‹ Notes d'art et d'archéologieChapitre 17 sur 35 · IO · texte numérisé non relu

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Quand donc se décidera-ton à réserver les petites salles aux petites toiles et les grandes salles aux grands tableaux? C'est trop logique pour qu'on y arrive !

Il y a un certain nombre de tableaux intéressants à voir. Je ne partage pas du tout l'opinion d'un néo-critique d'un des grands journaux parisiens qui n'a rencontré aux Artistes français que deux choses dignes d'attention : le panneau décoratif de M. Henri Martin pour le Capitole... de Toulouse, et la Pelote basque de M llc Dufau.

Evidemment M. Henri Martin, étant de Toulouse, a un

F. Tattegrain — Le Gué d'Etaples (16 septembre 1544) (Artistes Français)

immense talent. Sa vaste toile est d'autant plus belle qu'il n'a conservé que dans ses fonds le procédé de pointillisme pour lequel on l'avait déclaré maître incomparable. Il est bien possible qu'il ait cette année la médaille d'honneur, devant réunir les voix de tous les peintres de la Haute-Garonne et pays circonvoisins, de tous les votants de la Société nationale qui manifeste depuis longtemps sur son nom ; j'avoue que si je n'aime pas le mouvement uniforme de ses faucheurs, tout le premier plan présente

des qualités de maîtrise incontestable ; les fillettes tournant en ronde forment un groupe charmant ; mais ces collines et le ciel semés de confetti me surprennent malgré tout. On a beau me dire qu'à une certaine distance cela fait un effet superbe ; je ne saurais apprécier une peinture qu'il faut voir d'un kilomètre. Quant à M ,,c Dufau, qui avait l'an dernier un tableau tout à fait remarquable, elle n'a pu soutenir l'effort et expose cette année deux toiles qui, de l'avis de ses plus chauds admirateurs, sont très inférieurs et par la composition et par l'exécution. La Grande voix ne signifie rien avec ses bariolages jaunes et s'il y a de belles qualités dans sa Partie de Pelote, il y a des indications de dessin par trop sommaires et une mise en scène par trop fantaisiste. Je suis tout disposé à admirer une œuvre belle de M lle Dufau comme de beaucoup d'autres, mais je ne veux pas qu'on me force à admirer une œuvre quelconque parce qu'elle sera signée de M Ilc Dufau ou de tout autre qui a su se mettre dans les bonnes grâces d'un « éminent » critique... d'occasion.

Il paraît que la médaille d'honneur sera très disputée, M. Marcel Baschet devant réunir les voix de tous les prix de Rome, passés, présents et futurs, et M. Gabriel Ferrier ayant un nombre respectable de partisans qui le suivent persévéramment depuis plusieurs années. Du reste, son portrait du général André est parfait, et le tableau qu'il intitule simplement Douleur est certainement digne de la haute récompense. Le Christ est étendu mort et sa mère l'embrasse avec une profonde désolation mêlée de respect ; l'abandon de la douleur n'enlève rien à la majesté de la scène, dramatique par elle-même ; M. Ferrier en a éprouvé la grandeur et Ta rendue avec une intensité qui n'a rien de théâtral*

M. Bouguereau expose une jolie 'Vague moins sirupeuse que sa 'Vierge à l'Agneau d'un impeccable dessin ; M. Jules Lefebvre, une délicate blonde, Hélia, en tunique rouge, d'un faire distingué et joli, et une Madeleine qui accroche désespérément ses longs bras aux pieds du Crucifié ; ces pieds ont beaucoup d'expression — c'est tout ce qu'on voit du Christ — et les larmes coulent bien liquides sur les joues de Madeleine.

M. Jean-Paul Laurens a un coloris dur; son grand triptyque de Jeanne d'Arc n'oflxe d'intéressant que le panneau de droite

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