‹ Notes d'art et de littérature: avec une notice biographiqueChapitre 48 sur 80 · Correspondance de Lamartine, l. IV · texte numérisé non relu

Correspondance de Lamartine, l. IV

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générale, en effet, et quelles suites elle eut tant pour la politique que pour les letti-es, il n'est pas difficile de le montrer,' Mais s'il s'agit de Lamartine, il faut I s'enteodre. Ce n'était point un poète, ni surtout un homme de lettres comme les autres. A dire vrai, il n'était même pas un « homme de lettres », au sens contemporain du mot. Jamais il n'avait eu l'ambition de vivre pour la poésie comme pour un art, uniquement et passionnément, à la façon d'un peintre de la Renaissance ou d'un parnassien d'aujourd'hui'. La poésie ainsi conçue ne suffisait pas, ne convenait pas, plutôt, à sa nature. Ses défauts mêmes comme I poète viennent de là : improvisateur magnifique et I négligent, égal ou supérieur à tout par endroits, les ' purs artistes lui préféreront peut-être un maître du vers plastique tel que Victor Hugo. « En poésie \ je ne suis qu'un amateur très distingué », disait-il un Vjour avec quelque affectation de modestie. Mettez : i< un amateur de génie » et vous serez bien près de la vérité. Tel il s'était montré dès le début, A trente ans, après une éducation libre et toute naturelle, des lectures sans dessein, des voyages de rêverie et quelques aventures de cœur, un jour, sous le coup d'une émotion plus forte, il s'était mis à chanter : il était inconnu la veille, sans relations littéraires ni mondaines; sa poésie avait jailli comme une source dans le désert. Célèbre avant d'avoir cherché le succès, admiré, caressé dans le monde, il est remarquable que l'idée ne lui vint pas d'être chel" d'éeole. 11 laissa

J. « La poésie, écrivait-il, m'a toujours semblé moins un art que le résullat d'une inspiration. • (Dédicace de Saut.) Voir l'analyse pénétrante, donnée par M. de Pomairols, des procédés de son génie {Lamartine, étude de morale et tTesthélique).

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naître le mouvement romantique sans en prendre la direclion ni s'en soucier beaucoup, continua de se livrer par intervalles à l'inspiration, chercha d'ailleurs une fortune et une carrière en dehors de la poésie ; catholique et monarchiste, il prit du service dans la diplomatie de la Restauration (1820).

Bien marié, sa situation pécuniaire assurée ', il s'intéressait plus aux luttes politiques qu'aux querelles littéraires. Le détail de la diplomatie l'ennuyait, mais il suivait les événements de France et en prévoyait l'issue. 11 n'était pas ennemi du ministère Polignac; quoique sans aucune passion réactionnaire ^, le coup d'État de Juillet ne l'indigna pas : il le jugea seulement dépourvu de grandeur et d'habileté et ne se fit aucune illusion sur ses suites. 11 était déjà dégoûté, d'ailleurs , sentait que l'heure du nouveau allait sonner : « La politique, écrivait-il à son ami et confident Virieu, a besoin de moi et de nous tous, jeunes et hors des préventions des trois sales époques du , passé '•>;<' il est fâcheux d'avoir été gAté comme nous par ses propres pensées : tout ensuite parait terne, excepté une grande deninée ou une grande œuvre * ». Et, dans son discours de réception à l'Académie française, il trai^'ait le plan idéal June " grande destinée >> en temps de révolution, avec une si évidente complaisance d'imagination que Cuvier, dans sa réponse, le détournait déjà de la politique. Sa poésie même reflétait ses méditations sur l'histoire humaine, et l'ode

1. Voir quelle place tient ce genre de préoccupation dsDss* correspondance.

•i. Voir lettre du S juillet 1S30.

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