‹ Notes d'art et d'archéologie (volume 3)Chapitre 3 sur 77 · LEGENDE · texte numérisé non relu

LEGENDE

G Trimourtie.

H Cellule.

I Piscine.

J Cour de l'Ouest.

K Grande chapelle du Lingram,

L Portique.

Quand on a passé la palisssade, Ton se trouve vis-à-vis de la falaise dans laquelle s ouvre le temple faisant face au nord. Des trois entrées primitives, une seulement est visible. Les deux autres, placées légèrement en arrière de la première, dans des renfoncements du rocher, sont cachées aujourd'hui par les amas de décombres retirés du monument. On y accède maintenant par le temple central. Le parvis en est élevé de quelques marches qui aboutissent à la nef du milieu; elles furent découvertes en 1871 par deux explorateurs et l'ingénieur du département de Tlnde, M. J. Burgess, les fit déblayer, lorsqu'il

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leva les plans du sanctuaire qu'il a si minutieusement décrit dans un grand ouvrage in-folio.

Le plafond et le plancher sont horizontaux ou à peu près, la hauteur entre les deux variant de 15 à 17 pieds. On compte 130 pieds de rentrée au fond du sanctuaire. Cette vaste- excavation a été pratiquée dans une roche basaltique noire, fort dure, à une époque où Ton ne possédait ni la poudre ni Tacier, encore moins les forets à vapeur, à couronne de diamants noirs. Il est probable que ce long et gigantesque travail a été fait par la méthode souvent employée pour le creusement des tunnels. On a commencé par excaver à la partie supérieure une série de petites galeries coupées ensuite par d^autres à angle droit, puis on a fait sauter les cloisons intermédiaires à coups de masse, en réservant soigneusement des piliers de soutènement dans lesquels on a ensuite taillé les colonnes avec leurs chapiteaux. Ces colonnes, au nombre de vingt-six, sont disposées sur quatre rangées à peu près parallèles et équidistantes ; huit d*entre elles sont brisées, et il n'en reste que le chapiteau adhérant au plafond et la base réduite à un cône grossier, ce qui leur donne une certaine ressemblance avec d'énormes stalactites et stalagmites des cavernes. Ces colonnes forment ainsi trois nefs, et la largeur du templ^ (120 pieds) étant à peu près égale à sa profondeur, on ne peut s'empêcher de remarquer la ressemblance du plan avec celui des anciennes basiliques, avec leurs rangées de colonnes à angle droit, affectant aussi la forme de la croix.

Nous ferons également observer que les plans de clivage de la roche qui sont horizontaux et verticaux, comme dans la plupart des trapps, ont grandement facilité le travail et probablement imposé aux constructeurs Tordonnance à angles droits que Ton retrouve partout dans ce travail, même dans les piédestaux des colonnes. Ceuxci sont en effet quadrangulaîres jusqu'à une hauteur d'environ deux mètres et mesurent de 80 à go*"/,,, de côté. A cette hauteur commence le fût de la colonne cylindrique, ornée de quatre figures inscrites dans les quatre angles du socle et facilitant la transition du parallélipipède au cylindre. Celui-ci commence par une double série d'ornements ressemblant à des oves, au-dessus, deux bandes unies; puis le fût est entaillé par soixante-quatre cannelures en creux, séparées Tune de l'autre par une arête vive. Il se creuse doucement vers le sommet pour s'infléchir ensuite gracieusement en deux ou trois moulures à dents séparées du

chapiteau par une étroite bande lisse. Le chapiteau consiste en un énorme tore, cannelé comme la colonne, et séparé en deux parties égales par une bande unie de quelques centimètres. Il semble être un coussin écrasé par la montagne au-dessus, et donne une idée du poids effrayant qu'il est appelé à supporter. L'ensemble, qui n'a rien de commun avec les ordres de l'architecture classique, est gracieux. Un cube surbaissé et des barreaux sculptés ménagent la transition entre le chapiteau et une sorte de linteau ou poutre colossale supportant le plafond. Les demi-colonnes encastrées dans les parois sont beaucoup mieux conservées que les autres.

(A suivre,) A. A . Fauvel.

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