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LES PEINTRES IMPRESSIONNISTES

sionnistes, pour toute une part d'eux-mêmes, pour l'audace de l'esprit et le parti pris révolutionnaire, la franchise et la hardiesse du coup de pinceaa, l'éclat de la palette, descendent des innovateurs qui les ont précédés dans la voie d'une peinture claire, lumineuse et chantante, des Delacroix, des Corot, des Edouard Manet, si différents qu'ils apparaissent de ces maîtres chez lesquels demeurait un fonds traditionnel très solide. Sans les symphonies passionnées et romantiques que font les verts, les rouges, les violets de Delacroix, sans les fraîcheurs perlées et argentines des poèmes de Corot, sans la pointe que Manet, l'élève de Valazquez et de Franz Hais, poussa à un moment de sa carrière dans la direction du japonisme, les impressionnistes n'auraient pas peint comme ils ont peint et à l'heure où ils ont peint. Leur filiation est indiscutable et leur apparition explicable : ils ont place dans une série, date dans une histoire. Tous les peintres qui ont aimé la lumière leur ont légué quelque chose, et au premier rang, nous ne saurions l'oublier, l'Anglais Turner, le Hollandais Jongkind.

Cependant ces ressemblances et ces influences reconnues et définies, il reste dans l'apport de l'école impressionniste un élément irréductible d'originalité si radicale, qu'il ne suffît pas, pour en rendre compte, d'alléguer l'éclosion fortuite d'un certain nombre de talents voisins que les affinités instinctives auraient orienté dans un même sens.

- Il faut ici signaler, à côté et peut-être au-dessus des influences nationales et européennes, l'intervention décisive d'un facteur profondément neuf, la rencontre d'un exotisme absolument sans analogue,

sans précédent. Je veux parler de la découverte du japonisme. Manet le premier en fut vivement touché : certains portraits de femmes, certains intérieurs clairs de cabinets et d'appartements, certains bords de fleuves en témoignent dans son œuvre. Mais ce furent Claude Monet, Renoir, et, à un degré moindre, Pissaro, qui renouvelèrent de fond en comble, à l'école des graveurs en couleur de l'Extrême-Orient, la peinture du paysage, celle du portrait et celle de genre. Hokusaï et Hiroshigué apprirent à leurs élèves occidentaux deux choses : à peindre le plein air et le plein soleil, sans ombres, sans sauce, sans dessous, uniquement avec les clairs et dans les clairs, dans la grande fôte des couleurs vives juxtaposées, des tons éclatants et mêlés, des reflets dansants et de la lumière frissonnante, restituant enfin au paysage son acteur principal que l'on avait oublié : l'air, l'atmosphère vibrante, l'éther adoré des anciens; c'était la première chose : le pleinairisme, comme on a dit.

Et voici la seconde qui était une suite de la première : peignant ainsi en plein air, hors de l'atelier ombreux, dans l'intimité quotidienne de réternelle et changeante nature, les paysagistes dont nous parlons cessèrent de choisir leurs points de vue selon les exigences idéales et traditionnelles, de composer des sites en utilisant leurs études et leurs croquis, d'ajouter à la vision de leurs yeux éblouis un arrangement plus ou moins conventionnel et plus ou moins arbitraire. Ils rompirent tout à fait, les premiers sans doute, avec toutes les habitudes du « paysage historique ».

Directement aux prises avec la vie des choses, ce

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