‹ Notes d'art et d'archéologie (volume 3)Chapitre 54 sur 77 · Voir le n» d'octobre, Faust et Rembrandt · texte numérisé non relu

Voir le n» d'octobre, Faust et Rembrandt

2. Histoire de la Littérature allemande, 2® édit., Berlin. Weidmaaû, 1884.

3. Histoire de la Littérature allemande, *f édit., Bielefeld et Leip^ig^, Velhagen et Klasing, 1879.

NOTES d'art et D*ARCHÉ0L0GIE IC)5

la messe, le Conseil de la ville le bannit. La «Ruelle du D*" Faust» rappelle encore aujourd'hui son séjour à Erfurth.

Maulbronn est alors le théâtre de ses travaux d*alchimie. Suivant la légende, son laboratoire se trouvait dans la tour qui flanque Tangle oriental des murs du monastère : cette tour porte encore son nom. Il vint ensuite résider à Wittemberg, Mélanchton l'y rencontra; il est mentionné dans les « Propos de table » de Luther*

Ses sortilèges et. ses supercheries le mirent souvent en danger de tomber entre les mains delà justice. Comme il sut toujours s'échapper d'une façon opportune et heureuse, la rumeur publique se répandit qu'il pouvait se rendre invisible.

Concernant sa fin, le témoignage unanime est qu'on le trouva, un matin, mort dans sa chambre. La nuit d'avant une violente commotion avait ébranlé la maison qu'il habitait. Il est vraisemblable qu'il avait été victime d'une explosion occasionnée par une réaction chimique.

Dès qu'il fut mort, les sorcelleries qu'on lui attribuait s'agglomérèrent autour de son nom et lui donnèrent des proportions extraordinaires. Une cinquantaine d'années plus tard, en 1587, fut rédigée et imprimée pour la première fois, à Francfort, la légende de Faust. Le seul exemplaire qui subsiste de cette publication se trouve à la bibliothèque impériale de Vienne.

L'année suivante parut une nouvelle édition, identique à la première. Edité pour la troisième fois en 1589, le « D"" Faustus » fut traduit en danois, en hollandais, en français, en anglais et se répandit partout en peu d'années.

C'est la source de toute la littérature de Faust.

J'ajoute que les Allemands contestent à Marlowe le mérite d'avoir été le premier à dramatiser Faust. Si j'en crois le D"" Adolphe Stern, professeur de littérature à TEcole polytechnique de Dresde, l'année même de la publication du « D"" Faustus » , c'est-à-dire deux ans avant rapparition du drame de Marlowe, deux étudiants allemands avaient mis cette légende au théâtre. Toutefois cette adaptation ne peut être comparée à Touvrage du poète anglais : elle n'est pas restée au répertoire.

Je ne fais^ comme vous le voyez, Monsieur, que traduire et citer

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mes auteurs. Je crains bien pourtant d'être rangé au nombre de ceux qui prennent facilement leurs désirs pour des réalités»

Aussi ne saurais*je être trop reconnaissant envers les « Noies » de la bonne hospitalité qu'elles me donnent^ ni trop confus de la grande liberté que j'ai prise en m'adressant à vous.

A. BÊCHET,

BIBLIOGRAPHIE ARTISTIQUE

Babelon (Ernest), bibliothécaire au département des Médailles et antiques de la Bibliothèque nationale* Mantiel d'archéologie orientale.... Paris, Quantin, 1889. In-8, stSpages,

Nous avons récemment analysé et recommandé Fun des plus récents volumes de cette « Bibliothèque de renseignement des beauxarts » qu'on ne saurait trop louer, et qui est si utile aux artistes, si agréable aux gens du monde, intéressante souvent pour les savants et les spécialistes eux-mêmes.

Nous recommandons spécialement celui dont nous venons de transcrire le titre. Quand l'auteur s'est mis à l'œuvre, il venait de terminer à son honneur la réédition et la refonte complète de la grande « Histoire ancienne de l'Orient », de M. Lenormant et il était aussi bien préparé que possible, tant par l'accomplissement de cette œuvre, que par sa connaissance des langues orientales et ses études archéologiques approfondies, à donner au grand public sous une forme agréable une œuvre d'une érudition sûre. M. Babelon domine parfaitement son sujet et se contente de le présenter dans ses lignes essentielles, aussi ses tableaux sont-ils largement conçus, parfaitement clairs et d*ua style aisé*

Passant en revue tout l'Orient, il y découvre deux courants artistiques qui se disputent la prépondérance : l'un vient de la Chaldée et de l'Assyrie; l'autre, de l'Egypte ; mais ce dernier ne sera étudié que dans ses dérivés et hors du pays où il a pris sa source, l'archéologie et

l'art égyptien ayant déjà été supérieurement traitée par M. Maspéro, dans Tun des volumes de là. même collection.

L'auteur s'occupe successivepient de l'art chaldéen, assyrien^ perse, héthéen, judaïque et, pour terminer, de Tart phénicien qu'il suit dans toutes les colonies phéniciennes, à Chypre, à Carthage et jusque dans les colonies carthaginoises. Pour chaque pays, il traite successivement, et toujours dans le même ordre, de l'architecture, de la sculpture, de la peinture et des arts industriels. Son livre est un excellent résumé qui dispensera ceux qui ont peu de loisirs de lire la volumineuse « Histoire de l'art » de MM. Perrot et Chipiez. Outre l'avantage de connaître parfaitement ce qu'il désire enseigner et de décrire clairement» M, Babelon a celui de pouvoir compléter ses descriptions par d'excellents dessins des monuments existant encore ou restitués. Grâce à Tobligcance bien connue de la maison Quantin, les lecteurs des Aboies d'ari pourront juger par eux-mêmes de ces dessins qui sont exacts, soigneusement gravés, ont une jolie tournure et du caractère. On regrettera seulement que le format exigu du Manuel d'archéologie ait contraint d'en téduire quelques-uns à une bien petite échelle, et l'on demandera à l'éditeur de vouloir bien faire ajouter dans la deuxième édition une petite carte géographique, qui faciliterait l'intelligence du texte et permettrait au lecteur de se rendre un compte bien précis de la situation respective des diverses nations dont il est parlé dans le cours de l'ouvrage.

MM. Perrot et Chipiez avaient étudié en même temps et confondu l'art chaldéen et l'art assyrien, M. Babelon les sépare et s'efforce de faire ressortir les caractéristiques nombreuses qui les différencient. Il s'éclaire surtout, dans cette étude, des monuments récenlment découverts par M. de Sarzec et qui n'ont d'égaux dans aucun musée; il met encore à profit les produits si variés de la glyptique (cylindres, cônes, cachets de tous genres), petits monuments trop négligés et qui contiennent cependant en miniature l'Orient tout entier. L'auteur n'entre dans aucune discussion; il se contente ici, comme d'ailleurs dans tout le cours de Touvrage, d'exposer largement les faits et de les préciser AU moyen de dates, sans se préoccuper d'exposer les théories diverses qui partagent les savants.

L'art assyrien est connu depuis plus longtemps que le chaldéen : Botta, consul de France àMossoul, V. Place, son successeur, et Layard

avaient préparé la voie. La figxire 48 donne le plan du palais du roi Sargon à Khorsabad. Les ruines de Khorsabad découvertes par Botta, fouillées par lui d'abord, puis par V. Place, sont situées à quatorze kilomètres environ de Mossoul, sur Tun des afïluetits du TigfreX'est

Plan du palais de Sargon à Khorsabad (Babelon, fig-, ^i p. 7^)

là, à quelques lieues de Ninive, que la fantaisie de ce puissant monarque, fondateur d'une nouvelle dynastie, fit sortir en quelque sorte du sol une cité et un palais nouveaux. Tous les deux étaient enveloppés d'une enceinte puissante et reliés ensemble par des terrasses de plein pied. Le plan donne une idée de cette somptueuse demeure, mais, pour en mieux juger encore, il faudra se reporter à rintéressante vue cavalière de la page 83.

L'art perse a peu de choses qui lui soient propres ; il participe de l'art chaldéo-assyrien, égyptien et gréco-ionien. La brique émaiUée elle-même qui semblerait lui appartenir, fut inventée par les chaldéens et parvint aux perses par l'intermédiaire des assyriens. Le dessin du bas-relief de l'Apâdana, ou salle d'honneur, du palais de Persépolis

est tirée de Vouvrage de Flandin et Coste, « la Perse ancienne », ouvrage souvent cité, ainsi que celui tout récent de M. Marcel Dieulafoy-

Bas-relief de Persépolis. (Babelon, p. 174, fig-, 125).

Ce bas relief (fig. 125) était placé à la partie inférieure du soubassement d'un escalier; pour comprendre exactement son rôle et sa situation^ il faut se reporter à la vue d'ensemble, page 161. Le sujet est la reproduction d'une scène qu'on voit souvent gravée sur les cylindres de l'Assyrie ; on trouve ici la même accentuation de muscles que dans les sculptures de ce pays, mais plus de lourdeur, le corps du taureau, par exemple, est bien massif; il y a cependant une certaine ampleur dans l'ensemble et d'excellentes parties.

La gravure ci-contre (fig, 136), qui représente une façade d'édifice, est empruntée au même ouvrage que la précédente. Ce bas-relief de proportions colossales décore l'un des tombeaux que les princes achéménides firent creuser dans les rochers du Nakché-Roustem et du Takté Djemchid, près de Persépolis ; sculpté sur une paroi de roc taillée à pic, il précède une chambre creusée en forme de voûte, sans ornements ni inscription, et dont la porte s'ouvre au milieu de l'entrecolonnement. L'ensemble de la sculpture figure une sorte de terrasse supportée par des colonnes à chapiteaux bicéphales semblables à ceux de Persépolis et de Suse, la terrasse elle-même est surmontée d'une frise ornée de lions, au-dessus de laquelle sont deux rangées de soldats,

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qui ressemblent à ceux du trône de Sennachérîb (ûg, 104) et supportent une deuxième terra ssCj sur laquelle on voit le roi s'avançam vers unpjréc' et levant les bra? vers un dieu ailé.

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Façade d*un tombcrau de Nakché^Roustcm. (Ba jclûn, p. 191, fig. i^t.}

Après les Perses, les Héthéens, ces nouveaux venus de Tarchéologie orientale, absolument ignorés des historiens et des géographes grecs, et dont les monuments furent signalés pour la première fois, il y a vÎQgt ans, par Mi\L Perrot et Guillaume. Sortis, ce semble, du massif de TArarat, ils s étendirent au loin sur les deux versants du Taurus; mais tout ce qui les concerne reste plus ou moins nuageux : leur origine, rhîstoire de leur expansion, leurs mœurs, leurs usages, leur langue, leur reUgîon.

[A suivre,) H, T.

Zt' Gérant: Eugbkb BELVILLE.

I^ansn -J.Meriîth, imp ±% PI. Oetifert Rô^:hef^u

HIPPOLYTE FLANURIN A l'aqb db neuf ans

PAR SOS FKÈRB AUGUSTB AGB DB QUATORZE ANS

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