Ibid., 19 novembre
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antécédents monarcliiques, son liorreur de l'émeute et des conspirations, sa foi religieuse, enfin et surtout son altacliement k la paix, son aversion pour la légende napoléonienne. Les réformes politiques que demandaient comme lui les Cavaignac et les Carrel, il en voulait la réalisation prudente et l'attendait volontiers de ta monarchie. D'un autre côté, par sa conception même de cette monarchie telle que nous l'avons exposée, par l'ensemble de ses idées sociales et philanthropiques, il se distinguait nettement des doctrinaires. La gauche d'Odilon Barrat ne lui convenait pas davantage, avec sa complaisance pour les violences de l'opinion et sa politique extérieure belliqueuse.
Vraiment on comprend qu'il ait siégé en dehors. des groupes, formant à lui seul un parti, Icyarffl social. On a voulu voir dans cette attitude, les uns "Timpuissance du rêveur, les autres l'orgueil de l'ambitieux qui se flattait déjà d'un grand rôle extra-parlementaire. Il est certain qu'il avait le goût de la solitude comme tous les idéalistes, éprouvant d'ailleurs, pour les querelles intérieures des Chambres, un dédain transcendantal. Mais la logique de sa pensée politique l'amenait, en dehors de tout autre motif, à prendre cette position; si sa nature y trouvait son compte, ses convictions l'y inclinaient, et nous savons que ces convictions avaient des racines profondes.
D'ailleurs il n'entendait pas rester longtemps seul. Le parti social n'était pas dans son esprit une éti-
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quelle individuelle, mais un drapeau qui devait bientôt rnilicr, au dehors des sjmpathics, dans la <'.hambre, des adhérent»;; sa confiance à cet égard ôtait extrême, autant que son mépris pour Vimpopularilé (l'indifiérence eût été le mot juste) qu'il conslataît envers lui dans les anciens partis. Le 17 janvier 1834, il exprimait à son père sa certitude du succès futur'. Le 6 lévrier, il écrivait : ■< Attendez deux ans pour y voir clair. Alors nous aurons nos journaux cl nous représenterons cxaclcnient notre nuance et notre action '. » 11 y revient souvent dans ses lettres de cette époque avec une fatuité naïve qui prête à sourire. Point impatient, du reste, au début; attendant son heure avec sérénité, ayant besoin, dit-ii, de temps pour approfondir ses études politiques et -se rendre maître de son instrument oratoire. Mais la facilité extraordinaire avec laquelle il •, joue son nouveau rûle le séduit bientôt lui-même et ) l'enlève. Il s'amuse de sa souplesse : « L'économie I politique, disait-il un jour à Sainte-Beuve, rien n'est . plus amusant' », Il s'aperçoit vile qu'il est un grand \ orateur; ses deux premiers discours sur les affaires ■ d'Orient étaient écrits et récités; il essaie l'improvisation dans deux courtes harangues sur la Vendée et sur les Frères des écoles chrétiennes; puis, brusquement, dans la discussion de la loi de 1834 sur les ' associations, il se livre au dieu qui est en lui ; à partir de cette date, il improvisera toujours, et avec une maîtrise croissante. <• Je vois se réaliser ce que j'avais 1 loujours senti, que l'éloquence était en moi plus quel