Corr., £3 mars
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logique radicale; on peut mesurer, dans sa brochure de 1831, le progrès qu'ont fail, depuis les théoriciens absolus de I'Ï89, les doctrines politiques. La notion d'évolution graduée est entrée dans l'âme des idéalistes, tandis qu'elle n'apparaissait pas, quarante ans plus tôt, aux légistes mêmes et aux hommes d'État. I Mais s'il se rend compte des conditions de la / politique positive, il veut que cette politique soit / rationnelle; il lui donne pour principe et pour but des ^ vérités sociales supérieures , il la pénètre d'une philosophie. C'est celte philosophie qu'il faut exa- > miner une fois pour toutes. Elle est déjà tout entière I dans sa correspondance et dans L(i Po lH iquexaiLtt} - 'rn^HS-^M). Cette brochure n'a pas été assez remar- Tquée : Lamartine s'en plaignait plus tard ; c'était sa réponse quand on l'accusait d'incertitude ou de palinodie dans sa carrière politique.
(J'ai dit que l'irrésistible loi de transformai ion, qui ne permet pas plus le repos à la vie sociale qu'à la vie physiologique, avait frappé de bonne heure limaginalion et l'esprit de Lamartine. Celte loi, qu'il aperçut d'un coup d'ceil et dans ses grands effets, toute la science historique moderne n'a tendu qu'à la consolider, l'asseoir sur des méthodes précises, la confirmer dans le détail. Seulement, où nos contemporains, plus ou moins positivistes, ne voient qu'enchaînement de circonstances sans plan initial et ■ peut-être sans résultat favorable, le grand idéaliste que Lamartine était avant tout, voyait l^ction î'une logique providentielle qui menait l'humanité, à Ira- ', vers des formes successivement améliorées, vers un avenir, proche ou lointain, mais certain, de justice et de fraternité universelles. Il avait conflance dans la
marche du inonde, et le monde lui apparaissait guidé \ d^n& s a m apetïii'paî'~ieB'"îd&esr-tt'Bxê5në~'5"^groûler \ Ifîislûirê^àînrar comprise^ à Ta rattacher à qu'é^ques époques principales où (iesTdëes nouvelles onl~snrgi. / « Une idée que le nionde entier avoue , adopte, conçoit, défend, ne peut être une erreur: l'erreur est dans sa pratique incomplète, mais non dans sa nature'. » Cette phrase (éclaire toute sa pensée.
De ce point de vue idéaliste il juge les révolutions; et, s'il a horreur de leurs moyens sanglants, il est convaincu de leur nécessité, et qu'elles servent^le :irQgrès en^ dépit de tout. Il va droili daiisTiclie-dej ; 1789, » l'idée de irBertéet d'égalité légales, « qui eslj lit -ii, aiilaiil ar-di'r-ii.; dèTa^èîïSée-ïfrîslocralique et V-(,il t\.' um- '.- i-;iri.-.li,itiisme est au-dessus de l'escla-J :;iy,i- ;(iii-ii 'i - : ■ ,;!"<.■ iirs siècles, ajoute-t-il, passeront ■1.1 iior- (.umlji- avidii que cette idée ait enfin trouvé ■ta vraie forme, 'liii- i'iut indique qu'à travers des (lots de sang et de misères elle la revêtira enfin; ilors le monde sera transformé' ». Il va plus loin : Emette idée même que 89 a proclamée et que 1830 va reprendre, n'est-ce point un dernier écho de la l'évolution évangélique, la mise en œuvre de cette fralemité sociale que le christianisme a prêchée, 'nais qu'il faudra des siècles encore pour introduire , dans les jnstTEu tJons et les, mœurs'?
Ainsi ses croyances politiques se rattachent à sa l'oi religieuse, et par là s'achève ce mysticisme poli-