Con:, 2i octobre
2. La Politique rationnelle, rééditée dans le livre de M, de llonchaud, t, I, p. 80.
3. Ibid. — Cf. 7 février 1831; Ode siir Jea^EÉïolytiQnaiifcr- . .lonieî); Joeelyn, passim, et surtout' p. 34 à 39 et p. 323 k 226, lie réd[ lion Hachette.
Dignz^îbfGoOglc
288 NOTES d'art et de LITTÉRATDRB
lique qui sortait du plus intime de sa nature, mais qui répondait en même temps aux besoins moraux de l'époque : car une sorte de foi analogue se levait à la même heure dans beaucoup d'esprits : chez Lamennais, chez Henri Heine lui-même (mais inspirée du panthéisme hégélien), chez Quinet et Michelet, jusque chez M"" Sand ; et ce mouvement singulier, de plus en plus accenlué et visible à partir de 1840, devait avoir, avec Lamartine encore, son aboutissement en 1848. Le voyage d'Orient avait donné à cette philosophie historique du poète une nuance nouvelle de sérénité et de résignation; les ruines des empires n'enseignent pas l'attachement aux institutions passagères : (1 les politiques de système exclusif et de partis tombent bien bas quand on les contemple de si loin ■ et de si haut' ». Il fut toujours fataliste, du reste, et sa foi dans la Providence avait une tournure orien- I taie : « Je m'en rapporte à la Providence, écrivait-il \ de bonne heure, vous saurez que je suis fataliste en ce point. »
De ces hauteurs encore il jugeait le présent. A considérer la politique contemporaine, comme rhistoire, dans ses grandes lignes maîtresses, les événements prenaient un sens aperçu de lui seul. Ainsi dans sa brochure de 1831 parle-t-il de la monarchie de Juillet; il n'y voit pas, comme les théoriciens du droit divin ou du droit populaire, une usurpation : « on n'usurpe pas tout ce qu'on remplace ' », ni comme les doctrinaires " un simple accident dynastique, auquel l'esprit progress'f de l'époque ne prendrait pas garde » ; il