‹ Notes d'art et de littérature: avec une notice biographiqueChapitre 53 sur 80 · Cette (a on e suivantes sont tirées de La Politique · texte numérisé non relu

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LAMARTINE PARLEMENTAIItE 280

l'accepte comme une nécessité nationale, « forteresse ' improvisée entre la Républiqueet le despotisme », qui « durera ce que doivent durer les choses nécessaires, le temps d'achever leur œuvre ». Je ne trouve pas, quoi qu'on en ait dit, dans ce jugement, le dédain do l'aristocrate; peut-être sa fidélité, toute sentimentale d'ailleurs, à la branche aînée, lui feit-elle mieux saisir le vice originel de cette royauté qui n'a pas d'assises dans des traditions antiques, mais il en parle sans animosité de vaincu, il prêche autour d'elle le ralliement national, ce qui est une façon très particulière d'être légitimiste en 1831. S'il lui refuse le droit de se compter pour quelque chose, d'avoir une politique personnelle et dynastique, c'est conviction profonde des conséquences irrévocables que 1830 entraîne. Désormais, une seule forme de gouvernement peut exister : ('( c'est ia forme que nous cherchons dans le droit et' l'action de tous; cette forme que les modernes ont appelée^éittûctaïie, par analogie inexacte avec ce que ' les anciens appelaient ainsi et qui n'était que la tyrannie de la multitude a. Ce point de départ admif il en veut toutes les suites : abolition de la pairie, cî on n'improvise pas plus une aristocratie réelle qu''une dynastie légitime; ljberté dejaj)resse ; liberté, extension et gratuit é de l'ensei gnement ; séparation de tÉgliv et de l'État; ê leclion miwérsêlle et proportionnelle. Ajoutez : la réforme de la lég^lation criminelle, l'i lition de l a peine dein or t, la pajx infcrnalianalc, qui,/ avec l'abolition de l'esclavage, formaient la partie évan0li^e de son" programme". Enfin, il ne conçoit. pa§Tê~gTFÏÏvcrnement en dehors de l'opinion, et de l'opinion démocratique : « J'ai l'instinct des masses, disait-il dès 18i8; voilà ma seule vertu politique. Je

sens ce qu'elles sentent et ce qu'elles vont faire, même quand elles se taisent'. » S'isoler du sentiment général ou lutter contre, Im paraît la pire des fautes pour un parti : « Séparez-vous du pouvoir quand il ne vous convient pas, à merveille ! du pays, jamais : autrement le pays s'en souviendra; il pourra un jour vous regarder comme des vainqueurs, mais plus comme des guides. Or, il ne s'agit pas de vaincre mais de guider, dans un système de liberté'. » Non qu'il soit le serviteur des volontés de la foule : le héros de 1848 s'annonce dès sa première rencontre avec la démocratie révolutionnaire; il salue un maître en Casimir Périer; il lance auPeu^edu ^9 juillet, à l'heure orageuse du procès des minislFès, infe^odë improvisée et 1 superbe, pendant qu'il écrit à Virieu : « Quant au \ péril, je pense en prose ce que je leur dis en vers. La vie n'est pas si douce qu'elle vaille un peu de couardise'. » Mais s'il a le courage delà résistance, il n'en a pas, comme d'autres, la passion : jamais il ne consentirait à en faire la pensée du règne.

On comprend maintenant quelle situation singu- . Hère devait avoir un tel homme, avec de telles idées, f dans la Chambre de 1834. Il n'était plus légitimiste, en ;' dépit de ses regrets ou de ses sympathies personnels, \ puisqu'il avait accepté sincèrement l'avènement de la ., branche cadette; dès 1831 il sacrifiait le principe j même de la légitimité, lorsqu'il la définissait « une I convention sociale qui n'a le droit que pendant qu'elle 'a le fait a. Il n'avait pour le parti républicain d'alors que répugnance et sévérité. Tout l'en éloignait ; ses

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