‹ Notes d'art et d'archéologie (volume 3)Chapitre 57 sur 77 · I. Ap. IV, 2. — 2. Ap. rv · texte numérisé non relu

I. Ap. IV, 2. — 2. Ap. rv

soient venus jusqu'à nous, nous montrant une coloration vive, harmonieuse, puissante et brillante, quelque amoindri que soit son éclat primitif . Si, d*une part. Ton fait par la pensée abstraction de la cotiche de poussière qui, en maint endroit, fait maintenant partie intégrante du ton, et que, de Tautre, on complète ce que le temps et des nettoyages maladroits ont pu enlever, on reste étonné de l'intensité et de la fran- * chise du parti pris de coloration. Les notes dominantes sont peu nombreuses : de l'ocre rouge et du bleu harmonisés par des gris passant ^ âa gris jaune au gris violacé, en font tous les frais; des ors dans les î nombreuses auréoles venaient en compléter Téclat et l'harmonie.

Les peintures de la voûte et des murs jusqu'à la naissance des arcs •

sont entièrement consacrées à la vision de saint Jean, retracée dans i

X Apocalypse. Le texte en est suivi de très près et nous pourrions l

presque nous borner à le citer, pour faire une description complète. i

Trente cercles, inscrits dans les triangles formés par les arcs et les ' i

nervures, sont disposés sur toute la voûte; ils sont entourés d'une ^^

bande grise d'une quinzaine de centimètres qui se retourne le long des '|

nervures. Ces cercles reçoivent les figures. Leurs fonds sont bleu foncé avec un semis d'étoiles ; ces étoiles qui maintenant se détachent %

en blanc étaient noires dans l'origine, il reste de nombreuses parcelles %

de ce ton, et ce blanc que nous voyons n'est autre chose que le ton \

même de l'enduit que le bleu avait ménagé. Les parties restées libres |

entre le bord externe du cercle et les nervures, et qui forment une série \

de triangles auxquels on a ajouté des pointes rentrant vers le centre du triangle et les transformant en lancettes, sont remplies par un j

ton d'ocre rouge très vif. Du centre du triangle et suivant la direction \

des bissectrices, partent de fines tiges auxquelles sont attachées de \

petites lances d'eau qui sont noires dans les lancettes avoisinant les \

clefs de voûtes et grises dans celles qui descendent vers la naissance •

des arcs. ^

Au milieu, dans un cercle de 2 mètres, 30 cent, de diamètre, ;

le Christ bénissant, la tête entourée d'un nimbe crucifère dont la ;

croix est rouge et l'auréole dorée, est assis sur un trône {i). Le irône est enviromié d'un arc- en- ciel (2) accolé au bord interne du i

cercle dans lequel est inscrite la figure et qui passe derrière le trône

et lauréole. Les sept lampes représentant les sept esprits de Dieu (i) semblent suspendues à rarc-en-ciel, quatre à la droite du Christ, trois à sa gauche. Le Christ a à sa droite le livre scellé de sept sceaux (2) (le livre et les sceaux sont rouges, et les bandelettes qui retiennent les sceaux sont noires) ; sa main gauche repose sur l'agneau placé sur ses genoux, occupant le centre du trône et paraissatit cojnmeifnniolé {^. Celte figure, dont nous donnons un détail, est d'un superbe caractère. Le Christ est vêtu d'une robe bleu verdàtre, rappelant la couleur du jaspe (4) ; il est enveloppé d*un grand manteau qui le recouvre presque complètement, ce manteau est d'un blanc rosé; mais, |pour donner de la vigueur à cette figure, Tartiste a eu soin de disposer ses plis de façon à laisser apercevoir çà et là quelques parties de la doublure d'un vert olive assez soutenu de coloration; les mains, d'une grande élégance, sont d'un dessin très beau et très large; le visage est malheureusement trop dégradé pour que nous puissions en parler. Le tronc, couleur bois jaune clair, est assez curieux d'arrangement, il se détache sur un fond bleu semé d'étoiles.

A r entoiir du trône ^oviX. disposés dans quatre cercles les quatre ammanx (5), attributs des Evangélistes : le premier animal ressetnbiantà un lioji, le seconda un veati^ le troisième ayant le visage cotn^rte d 'un homme et le quatrième ressemblant à un aigle (6) ; ils tiennent chacun un livre et ont chacun six ailes (7), deux rouges, deux jaunes, deux vertes; les plumes de ces ailes sont couvertes d'une série d'yeux (8) de profil, dessinés par un trait noir.

Entre ces animaux et au-dessous du Christ, dans un cercle entouré également de l'arc-en-ciel, l'Agneau nimbé, aux sept yeux et aux sept cornes représentant les sept esprits de Dieu (9), recevatit le livre aux sept sceaux {16), L'agneau a deux yeux placés normalement, puis, sur le front, un œil au centre et les quatre autres disposés à l'entour en forme de croix; très sobre de lignes, il a une très belle allure. Comme les quatre animaux, il se détache sur un fond bleu semé detoiles.

Sur tout le reste delà voûte, dans vingt-quatre grands cercles, sont disposés autour du trône vingt-quatre vieillards revêtus d'habits blancs aux revers rouges, ayant Sîtr leurs têtes des couronnes

\. Ap. IV, 5. — 2. Ap. V, 1. — 3. Ap. v, 6. — 4. Ap. IV, 3. — 5. Ap. iv, 6. — 6, Ap. IV, 7. — 7. Ap. IV, 8. — 8. Ap. iv, 8. — 9. Ap. v, 6. — 10. Ap. v, 7.

NOTES D'ART ET D'ARCHÉOLO(iIE

Jl

Le Christ de la chapelle Saint-Antonin.

(Dessin de l'auteur.)

d*or {}) et tenant tous des harpes et des vases d'or qui représentent les prières des saints (2) ; quatorze sont en avant du trône, et les dix autres sur la partie absîdale. Ceux-ci sont placés dans un quadrilobe inscrit lui-même dans un cercles. Du côté de TEvangile, les deux premiers quadrîlobes portent ce commencement d*inscription : FECISTI : NOS : DEO : NOSTRO : REGNUM : ET : SACERDOTES : (3). Il est à supposer que, dans le principe, les cantiques que chantent les vieillards chaque fois qu'ils se prosternent devant le trône devaient être inscrits alentour des cercles; mais que ces inscriptions, d'un ton assez clair, ne se voyant pas d'en bas et demandant un ton plus foncé qui aurait rompu l'harmonie, ont été abandonnées par les artistes comme n'ajoutant rien à l'effet décoratif. Les harpes que tiennent ces vieillards sont plutôt des guitares ; mais la traduction de ce mot ' harpe peut évidemment s'appliquer à n'importe quel instrument à cordes accompagnant le chant. Les couronnes et les vases des vingtquatre vieillards, décrits en or par la vision apocalyptique, sont représentés ici d'un ton noir, et en cela, les artistes nous donnent une nouvelle preuve de leur science de l'effet à produire, car, si les couronnes avaient été en or, elles ne se seraient pas détachées sur les auréoles dorées elles-mêmes, l'effet eût donc. été manqué; ils ont franchement passé outre, ce qui explique cette anomalie chez des artistes si scrupuleux et si esclaves du texte même.

Le glorieux et divin poème, nous l'avons dit, se continue sur la partie supérieure de la paroi verticale qu'il occupe jusqu'à la naissance des voûtes. Cette surface forme une espèce de triangle dont deux côtés sont tracés par deux arcs de cercle. Le milieu est occupé par un fenestrage peint d'un gris violacé, ayant la même disposition que les vraies fenêtres de l'abside et divisé par un meneau surmonté d'un quadrilobe dans lequel s'inscrit un écu aux armes de Pamiers. L'espace représentant la partie vitrée est occupé par un fond d'azur fleurdelisé; à l'entour de ce faux fenestrage, sur un fond rouge, sont disposés cinq anges les ailes déployées (4). Ces anges, d'un superbe caractère, sont tous vêtus de robes claires, blanc rosé et jaune pâle et semblent supportés par des nuages. Les deux premiers, en partant d'en bas, un genou en terre, chantent les louanges de Dieu, s'accompagnant

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