Ibid
D,gnz^=b,G00gIc
302 NOTES R'ART et DE LITTÉRATORE
seul et disant tout haut à tous les partis qu'il les dédaigne et au gouvernement qu'il n'en dépend pas. — Oh! si vous aviez voulu me suivre et marcher de mon pas, où seriez-vous en scpl ans! »
Dans la session de 1838, îl fut plus sobre de politique positive : " J'ai donc 30 hommes à mol dans la Chaml»re d£s£ada/(s/e*, écrivait-il au début... ; je vais travailler beaiiconp et parler peu. » Il traita surtout les questions philanthropiques qui lui étaient chères : ahulitioiMl? l'osclavagc (13 avril 1838), ab olition d e la peine de mort (lUTnars 1838), réforme jlèJajÉgia;^ lation des entiints trouvés (30 avril 1838, à la Société de morale chrélîenne) : il signala, sur ce point, le danger^eJa giipfii»ssion-dea.lûurs, et la statistique la plus récente est venue tristement confirmer ses appréhensions, 11 parla aussi sur-la .conversion des rentes (14 janvier et 18 avril 1838) ', sujjajpi^es^çonseils générauxj dontr^l- voulait Ja complète ^publicité [7 mars 1838). Il commença d'exposer ses vues sur la conslructiûii dos chemins de fer (9 inai'T838); par esprit d'opposition, ou par esprit de routine, les Thiers, les Arago, les Berryer, firent échouer, on le sait, le grand projet de viabilité ferrée que le cabinet Mole présentait aux Chambres, Lamartine exprima son impatience, son irritation <•. de voir toute l'autorité de la science, toute la puissance de la parole, employée à contester au pays une de ses nécessités les plus urgentes, l'exécution immédiate d'un de ces chemins de fer qui doivent le placer au niveau de l'industrie et de la civilisation des peuples voisins ».
urs que nous avons cité plus
D,gnz^=b,G00gIc
Il montrait l'importance de la ligne du Nord pour nos relations commerciales avec la Belgique. Quant au 1 mode d'exécution, il se prononça nettement pour la régie de l'Élat, contrairement à l'opposilion libérale alurw plemc de tendresses pour -l'mduiliic, privée. C'était chez lui conviction raisonnée : il avait toujours f été el resta toujours partisan de la centralisation ' et de l'intervention gouvernementale; la défiance de/ l'État lui paraissait un anachronisme : « Séparer le gouvernement et le pays,... c'est le non-sens le plus inintelligible dans lequel un pays spirituel puisse tomber : c'est prendre pour se combattre soi-même les armes qu'on avait forgées pour combattre des gouvernements oppresseurs ; c'est se battre contre les fantômes d'un passé mort; c'est prendre 1838 pour 1788. Je n'ai pas assez d'étonnement contre de pareilles méprises, qui se perpétuent vingt ans dans l'esprit de certains hommes pétrifiés dans l'opposition. Pour nous, je le répète, le gouvernement, c'est la nation elle-même, tant qu'on ne l'aura pas détrônée; cJest-kunaliOH faisant ses araires. » La démocratie a entendu ces conseils; elle ne se défie plus de l'État depuis qu'elle en est maîtresse et s'est habituée à l'idée de faire ses affaires par la voie gouvernementale. Elle a pris aussi, vis-à-vis de la grande industrie privée, la même attitude que Lamartine. Il semble qu'on entende, dans ce discours de 1838, l'écho anticipé de certaines attaques toutes contemporaines :
« Que sera-ce, grand Dieu! quand, selon votre
D,gnz^=b,G00gIc
imprudent systèmft, vous aurez constitué en intérêts collectifs et en corporations industrielles et financières les innombrables actionnaires de 3 ou 6 milliards que l'organisation de vos chemins de fer agglomérera entre les mains de ces compagnies? Changez donc les tarifs, alors! Mais comment les changerez-vous? Par la loi? Mais qui votera la loi? Des actionnaires en majorité. Intervertissez donc les lignes. Mais qui votera les lignes? Des actionnaires encore! Établisseï donc des lignes rivales. Mais qui Totera ces lignes? Des actionnaires en majorité. Améliorez, perfectionnez, changez les systèmes arriérés sur vos lignes. Mais qui votera ces améliorations, ces perfectionnements désirés, commandés peut-être par l'intérêt général du pays? qui? Des actionnaires encore. C'est-à-dire que vous engagez à jamais et d'un seul mot la liberté, la concurrence, le produit, les améliorations de votre territoire tout entier. Le peuple aura beau demander, se plaindre, accuser les tarifs, il sera et vous serez vous-mêmes pour des demi-siècles ou pour des quarts de siècle en la puissance des compagnies. Vous leur asservissez et les intérêts du peuple et les intérêts généraux. Vous les laisserez, vous, partisans de la liberté et de l'affranchissement des masses, vous qui avez renversé la féodalité et ses péages, et ses droits de passe, et ses limites, et ses poteaux, vous les laisserez entraver le peuple et murer le territoire par la féodalité de l'argent, îs'on, jamais gouvernement, jamais nation n'aura constitué en dehors d'elle une puissance d'argent, d'exploitation, et même de politique, plus menaçante et plus envahissante que vous n'allez le faire en livrant votre sol, votre administration et
D,gnz^=b,G00gIc
LAMARTINE PARLEMENTAIRE: 309 i
5 OU 6 milliards à^ XQS compag nies '... » Ce poète étaîf prophète!
Cependant le ministère Mole qui, depuis le 13 avril 1837, s'était reconstitué en dehors de M. Guizol, s'avançait vers une lutte prévue avec les chefs parlemcnl aires. La Coalition se nouait dans les conciliabules et les journaux. Elle allait fournir à Lamartine l'occasion d'un rôle politique plus accentué. Jusque-là, il s'était tenu en dehors des combinaisons de partis. Le point d'honneur de fidélité à ses souvenirs légitimistes entrait pour quelque chose dans ce désintéressement; il avait surtout le dessein très ferme de ne se commettre avec les réalités de la politique que dans une occasion digne de lui. 11 n'en était pas moins désireux d'action, et malgré lui impatient à mesure que les années s'écoulaient : « Ma destinée, écrivail-il, était l'action, les événements me la refusent, et j'en scclte, car je la veux grande et à des conditions honorables ' » ; et encore : « Comment peux-tu l'imaginer que je sois assez simple pour accepter un rôle dans les pièces parlementaires que nous jouons?... Tous les mois, il y a une insurrection d'opinions contre mon désintéressement. On dit : il veut être ministre, il va l'être, le voilà. Puis le jour d'ensuite ces bôtises tombent et l'on dit ; non, c'est un homme qui rie sait pas ce qu'il dit, mais c'est un homme indépendant. Mais toi, tu sais bien ma pensée : une expectative lentement, largement, rationnellement dessinée; créer
i. C'est en 1838 encore a!l!i! donna La ÇhuU -dlun-Ange, II écrivait quelques moia plus tût STr*"JÏ" GirariJin : • Je Tais en secret des vers par milliers depuis quatre heures du matin et le jour. Si lea électeurs le savaienll ■