Francèsco del Cossa dans VArt du i®' mars
Avant la publication des articles de MM. Harck, Bode et VeuturL M. Morellï avait déjà attribué la prédelle dont nous parlons à un maître ferrarais travaillaut
prédelle(i), où sont retracés plusieurs mîracles de saint Hyacinthe (2), fut probablement exécutée avant les intéressantes peinturés du palais de Schifanoia. Elle comprend quatre compositions juxtaposées. La première nous fait assister à la résurrection d'un enfant mort sans être baptisé, miracle qui eut lieu à Cracovie en 1231. Pendant que la mère de l'enfant, assise sous le portique de sa maison, s'abandonne à son affliction, le père s'achemine vers le temple en portant l'enfant mort dans une corbeille, et, un peu plus loin, on le voit agenouillé à Tintérieur du temple devant le tombeau de saint Hyacinthe, sur lequel son fils ressuscité sourit à quelques spectateurs stupéfaits. Une femme vue de dos, tenant un enfant par la main, monte les marches du temple. L'enfant rappelle celui de la zone intermédiaire d'avril dans les fresques du palais de Schifanoia. — Dans la seconde composition, c'est à l'extinction miraculeuse d'un incendie que nous assistons. Un jeune homme, probablement le fils du propriétaire de la maison, est à genoux sur une arcade à demi-consumée et voit apparaître dans les airs saint Hyacinthe qui apaise les flammes par une bénédiction. Au premier plan, à droite, un homme agenouillé puise de l'éau; un autre lance de l'eau contre les murs embrasés ; un troisième se penche vers un baquet d'eau, et un quatrième tire, à l'aide de crocs adaptés à une corde, des poutres calcinées, tandis qu'un ouvrier, vu de face, porte ses mains à sa tête ensanglantée. A gauche, une femme accourt en ouvrant les bras et en regardant le jeune homme à genoux sur l'arcade. Devant elle, un homme blessé à la jambe s'est assis pour se panser. Auprès de lui, trois hommes debout (un vu de dos et deux vus de face) causent entre eux. — La troisième composition représente
à î'époque de Tura et de Cossa. Quelques autres écrivains s'étaient prononcés formellement pour Tura. Cette divergence d'attributions prouve combien il y a d* affinités entre Cossa et Tura qui ont en commun, ainsi que le dit M. Bode, * la raideur des mouvements, Taspect plastique des figures, la forme des plis, la petitesse et la maigreur des extrémités, l'expression morose des visages, le . dédain de la grâce dans les traits, une certaine bizarrerie dans les motifs d^archi- *tectare, la configuration toute particulière des rochers dans les paysages t.