‹ Notes d'art et de littérature: avec une notice biographiqueChapitre 62 sur 80 · Corr., )6 décembre · texte numérisé non relu

Corr., )6 décembre

3. Lamartine écrit : les ÎÎS; c'est une légère incsactilude de cliilTre qui n'a pas d'importance en elle-même, mais où l'on pourrait voir un signe de caractère : le chiffre de 221 était répété partout, consacré, déjà liistorique; Lamartine ne l'avait pas retenu, quoique mêlé intimement à la crise. Sa mémoire avait souvent de telles inridélités de détail.

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quitterai ensuite, laissant là pour l'avenir un germe de confiance et une odeur d'iionnête homme bien établis. Je fonderai, avec 15 ou 20 seulement, un nouveau centre droit libéral et social, destiné à s'unir uïTjoïiV^la-gauch&nèttïenépour la modifier. » Les éléiiienls de ce parti nouveau fondirent bientôt sous ses yeux; les 221 gardaient leurs rancunes sans imposer leurs conditions; les chefs parlementaires discrédités reprenaient sourdement leur empire; la gauche ne variait pas d'attitude : << Quant à la 1 gauche, écrivait Lamartine, je ne lui fus jamais moins I hostile, cl elle est restée à sa place ; il n'y a rien à lui Idire, si ce n'est qu'elle est la gauche ; . . , elle est même une gauche qui s'améliore. » Mais elle avait un chef et un programme qu'il n'était pas disposé à subir, des passions surtout qu'il ne voulait pas faire semfblant de partager : « Me vois-tu flatter la démocratie fenvieusejjréligiûiise^racassière etnteBtwicliKe^^) En somme, il se retrouvait iselé Comme en i834 : « Je déplore seulement d'ôtre seul. Je n'ai que des admirateurs sympathiques par moments, mais peu ou point de parti lié. » — u Quant à mon ambition, j'en ris;... je serais bien fiché que le pouvoir, me vint avec de tels instruments; qu'en ferais-jc? » A la fin de 1839, malade et embarrassé dans ses affaires, il parlait de nouveau de donner sa démission.

L'avènement du ministère Thiers (!«'' mars 1840} lui rendit l'ardeur de la lutte. Les 221 allaient rentrer dans l'opposition : il se plaça à leur tCte et parla en leur nom au cours de la discussion des fonds,js ecrets (24 mars) ' ; il ne pOt êmpCChëf la défection d'une

1. Cr. le discours qu'il avait prononcé le 23 avril 1839 pendant

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partie d'entre eux, mais resta, vis-à-vis du cabinet victorieux, dans une excellent* position de défense. il sentait venir l'heure prédite d'une crise nouvelle pour le régime de Juillet : après la crise parlementaire, la crise extérieure. L'esprit révolutionnaire et belliqueux qu'il haïssait d'instinct, que, seul et constamment, il avait séparé de l'esprit libéral et démocratique, agitait l'opinion déjà démoralisée par le spectacle qu'avait offert la coalition. M. Thiers flattait cet esprit, quand il n'en était pas l'organe ; « ce n'est plus un ministre parlementaire,... c'est le dictateur de l'ultra-révolution », écrivait Lamartine, et il s'écriait à la tribune : « Oui, nous nous apercevons i depuis longtemps, et tout ce qui réfléchit sur l'état des esprits est frappé de cette vérité, qu'il y a ici des I hommes à grandes idées libérales, et dans la gauche et parmi nous, et des hommes parmi vous peut-être qui prennent les instincts révolutionnaires pour les idées libérales; rien n'est plus opposé. — Oui, voilà lai différence entre vous et moi. J'aime et je défends l'idée libérale, le progrès du pays et de la législation dans le sens régulier et fécond de la liberté ; vous, vous aimez, vous caressez, vous surexcitez le sentiment, le souvenir, la passion révolutionnaire, vous vous en- vantez : vous dites : je suis un fils des révolutions, je suis né de leurs entrailles, c'est là qu'est ma source, je retrouve de la puissance en y touchant, comme le géant en louchant la terre*; vous aimez à

la grande crise ministérielle, et où it disait aux coalisés : . N'oubliez pas que la confiance ne se recouvre pas quand on l'a perdue; on ne la proclame pas arbitrairement à cette tribune, on la mérite ou on ne la mérite pas, »

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