‹ Notes d'art et d'archéologie (volume 3)Chapitre 31 sur 77 · SON PORTAIL ET SON PORCHE, SON RETABLE · texte numérisé non relu

SON PORTAIL ET SON PORCHE, SON RETABLE

' Maîgnelay n'est plus aujourd'hui qu'un simple chef-lieu de canton* du département de l'Oise. Au moyen-âge, l'importance de sa seigneurie érigée successivement en marquisat et en duché-pairie en faveur delà maison de Halluin, et la puissance de son château flanqué de htiit tours dont il ne reste que peu de débris (i) en avaient fait une place considérable. Combien de petites villes et même de simples bourgs ont perdu le peu de vie qu'ils trouvaient en eux-mêmes, par suite de cette centralisation effrénée et de cette facilité croissante des

i< Quelques parties ornées de pilastres et une seule tour du château construit au XVI* siècle, par Ltjuis de Halluin.

moyens de communîcation s'unissant pour favoriser les goûts de luxe et de plaisir qui portent les populations vers les grandes villes.

L'église de Maignelay est le seul monument que les ravages des temps et surtout des hommes nous aient conservé à peu près intact. L'on pourrait citer dan^ la région nombre de sanctuaires élevés à la même époque, dont les dimensions sont plus vastes^ rornementation plus soignée, mais sous le rapport de Toriginalité et de l'élégance de certains détails de construction, et du nombre d'objets remarquables que l'on y a accumulés^ elle mérite d'être signalée d'une façon particulière.

Louis de Halluin en aurait donné le plan avant de suivre Charles VIII dans ses campagnes d'Italie : la légende le veut ainsL A son retour, il fut si mécontent de son œuvre, qu'il médita de la faire démolir, trouvant le chœur trop court et la voûte trop basse. Il appela néanmoins, pour achever la construction (qui ne fut terminée qu'en 1516), Wast, l'un des architectes de la cathédrale de Beauvaîs (i). La forme générale de l'église de Maignelay est celle d'une croix latine. Le chœur polygonal fort allongé, est éclairé par sept grandes fenêtres en ogive, bi et tripartites; les transepts ont chacun une large fenêtre à quatre divisions. La nef est séparée de ses bascôtés par des piliers cylindriques supportant d'étroits chapiteaux ornés de feuillages, d'écussons, de personnages, d'anges tenant des phylactères, le tout fouillé à plaisir. M. Léon Palustre, dont la cornpétence en matière d'archéologie monumentale est bien connue, dé* crit les voûtes en ces termes (2) : « Les voûtes en contre-courbe, d'une originalité si puissante qui n'ont peut être pas leurs semblables dans la France entière, et qui accusent chez l'architecte un parti -pris de lutter contre les difficultés les plus grandes, sont évidemment contemporaines de François P"", ainsi que le démontrent aux yeux de tous une ornementation surabondante, des nervures entrecroisées et de multiples pendentifs. » Plusieurs de ces pendentifs, qui atteignent une longueur considérable, portent des statuettes perdues au milieu des découpures de la pierre.

Le portail est, avec le charmant porche voûté qui le précède, la

1. On sait que les transepts de Beauvais appartiennent seuls au xvi^ siècle. Le chœur est du xni® siècle.

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