‹ Notes d'art et d'archéologie (volume 2)Chapitre 45 sur 59 · H, DE LA TO · texte numérisé non relu

H, DE LA TO

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CHRONIQUE

— Le Conseil municipal de Dînan a commandé à M. Caravanniez, une réplique de la statue de Duguesclin qui orne le monument du comte de Chambord, exposé au Salon de '1888.

— L'exposition du « Blaiic et Noir » a fermé ses portes : nous attendions ce moment-là pour en dire un mot ; car ce n'était qu'un ramassis d'oeuvres très hétérogènes et (sauf de bien rares exceptions) sans aucune valeur ; c'était aussi peu fait que possible pour élever le goût et donner une idée de l'état du dessin et de la gravure en France. Cette exhibition paraissait avoir été uniquement organisée en faveur d'un journal qui tire de la pornographie le plus clair de sa triste célébrité.

— Le tribunal de police de Bow Street vient d'ordonner la destruction des vingt-deux tableaux de la galerie Rabelais, due à feu M. Garnier. Cette condamnation isera-t-elle exécutée? Je l'ignore; mais il eût suffi, ce me semble, sans faire de fracas, de leur interdire simplement l'entrée de Londres, de même qu'en France leur avait été interdite par les artistes eux-mêmes Tentrée du Salon.

— Le peintre M'. John-Lewis Brown, né à Bordeaux, vient de mourir à l'âge de soixante-deux ans. Il s'est fait connaître par des scènes militaires et surtout de sport, d'un coloris chaud et vibrant.

— Académie des Beaux- Arts, séance du 15 novembre. Le prince Czartorisk! est élu, à la majorité de 26 voix sur 28 votants^ membre correspondant libre.

— L'Union centrale des arts décoratifs, organise une série de conférences spéciales à l'in'tention des élèves des écoles professionnelles et industrielles. La première a été faite le 17 novembre, à huit heures du matin, 3, place des Vosges, par M. Germain Bapst, sur le sujet suivant : Les industries artistiques du métal depuis le Moyen-Age,

— Quelques journaux avaient annoncé par erreur que le gouvernement s'était décidé à rendre à la curiosité publique les objets qui formaient sous TEmpire le musée des Souverains. Au 4 septembre 1870, les objets formant cette collection furent dispersés dans différents musées de Paris et des départements.

Depuis cette époque, les salles consacrées au musée des Souverains étaient restées vacantes. MM. Saglio, Courajod et Molinier viennent d'installer, dans la salle dite de l'Empereur, des collections de bronzes, de ferronneries et d'étains de grande valeur artistique provenant de la galerie d'Apollon, de la collection Davillers et d'une réserve d'objets qui n'avaient pu trouver place dans d'autres salles. De ces éléments de provenances diverses, ces messieurs ont constitué une collection homogène, ou les époques et les écoles sont reliées avec un sentiment de *: qui leur fait grand honneur.

"ette salle a été ouverte au public il y a quelques jours. Citons parmi les »s-d'œuvre exposés une armure de Henri II, en fer repoussé, le seul objet prolant du musée des Souverains, un chef-d'œuvre du genre; un Persée, bronze

de Benvenuto Cellini; un Saint Jean, de Donatello; des bronzes de Riccio; des étainsde Briot; quelques épées Moyen- Ag-e; une grille de ferronnerie espagnole; une série de plaquettes et médailles Renaissance ; deux armoires en marqueterie, aux incrustations de bois de couleur, de Boule ; une grande et riche tapisserie, dont le sujet est une chasse d'un empereur allemand, tapisserie qui fût cédée à TEtat par Mazarin, etc.

La nouvelle salle a conservé son aspect d'antan : au plafond sont peints, d'un côté, le mot Roi, sous les armes de la Monarchie ; de l'autre, le mot Empereur, sous l'aigle impériale.

Voilà à quoi se réduit la prétendue reconstitution du musée des Souverains. — Le ministre de l'instruction publique et des beaux-arts vient d'adresser au secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts une lettre qui portera des changements notables dans le cours des études de là villa Médicis, à Rome.

Jusqu'ici, les pensionnaires étaient autorisés à voyager seulement en Italie, en Grèce et en Sicile. Désormais ils pourront voyager dans toutes les autres parties de l'Europe pendant leur dernière année d'école.

La villa Médicis sera hospitalière aux € prix du Salon » et aux € bourses de voyages >, en leur donnant des facilités de séjour et d'études.

Les pensionnaires seront laissés libres de choisir leurs sujets de composition dans l'histoire et la vie contemporaine sans se limiter, comme par le passé, à la mytholog'ie et à l'histoire ancienne.

Les études de restauration qui couronnent la carrière des architectes à l'Ecole de Rome pourront être choisies aussi bien parmi les monuments du Moyen- Age ou de la Renaissance que parmi les monuments de la Grèce ou de l'Italie^ Pareille latitude sera laissée aux g-raveurs. ^

Quant aux musiciens, ils seront invités à recueillir, au cours de leurs voyages, les airs anciens conservés par la tradition mais inédits pour nous. Ces œuvres pourront être mises en partition par eux.

' — Une délég-ation de la Société des amis des monuments parisiens a été reçue le 15 novembre par le ministre des travaux publics, et lui a exposé les raisons qui lui paraissent militer en aveur de la conservation et de la mise en état du palais du quai d'Orsay (ancien palais du Conseil d'État et de la cour des comptes).

' A ce propos, rappelons que M. Tranchant, ancien conseiller d'État, avait présenté, à la dernière séance du conseil de la Société, un intéressant projet de restauration de la cour des comptes.

Un examen très sérieux a démontré que cette restauration était facile et pouvait être exécutée moyennant une somme relativement peu élevée. Les ruines de ce bel édifice ont depuis vingt ans bravé toutes les intempéries, malgré l'abandon complet où elles sont laissées.

D'après le projet de M. Tranchant» le conseil d'État étant pourvu,

comptes rentrerait seule dans le monument restauré, mais elle y ferait une ^

aux archives qui sont maintenant éparses dans les caves des Tuileries et c?

d'Orsay.

Le Gérant: Eugène BEL VII raris. -J.Mersch, imp.22, PI. D«ifert*Roehere«ii

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