Le mot est de M. de Sainle-Aulaîre
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les rivaliti^s et les coalilions firent, â partir de 1835, le spectacle constant tle l'opinion; il y eut toujours désaccord moral entre lui et la génération de professeurs et de poblicisles que la Révolution de 1830 avait portée pour di\-huit ans aux affaires. M. Mole était d'une autre génération et d'une autre nature desprit : la sympathie de Lamartine lui fut naturellement acquise. Il soutint le cabinet dans une question importante, celle de la loi de disjonction (2 mars), après la tentative du prince Louis- Napoléon à Stras-
! bourg. On le lui a beaucoup reproché; et c'est un de ses actes politiques qui ont le plus prèle au grief de contradiction. Rien en effet ne paraissait moins d'ac- \ cord avec ses i'lt''"°Ji.HrslP'^ qii^ "^^ gp p'" do tmi^A i\ une juridiction exceptionncUe. Mais une autre consil dération le dominait : la crainte de l'esprit militaire e t, ' bonapartiste. Avec une clairvoyancë~smgulière, il en ' sentait la persistance et le danger; il protestait contre l'imprudence de l'opposition qui jouait avec une pareille arme ; il ne devait pas se lasser, nous le verrons, de signaler, môme à la monarchie, l'écueil où l'on courait de gaieté de cœur. L'acquittement des i accusés de Strasbourg l'avait effrayé comme une * prime d'encouragement aux séditions militaires : V « Dans un pays, disait-il, qui est à si peu de distance du 18 brumaire et du 20 mars 1815, dont on ne doit pas perdre le souvenir,.,, dans un pays où, pour donner au peuple l'éducation de la liberté, on n'élève devant ses yeux que des symboles de la gloire et du despotisme, comme si la révolution de Juillet devait servir de piédestal à Napoléon et non à la liberté du peuple ',.,. dans un pareil pays où la liberté est bien 1. Allusion à l'Arc de- triomphe de l'Éloile.
plus dans nos désirs que dans nos habitudes, je dis] que le despotisme du sabre passerait bientôt par lai brèche que vous auriez laissée ouverte. »
Dans cette session de 1831 il parla encore, contre j Arago, pou r la défense des ^ udes classiqu es et aSortla [ aussi la question des sucr es. Son inllilcnce grandissait un peu : « Je mène 29 voix dans celte session ' » ; mais elle restait toute personnelle et sans signification politique. Il commençait à manifester quelque impatience, partagé entre la persuasion très sincère de ses succès oratoires et le sentiment, à demi orgueilleux, à demi découragé, de son réel isolement. Le dédain lui inspirait de vives images ; « Vous savez, écrivait-il, comme je me tourmente peu de l'opinion des journaux. Ce sont des chiens qu'on n'a qu'à siffler pour les ravoir '. » *
Aux élections de 1837, il fut réélu à g^;gyesy "Uu, \ dans les^de ux coll èges de^ftlâcon. Ballet lé^MflcoD avec uo i^ww^w-iafiâ^ewr, il conçut quelqiies doutes-, 1 avoue-t-il, sur l'efficacité du suffrage universel à plusieurs degrés, auquel il avait jusque-là confiance. Les sentiments des électeurs de son pays natal h son égard furent toujours empreints d'un peu d'humeur et de caprice : susceptibilité ordinaire entre gens qui se connaissent trop. Il n'en avait pas moins, dans le Maçonnais, une solide base d'influence territoriale à la façon d'un de ces country-gentlemen dont il eût voulu voir la Restauration entourée '. * Tu vois que ce n'est pas mal, disait-il à Virieu en lui annonçant ses succès électoraux, pour un homme marchant tout