PRESIDENTS DE SECTIONS
Peinture : M, Bonnat.
Sculpture : M, Cavelier»
Architecture i MM, Vaud renier et Coquard, vice-p résident- Gravure : M, A. Didier.
xM. Bouguereau n'étant plus rien, sa défaite va-t-elle être lesigfaal d^uaeréconciliation entre les artistes restés fidèles au Salon des Champs-Elysées et ceux du Champ de Mars?
C'est à souhaiterj et^^bien qu'où regrt:tte pour M. Bouguereau quW ne soit pai tombé de bonne g^ràce, Tancien président ne saurait croire tout ce qu'on îuî devrait si, par dépit, il nous privait de ses œuvres, et réservait pour les marchands de pétrole du nouveau monde ces choses Hsses qu'^à Chicago on se figure être de Tart.
Ecole des Beaux- Arts, — L'atelier Bonnat est rouvert.
Un nouveau rég-lement:, duquel on attend merveille, vient d^ètre signé par le ministre.
Autrefois, chaque éléve^ h son entrée a Tatelier, versait une somme de ving^tcinq à trente l'rancs^ plus une cotisation mensuelle.
Cette masse était employée à racquisîtion des chevalets, tabourets, etc.
Le massier était nommé au %*ote par ses camarades, , Désor m a is , l 'ad mi ni s trat ion de Téc le 1 im i te la ma ss e à 1 a so m me ind ispe n sabl e aux menus irais communs.
Un élève peintre, en entrant, devra verser désormais dix francs ; les cotisations mensuelles seront supprimées.
Pour les élèves sculpteurs, la somme sera ^n peu plus forte.
Les massiers seront nommés par les élèves; leurs actes-devront être contrôlée par rinspectenr de Técole.
La àkf^venuet contre laquelle Pellegri avait protesté, n'a jamais été .autorisée. H est interdit aux élèves de contraindre les nouveaux à la payer»
Donc Tordre \^a régner dans les ateliers de Técole, — Est-ce bien sûr d^abord? Ensuite, est-ce suffisant?
Nous connaissons beaucoup de gens qui avaient été charmés de V incident de batelier Bonnat, croyant y voir un sérieux coup de pioche dans les fondations de
Técole, cet aimable établissement où Ton traite la peinture un peu comme la musique au café-concert.
Je ne me dissimule pas combien il est ridicule de prétendre que les Joyeuses fumisteries de nos apprentis peintres nuisent à b dignité de Tart, et qu'ail est diificile d'avoir sur Pidéal des conceptions bien nettes, quand on a tant de préocctipations également importantes : étudier la nature, comprendre les maîtres et passer les nouveaux au bleu de Prusse. — Aussi, je n'ose émettre trop haut de semblables opinions'.
€ Monsieur, disait un père de famille en présentant son llls à un maître connU| ce jeune homme n'a rien pu faire au collège^ il est souffrant aussitôt qu^il se livre à un travail de tète, j'ai pensé à en faire un peintre. »
Beaucoup prétendent que l'école des Beaux-Arts a été instituée pour donner asile à ces déshérités. Etait-ce bien le but de ses fondateurs?
— Encore un acte de vandalisme inqualifiable à signaler. La municipalité de Dijon, pour clôturer dignement la session de i H90, vient de \'Otçr, par dijc-sept voix contre treize, la démolition du château de Louis XL Impossible de trouver la moindre excuse à cette outrecuidance barbare d^ imposer un projet contraire aux intérêts de la cité et de renverser un édifice depuis si longtemps admiré par les touristes, pour faire passer la ligne droite du boulevard sur remplacement d'une de ses tours.
Ce château de Dijon, qui porte à son fronton le porc-épîc de Louis XIT^ par lequel il fut achevé, avait servû de prison aux calvinistes^ à ta duchesse du Maine, à Mirabeau, au mystérieux chevalier d'Éon, à Toussaint- Louverture,.- Quatre de ses tours sont encore debout; une d'entre elles^ la tour Guiliaume, a ses quatre étages parfaitement conservés. Absolument intactes également les batteries souterraines, les salles spacieuses voûtées en ogive, la portarie où était établi le pontlevis principal : tout cela semble terminé d'hier... Et demain la pioche des démolisseurs entreprendra l'œuvre stupide de destruction. Sont-ils fous ou malades? ils brisent tout, on dirait qu'ils se vengent ! Dans tous les cas, c'est un lugubre spectacle que celui de ces trouées faites au cœur d'une ville, de ces demeures éventrées, de ces montagnes de ruines, de tous ces vénérables vestiges du passé, l'histoire même de la France, à jamais perdus. Cette destruction en pleine paix ne ressemble-t-elle pas à un châtiment, et la libre circulation des omnibus peut-elle compenser l'efifondrement de tant de souvenirs?
G. DE ROTON.
Le Gérant: Eugène BEL VILLE.
Paris. -J.Mersch, imp. ^, PI. DMàfert-Rocherean