‹ Notes d'art et d'archéologie (volume 3)Chapitre 55 sur 77 · HIPPOLYTE FLANDRIN · texte numérisé non relu

HIPPOLYTE FLANDRIN

C'est un sentiment qui fait honneur à Tàme humaine de ne pouvoir faire abstraction de Thomme en admirant l'artiste, et de supposer qu'un beau caractère est inséparable d'un grand talent. Malheureusement, il ea est parfois des maîtres comme de leurs œuvres ; ils g^agnent à être vus d^un peu loin et un examen plus attentif de leur existence nous les montre trop souvent infidèles à cette religion de l'art dont Ingres devait faire la base de son enseignement.

Ce précepte qu'il s'efforçait d'inculquer à ses élèves, en leur répétant d'aller la tète élevée vers les Cieux, semble avoir été la devise d'Hippolytc Flandrin, le disciple préféré, auquel il a a transmis son pinceau comme les rois transmettent leur sceptre (i) ».

Au moment où l'Exposition centennale fait revivre aux yeux de contemporains trop oublieux tant de morts illustres dont les œuvfes témoignent de la puissante vitalité de notre école, il n'est pas sans intérêt de s'arrêter un instant devant l'une de ses gloires les plus pures. Alors que certains critiques prodiguent leurs éloges aux seuls précurseurs du naturalisme, il semble que les fervents de l'idéal chrétien doivent affirmer leur vénération pour celui qui en a été le porte-drapeau.

Le meilleur moyen de connaître cette haute personnalité et de la suivre dans les diverses étapes de son développement esthétique, consiste à parcourir les lettres où se dévoilent sans le moindre apprêt la candeur et la tendresse de cette âme d'élite (2). Ces pages familières qu*une pieuse main a pris soin de réunir, nous feront voir^ Hippolyte Flandrin constamment attaché aux principes de son enfance, fils respectueux et disciple reconnaissant, à la hauteur de tous les devoirs et de toutes les épreuves. En les feuilletant, nous subirons avec tous ceux qui

1 . Discours prononcé par M. Beulé aux funérailles de Flandrin.

2, Dclaborde. Lettres et pensées d' Hippolyte Flandrin,,, Paris, Pion, 1865, in -8^'.

Notes îl*Art. 15 décembre 1889. — N« 10.

Tont approché son ascendant irrésistible ; il exerce toujours, suivant le mot de son meilleur ami (3) « la fascination de Tartiste supérieur et de rhomme de bien ».

L éducation première de notre peintre lui imprima cette foi agissante et sereine qui a toujours dirigé son pinceau. Il doit à ce sentiment profond Tirréprochable unité de sa vie, la rare intelligence des types religieux, et la pénétrante onction qui en fait un admirable traducteur de nos Saints Livres.

Non seulement il vit dans l'Evangile Texpressîon des plus pures doctrines et la source la plus féconde d'inspirations, mais il en accepta les maxirries avec autant de résolution que de simplicité. Aussi n'est -il point téméraire de le comparer aux primitifs qui élevèrent leur mission à b hauteur d'un sacerdoce, et se préoccupèrent avant tout d'être compris des vrais croyants.

Le scepticisme qu'il rencontre à Paris l'étonné, mais ne le change pas et sa mère le verra revenir à Lyon tel qu'il en est parti, « croyant en Dieu et faisant quelques efforts pour suivre ses commandements ».

Une fois installé à son atelier de la villa Médicis, il sanctifie son travail en gravant sur les murs un verset de la Bible : « Seigneur, vous m'avez inondé de joie par le spectacle de vos ouvrages, et je serai heureux en chantant les œuvres de vos mains »; et plus tard, occupé aux fresques de Saint-Paul de Nîmes, il aura la pieuse idée d'inscrire dans un pli de la robe du Sauveur les noms de ceux qui avaient place dans ses affections ou dans ses regrets. Cet hommage du chrétien à ses convictions ne témoigne-t-il pas en même temps de l'exquise déUcatesse de cette nature aimante ?

L^expression de sa vénération et de sa tendresse pour ses parents est toujours touchante; comme il le dit lui-même, faire leur bonheur est son seul but ; le désir de les soulager ne le quitte jamais, non plus que le regret d'être loin d'eux. Aussi, de sa mansarde du quai de la Cité ou de sa fenêtre de pensionnaire à Rome, sa pensée mélancolique revient avec la même fidélité vers la maison paternelle.

Dans ses lettres, il parle aux siens de ses « extases de joie » à la seule pensée du retour, « Àh ! mon Dieu, s'écrie-t-il, chaque fois que je pense au moment ou nous les reverrons, je suis heureux et prêt à

3, Discours de M. Ambroise Thomas aux funérailles de Flandrin.

pleurer de joie. Je me représente le moment où j*entre dans la maison ; je monte l'escalier, mon cœur bat bien fort, je vous vois, je suis dans vos bras ! » C'est souvent son frère Auguste qui reçoit ses confidences : « Tu ne saurais croire avec quelle force je désirerais te voir' et t'embrasser, ainsi que le papa et la maman. Presque toutes les nuits, je me trouve transporté à Lyon, et hier, j'étais vraiment fâché contre Paul pour m'avoir réveillé ; car dans ce moment-là, je croyais vous embrasser. Je pleurais de joie... Souviens-toi que tous les soirs nous sommes convenus de prier les uns pour les autres, c'est à quoi je ne manque jamais; je suis sûr que notre pauvre maman n'y manque guère. Elle nous aime tant ! et elle est si loin de nous ». Les adieux se renouvellent sans rien perdre de leur amertume. « Mon Dieu, écrit-il un an plus tard, quel chagrin nous avons eu en quittant Auguste sur la grande route ! C'est là que nous vous avons tous quittés. Tant qu'il nous a accompagnés, nous croyions encore revenir vers vous! mais nous nous sommes séparés. Il est retourné vers vous, et nous, nous avons augmenté la distance qui nous en éloignait. La triste chose que de faire ainsi des adieux sur un grand espace où l'on suit longtemps des yeux ceux que l'on aime ! On les voit diminuer peu à peu, et puis se perdre tout à fait .» Quand sera venu le moment de s'acheminer vers Rome, la magique perspective de la ville éternelle n'empêchera pas le lauréat d'éprouver à se séparer des siens la même peine que l'adolescent : «Je viens, leur dira-t-il, vous tranquilliser, vous raconter notre voyage, et notre heureuse arrivée. Après vous avoir embrassés ainsi que mes frères, mes bons frères! je me sentis rouler emporté loin de vous. Tant que j'ai pu, je me suis retourné vers Lyon, Lyon qui renfermait tous ceux que j'aime, et je poussais des soupirs bien profonds. L'un de mes deux camarades faisait tout ce qu'il pouvait pour me distraire, mais il ne s'y prenait pas bien. Sa gaieté me gênait, des pleurs m'auraient plus soulagé que des chants et des rires ».

Au foyer où Hippolyte Flandrin apprit à devenir le meilleur des fils, il était rare de voir régner l'aisance. Malgré tous les efforts du père, ses travaux de peintre miniaturiste offraient une bien maigre ressource pour nourrir les sept enfants, dont notre artiste était le quatrième. Aussi la prudence maternelle fut bien vite alarmée du goût trop prononcé qui l'entraînait ainsi que son frère Paul vers l'étude du dessin. Cette mère redoutait non sans raison de voir ses deux fils

suivre leur aîné dans une voie périlleuse où l'on cueille beaucoup plus d'épines que de lauriers, et dans son expérience des difticuhcs quotidiennes, elle avait déjà choisi pour eux des métiers moins aléatoires*

C'est à Foyatier que l'art catholique est redevable d'un de ses maîtres; sans son intervention vraiment providentielle, le germe de ce noble talent périssait étouffé dans la malsaine atmosphère d'une manufacture, et cette vie si pure, au lieu de s'écouler à l'ombre du sanctuaire comme celle des peintres gîottesques, devenait rexîstence obscure et monotone d'un ouvrier tisseur de soie. L'exemple de ce sculpteur qui avait commencé par être pâtre, prouvait assez combien l'avenîr dément parfois les prévisions les plus sages, et ses encouragements obtinrent que les deux enfants, dont le plus âgé avait alors douze ans, suivraient en paix leur vocation.

Celui qui devait prendre rang parmi les peintres religieux a côté de Fra Angelico et d'Overbeck, s'annonça dans ses 'premières tenta* tives comme un futur émule d'Horace Vernet. Etroitement unis dès cette époque, son frère Paul et lui portaient le plus vif intérêt à tout ce qui concernait le métier de soldat et consacraient une partie de leur temps à voir manœuvrer les régiments. Cette célébrité de peintre de batailles, Hippolyte l'ambitionna à ses débuts chez Legcndre-Héral, et pendant les sept années qu'il passa à l'Ecole vSaint-Pierre. Plus tard quand ils eurent appris à connaître loin de leur ville natale cette suite ininterrompue d'efforts et de sacrifices si patiemment acceptés, les deux jeunes gens firent plus d'une fois appel à leurs souvenirs daman pour retracer quelque scène militaire, heureux quand la vente de ces petits travaux subvenait pour quelques jours à leur frugale existence*

Cependant l'heure était arrivée de céder au courant irrésistible qui a depuis le moyen-âge entraîné vers Paris toutes les intelligences avides de s'instruire ou de se perfectionner. Ce centre d'activité qui rappelle par plus d^un point la Florence dû seizième siècle, pouvait seul offrir aux Flandrin la direction d'hommes éminents et la Iréquentatîon des maîtres toujours vivants dans leurs œuvres, l'enseignement supérieur en un mot qui devait couronner leurs études.

Contraints à ménager l'humble pécule lentement amassé pour leurs frais de route, ils entreprennent de parcourir à pied les cent vingt lieues qui les séparent de la capitale, et ils partent au printemps de 1S29, ac* compagnes de leur frère Auguste qui les conduit jusqu'à Dijon, Delà,

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ils continuent seuls un voyage fréquemment interrompu par des bourrasques de vent ou de pluie, ayant parfois grand peine à découvrir un gîte pour y passer la nuit. Le neuvième jour enfin, Paris apparaît à leurs regards émerveillés. « De dessus une hauteur, cette grande ville s'offre à nos yeux. Nous sommes frappés d'admiration, parce que de là nous découvrions Tensemble. Nous voyions les dômes des Invalides, du Panthéon, les tours Notre-Dame et une foule d'autres... Les nuages se sont dissipés et ont laissé passage aux rayons du soleil et nous sommes entrés par un beau temps. Je réserve pour une autre lettre les impressions que j'aurai ressenties, mais j'ai déjà vu la colonne Vendôme, Oh ! que c'est beau ! »

Il leur faut maintejiant songer à tous les détails d'une installation en rapport avec leurs maigres ressources. Ils louent en face de chez Foyatier une chambre au cinquième étage, dont le loyer leur semble exorbitant. A côté de cette mansarde, une cellule de Chartreux paraîtrait luxueuse, tant est sommaire le mobilier qu'Hippolyte prend soin de décrire à son père : <r Ainsi, ajoute-t-il, tu peux voir de Lyon l'état de notre ménage que nous tenons aussi propre et aussi bien rangé que possible ». Outre l'insuffisance de leur régime, le froid qui se faisait cruellement sentir dans ce pauvre logis, explique assez les longues souffrances qui ont brisé ses forces sans paralyser son énergie. Malgré tout, il est décidé, suivant sa propre expression, à subir les plus grands sacrifices plutôt que de contracter une dette.

L'on a imaginé de nombreuses légendes sur les pénibles débuts des peintres ; la réalité me paraît ici beaucoup plus éloquente. Les jeunes g-ens qui connaissent les mêmes angoisses devraient relire les lettres de Flandrin; son exemple les encouragerait à lutter sans défaillance.

Munis d'une lettre de recommandation pour Hersent, les deux frères projetaient de choisir son atelier, quand la rencontre d'un compatriote qui était devenu élève dlngres, vient modifier leurs intentions. Avant de rien décider, Hippolyte demande en ces termes l'assentiment de son père. « J'ai un peu changé d'idée et ce n'est pas par caprice- Voici les raisons. D'abord, M. Ingres passe pour avoir de plus grands talents que M. Hersent, ensuite son école est beaucoup mieux réglée, et plus tranquille ». Quelques jours plus tard, il raconte ainsi l'accueil qu'ils ont reçu. « Nous sommes maintenant chez Monsieur Ingres qui nous a beaucoup encouragés. Nous lui avons montré quelques-unes de

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nos compositions dont il a été bien étonné et très content. Nous luî en avons offert une qu*il a acceptée avec plaisir. Nous travaillons beaucoup, et nous sommes maintenant en train. » Désormais leur pi as grand plaisir sera de constater leurs progrès, et leur assiduité préservera de l'ennui cette existence monotone:. On en jugera par le programme de leurs journées qui semble tracé par quelque règle monastique. <f Levés à cinq heures, nous allons sentir le bon air au Luxembourg qui n'est pas loin ; à six heures au travail. A huit ou neuf heures nous déjeunons. Malheureusement le pain n'a jamais été aussi cher qu il Test à présent. Ensuite nous travaillons jusqu'à six heures. »

L'ardeur que Flandrin apporta dans ses études n'eut d'égale que sa docilité envers le guide vénéré dont il se plaira toute sa vie à proclamer les bienfaits. Malgré les bizarreries parfois puériles qui s'alliaient en lui aux aperçus et aux convictions d'un homme de génie, l'auteur de l'Apothéose d'Homère s'empai ait bien vite des esprits qui se plaçaient sous sa direction, et il était fort malaisé aux jeunes gens qui fréquentaient son atelier de ne pas accepter entièrement sa domination» On luî a même reproché d'avoir annihilé par l'absolutisme de ses théories certains tempéraments dont la manière de voir diffcraît de la sienne ; en ce qui concerne Hippolyte, son irrésistible influence fut aussi heureuse qu'incontestée; la sûreté et la précision de son enseignement eurent en effet pour résultat de prémunir le plus illustre de ses élèves contre les tendances morbides auxquelles sont généralement portées les natures rêveuses et sentimentales. Bien loin de contester tout ce qu'il doit à ces leçons, Flandrin s'est toujours incliné devant son maître et a tenu à honneur de s'effacer derrière lui. Dans la vivacité de sa reconnaissance, il paraît même oublier les qualités toutes personnelles qui donnent à ses fresques leur charme particulier et leur caractère mystique.

Ce culte désintéressé du beau servit de trait d'union entre ces deux artistes, dont le premier était aussi impressionnable et souvent aussi * passionné que le second devait se montrer rempli de bienveillance et de modestie. Ce fut là le point de départ d'un attachement indissoluble qui peut être mis en parallèle avec les amitiés les plus célèbres, La bienveillance que leur professeur avait dès l'abord témoignée aux jeunes lyonnais se changea bientôt en un sincère intérêt amplement justifié par leurs rapides progrès. Ils y répondirent par une gratitude

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chaque jour grandissante pour celui qu'ils ne tardent pas à appelcF leur bon maître et leur bienfaiteur. « C'est avec un i^rand plaisir, écrira bientôt Hippolyte, que je dirai à nos bons parents combien nous devons de reconnaissance à M. Ingres. S'il ne me l'avait défendu, je le dirais à tout le monde et me ferais gloire de ses V>ienfatts. — Oh combien je Faime, ce bon M. Ingres, et avec quelle force je désire lui f.iîre honneur aux concours. » En face d'une marque de bonté toute spéciale, il adresse à ses parents une nouvelle lettre où il laisse parler son cœur : « M. Ingres, ce bon, cet excellent bomme vient de mettre le comble à ses bontés pour nous. Il y a quelques jours, il me dît d'aller le voir. Lorsque je fus arrivé, il me dit qu'il était content de nos progrès, et qu'à dater de ce jour nous ne paierions plus, qu'il nous faîsaîc la remise pleine et entière de ce que nous donnions pour prix de ses leçons. Je me suis confondu en remerciements, et je fais chaque jour mon possible pour lui témoigner combien je suis reconnaissant d'un si grand bienfait. Depuis quelque temps^ j'ai eu le bonheur de faire quelques copies de tableaux qui lui ont été agréables, et qui ont rhonneur d'être dans son cabinet. J'aime tant ce grand homme que je ne sais dans quels termes en parler. Je voudrais faire partager mon admiration à tout le monde, et pour cela il n'y aurait qu a le faire connaître. Sans sa défense expresse, je rendrais pul)lics les bienfaits dont nous lui sommes redevables, car la reconnaissance n'est pas un fardeau pour nous. Seulement, elle nous fera faire plus d'efforts pour nous rendre les dignes élèves d'un si grand maître. * Ces sentiments ne font-ils pas à la fois l'éloge de celui qui les professe et de celui ([ui les inspire? Cet attachement de Télève se doublait d'une admiration enthousiaste à Tapparition d'oeuvres telles que le Saint*Symp/wri(*ïi. Aussi il qualifie de sublimes les conseils qu'il reçoit de leur auteur et attache un prix infini à un mot d'encouragement. Plus d'une fois lorsque la maladie l'arrête au cours de ses études ou qu'une malveillante rivalité l'aura contre toute justice privé de quelque récompense, les paroles d'Ingres sauront adoucir son chagrin et relever son courage. A 1 approbation de son maître, il est vrai, Flandrin pourra toujours ajouter celle de sa conscience, et dans tous ses ennuis il lui sera permis de se rendre en toute sincérité ce témoignage qu'il n'a rien à se reprocher. Dans un concours de composition historique, la médaille d'or qu'il avait méritée ne lui fut point décernée ; elle fut accordée à la faveur et non

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au mérite. Il raconte ainsi sa mésaventure : « Le jour de Pâques, M. Ingres a fait appeler tous ceux qui avaient concouru, i^ous avons été chez lui. 11 a témoigné qu'il était assez content du concours» il s'est approché de moi et a dit en me montrant : voici celui qui méritait la médaille, mais on a fait une injustice horrible. Vous avez eu sept voix pour vous et l'autre onze. Ah! cela m\'i fait bien de la peine! J'en ai été malade : car, en vous maltraitant, on mahraite mes enfants. » Alors, je lui ai dit ce que je pensais^ que je préférais bien son approbation à la médaille (c'est vrai, et cependant c'était une médaille d'or de première classe) et combien j^étais sensible à toutes les peines qu'il se donne pour nous défendre, lî nous a encouragés et nous a exhortés à bien faire pour les trois concours qui vont bientôt s'ouvrir et qui conduisent au prix de Rome, jq Cette haute récompense, Ingres l'avait déjà fait entrevoir au disciple sur lequel il fondait le plus d'espérances, et, malgré les difficultés dont s effrayait sa modestie, ce dernier ne laissait pas d'envisager Rome comme une sorte de terre promise. Il aborda donc résolument cette épreuve redoutable pour un peintre de vingt et un ans, s'abandonnant, suivant son habituelle sagesse, à la volonté de la Providence. Le résultat de cette première tentative justifia ses craintes, il reconnaît simplement avoir plus mal fait qu'à l'ordinaire, alors qu'il fallait faire un peu mieux et assure ses parents, en leur faisant part de ses revers, que loin d'être découragé il brûle d'ardeur pour le travail. »

(A suivre.) A, !MouREAU.

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