en„ déroule en merveilleux tableaux.

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î- C'est au vm' siècle. Les Maures^ venus d'Espagne, ont mis à feii et à sangf le Languedoc et la Provence, Leur masse formidable s'avance maintenant vers le Puy, et ils brûlent en passant la vieille abbaye de Saint^Chaffrej dont Tabbé^ Odelin, trouve la mort aux pieds des saints autels. Déjà le guetteur embouche son cornet à bouquin- La huée sonore se répercute dans la campagne de distance en distance et les serfs effarés courent chercher un asile derrière les rem* parts- — Alerte 1 hommes d'armes, montez vite sur les créneaux, déjà la tour Pannessac est en flamme.

Mais, grâce à la Vierge du Puy, rinfidèle a été mis en fuite. Oa ira Tattaquer jusque dans son propre pays. En effets Urbain II vient de jeter du haut des monts de l'Auvergne, son appel enthousiaste à la chrétienté toute entière» et des premiers les Velaviens ont répondu.

Le jour du départ est arrivé. La sainte montagne est couverte d^ acier ; de toute part étincelle les cuirasses et les hauberts. Ils se mettent en marche et les comtes d'Orange, de Die, de Clermont, de Roussillon, de Foix, deCastelnaud et les Turenne, les Polignac, les Paye, les Capdeuil, passent entourés de leurs soldats bardés de fer et précédés de leur bannière. Le dernier qui s'avance est Adhémar de Monteil, évêque du Puy et légat du Saint-Père. Le preux évêque ne peut s'éloigner cependant, sans grande douleur, de sa Reine bien aimée, et comme suprême adieu, le voilà qui se retourne, dresse ses bras au ciel, et de ses lèvres jaillit pour la première fois Phyrane ardent qui s'achève dans son cri de suprême espoir : <« Salut, Reine, Mère de miséricorde , notre vie, notre douceur et notre espoir, salut!... et après ce long exil, montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles.*, »

Les temps sont passés ^ et la France ne songe plus à aller guerroyer par delà les mers lointaines. Elle ne peut même plus défendre son territoire contre Penvahîsseur, car Jehanne n'a pas encore quitté Vaucouleurs et la France est aux Anglais. Pas toute la France cependant, car tandis que l'on ensevelissait à Saint-Denîs le roi Charles VI dit le Bien- Aimé, et que le héraut d^armes criait suivant le rite: œ Dieu

ille avoir pitié du très haut et très excellent prince Charles j roi de

nce, sixième du nom, notre naturel et souverain seigneur, — et .,rder bonne vie à Henri, par la grâce de Dieu, roi de France et

'jigletérre, notre souverain », le gentil dauphin était au Puy, au

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château d'£spa]y; et, raconte un vieux chroniqueur^ c si alors fut levée une baonière de France et adonc les dits officiers comiDencèreot à crier haut et clair ; Vive le roi 1 »

Aussi Charles VII, sacré à Reims, reviendra au Puy avec sa femme Jiarie d'Anjou et devant la Vierge, comme par reconnaissaqce^ Iç* seigneurs du royaume, lui rendront de nouveau hommage, — deceints et à genoux, pour droit et pour devoir.

Fidèles à leur roî, les Anîciens le seront aussi à leur Dieu. L^erreur de Luther fait répandre en tout lieu des flots de sang ; les hérétiques pour connaître Tesprit de la population brisent nuitamment un crucifix exposé sur la place du BreuiL** Ce fut aussitôt une grande consternation et une grande douleur, les boutiques se fermèrent, les coa^ fréries se réunirent et Ton fit une procession solennelle en amende ho» norable. € Oh 1 qu'il faisait beau voir, raconte Médicis, tous ces gens de métiers, tête nue, portait leurs torches ardentes, et le peuple qui regardait cette procession, dont la cause était un tel scandale, frappait alors son estomac, avec effusion de grosses larmes, chacun, de tout son cœur, criant : miséricorde I miséricorde 1 »

Ces méchants hérétiques ne perdirent cependant point courage. Comme ils n'avaient été aucunement violentés et que la saint Barthélémy n'avait pas eu d'échos dans nos montagnes, ils voulurent se révolter.

Mais Antoine de Sennecterre, l'évêque du Puy, était patient, non pusillanime. Il prend sa cuirasse, convoque ses hommes d'armes et court à Fây-le-Froid, où les rebelles sont défaits, laissant de nombreux prisonniers. Monseigneur dit la messe sur Tautel de pierre placé au milieu du village, entouré de ses arquebusiers, tous genoux en terre, et la mèche allumée ; et la messe finie, tandis que les prêtres entonnent une hymne de triomphe, les soldats pendent les hérétiques aux arbres du chemin.

Pendant la ligue, le Puy qui se disait la ville dç Notre-Dame, la fille des princes et des papes, et qui avait pris cette fière devise : f Vierge je fus, je suis et toujours le sérail » montra un courage indomptable- Déchirée par les factions, attaquée par les hérétique», ayant à souSrir de rémeute, de la peste, de la famine, elle ce faib'*' pas un seul instant; et Henri IV était déjà roi de France, quand ^ consuls faisaient placarder sur tous les murs cette héroïque procV tion ; « Nous promettons à Dieu, à la sainte Immaculée Vierge M;-

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et à t(^u5 les saints du paradis; nous jurons, dans la sincérîté de nos cœurs, vouloir vivre, mourir, supporter toutes les incommodités de |a fortune pour maiotenir le serment par nous juré,

€ Nous disons, promettons et jurons, aussi bien en g^énéral que eth particulier, ne vouloir reconnaître pour roi Henri de Bourbon, héré^ tique et excommunié, «

Aussi à toute époque, quand le vendredi saint se rencontre le jour de Tannonciation, on célébrera le grand jubilé, le jour du pardon de peines et de coulpe. Dès le matin, le chapitre s'est réuni, les chanoines traversent la ville, précédés de trompettes et criant : ptagnumjubileum! magnufn juMlsuml Les pèlerins viennent du monde entier, par centaine de miUe. Leur afÛuence est telle, qu à la fameuse journée des irannts^ quatorze cents furent écrasés.

Comme nous Tavona dit> la Vierge du Puy préserva toujours sa cité fidèle de tout mal ; celle-ci n'eut qu a crier vers elle, pour être aussitôt exaucée. Ainsi au XVIï* siècle la peste est au Fuy, point de famille qui ne soit en deuil de quelqu'un de ses proches, les fossoyeurs ne suffisent plus pour ensevelir les morts ; la consternation est universelle. Les survivants se rassemblent et tous vont crier miséricorde à la protectrice de leur cité* Us veulent même lui faire traverser les rues de la ville pour bien lui montrer les malheurs de son peuple.

Les consuls, pieds nus, la corde au cou, messieurs de la justice en longues robes rouges, les bourgeois, les corporations, le menu peuple, Iqs confrères de la sainte Croix, ceux de saint Jacques, les pénitents s'avancent tristement, une torche ardente à la main, précédés des serr gems royaux, des arquebusiers, des tambours et des fifres en deuil» enfin le clergé, chantant des hymnes de supplication, entouraient Notre-Dame du Puy, vêtue de sa robe d'or constellée de pierrerîe et placée sous un dais étincelant* Dès qu'elle parut à la lumière du ciel, sur Vin signe d'elle sans doute, — et de cela en attestation éternelle du miracle, un tableau fut suspendu aux murs de la cathédrale, — Tange du châtiment remit son glaive au fourreau, comme au château Saint- Ange : il ne mourut plus un aeul pestiféré dans la ville entière.

Tput cela se passait autrefois dans les temps de barbarie et d igBû*

ice, mais aussi de nos vieux triomphes et de nos plus belles gloires*

'âfîf rivressé causée par les glorieux principes, nos pères mutilèrent

Statues placées sous le porchd des cathédrales, brisèrent les tom-

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beaux des saints et livrèrent aux flammes les merveilles des siècles passés. Les Aniciens se montrèrent dignes de leurs contemporains. Ils allèrent chercher la Vierge Noire, celle qu'avait sculptée Jérémîe et que saint Louis avait portée en grande pompe^ après Tavoir reçue du Soudan d'Egypte, devant qui les papes et les roîs avaient fait leurs dévotions, qui avait sauvé leur ville du pillage et des épidémies; ils la prirent et, non loin de l'échafaud qui levait ses bras rouges et sa mâchoire d acier, toute souillée du sang des prêtres et des nobles, ils la mirent sur un bûcher au milieu des blasphèmes et des imprécations, la brûlèrent et jetèrent ses cendres aux vents !

La ville du Puy devait à sa suzeraine une réparation, elle la voulut grande comme Tinjure* Des canons pris à Sébaatopol, elle lui fît cette colossale statue de bronze qui, depuis trente ans, domine la vieille cité aux toits roses et verts égrenés sur la montagne sainte ; et la figure énorme, debout sur la plus haute roche, est bien à la fois celle de la reine à qui l'on rend hommage et de la mère qui veille,.

Mon rêve court encore et le jour est fini. Le soleil ne descend plus, il tombe.

Un long nuage bleu, tout en acier, lui barre la route : il le scie d*un trait de feu et passe. Un instant, la lumière, éblouissante encore, filtre à travers les sapins qui couronnent la montagne et zèbre celle-ci de longues raies jaunes, — Puis, tout se confond, tout s*éteint, les reliefs disparaissent, la montagne et la forêt ne sont plus qu'une fine dentelle noire collée au bord du ciel, d*un rose ambré où vient d'éclore une étoile toute blanche,

La ville s*endort et des banderoUes de fumée montent dans le ciel sans nuage, semblable à une coupole de cristal irisé où se fondent en nuances fines toutes les richesses d'une palette qui n'est pa& celle des hommes. Et de la voûte bleue^ du bleu des turquoises mourantes, tombe une mélancolie intense, et Ton sent plus jJrofondément encore combien elles vous tiennent le cœur, les monta aimées.

Comme on est loin de Paris! comme elle est oubliée la bruyante au ciel gris qui broie les âmes et les cœurs dans ses rcïu,

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compliqués... Une voîx chante à mon souvenir les vers de Brizeux, le doux poète :

Ah ! ne quittez jamais, c^est moi qui vous le dis, Le devant de la porte ou Ton jouait jadis; Car une fois perdu parmi ces capitales.

Ces immenses Paris aux tourmentes fatales, RepoSj franche gaieté, tout s*y vient engloutir.

Sur la route, je croise un paysan qui lentement pousse ses bœufs

graves, et tandis que nous échangeons un salut, peut-être envie-t-il

mon sort, — à moi qui envie le sien !

A. Del AIGUË.

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