Dans les Méditations
2. L'elTct fut si grand sur la Chambre qu'elle vola une réduction de crédit signiHcative.
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LAMARTINE PAItLËMENTAIRË HT
toujours quand on prend pour base d'un i ment les analogies entre l'Orient et rOccidcnt, Quand un homme surgit en Occident, il est toujours plus ou moins le produit, l'expression du peuple qu'il gouverne; il y a rapport entre son siècle et lui. A mesure qu'il conquiert, il organise; à mesure qu'il crée, il consolide; il s'entoure d'institutions; en un mot, il fonde quelque chose qui doit durer après lui. En Orient, au contraire, comme il n'y a ni institutions, ni mœurs politiques, mais seulement un maître et des esclaves, un grand homme n'est qu'une grande individualilé, un phénomène, un météore qui brille un moment dans la nuit d'une barbarie monolone, qui fait de grandes choses avec la force des milliers de bras dont il dispose, mais qui n'élève nullement le .niveau de son peuple jusqu'à lui, qui ne fonde rien, ni dynastie solide, ni institutions, ni législation, et dont on pourrait dire, si l'on ne craignait de se servir d'une expression trop poétique, qu'en mourant il replie pour ainsi dire tout son génie après lui, comme il replie sa tente, laissant la place nue, aussi ravagée qu'avant lui... Notre empire arabe aurait tous les vices de l'empire ottoman , avec la légitimité de moins; il ne subsisterait pas un jour au delà de la terreur qui l'aurait fondé ! »
II expliquait et décrivait, en historien, la décadence de l'empire ottoman qu'il montrait fatale tout en marquant son terme comme trop prochain. « Tout peuple qui n'a pour principe d'existence qu'un dogme religieux est condamné à périr lorsque ce dogme s'affaiblit et s'éteint dans ses croyances. Le prince otioman, c'était le fanatisme. Son existence a été brillante, (oule-puissante, mais courte comme le fanatisme d'où
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elle procédait. » Il touchait du doigt la coolradiction intime de notre politique, défendant à la fois l'inlégrilé de l'Empire ottomajij avec IlADglêlÊ'X^i^''"'''* la~Ru'ssïe, et les__conquêles.de Mé hémet^AÏTT seule contre foute l'Europe. « Savez-vous ce que cela veut dîrê?Ccla-rent dire : dépensez l'or, le sang et le temps , de la France pour maintenir quoi? la Turquie d'Eu- ■ ropc et Constantinople sous la main de la Russie, la ; Turquie d'Asie sous le sabre d'Ibrahim et sous l'usurpation de Méhémet! Cela veut dire en d'autres termes: ' Faites la guerre à la Porte, à la Russie, pourquoi? ; pour maintenir l'asservissement de la Méditerranée f à l'Angleterre, pour que rien n'inquiète sa puissance ; et son monopole maritime; pour que Gibraltar, Malte, i Corfou, e( bientôt peut-être Candie et l'Egypte, reslenl f la propriété de l'Angleterre, et que l'Angleterre, mat- \ tresse des embouchures du Nil et de la mer Rouge, , possède seule et sans rivale toutes les grandes stations \de sa route des Indes, où vous aurez, vous, le plaisir le voir passer le monopole de l'univers ' ! »
Ses vues se complétaient par un plan de partage de la Turquie où il indiquait à ia France le rôle à jouer en lyrie et l'avantage d'une entente avec l'Autriche. Il y avait dans tout cela des rêves et des impatiences. Le remaniement de } 815 qu'il apercevait dans la question d'Orient a été obtenu par un tout autre système, en 1833. Mais sur la politique de M. Thiers, de M. Guizot et du roi, il voyait plus juste que les hommes d'État et les diplomates. Il sentait surtout le danger « d'agiter la guerre sur l'Europe », danger intérieur autant
1. Rappelons que Lamartine, une fois de plus bon prophète, annonçait et saluait de ses vœux le percement de l'isthme de Suez,
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qu'extérieur. Aussi, malgré son désir de prestige national el son goûl naturel du grand, la réaction pacifique qui fit tomber le ministère de M. Thiers à la suite de nos humiliations orientales, le compta-l-elle au nombre do ses chefs '.
II toucha presque au pouvoir, pendant les négocia- > lions d'où sortit le cabinet Soult-Guizot. On lui offrit \ -un portefeuille secondaire. Sa correspondance donne I bien la véritable note de son attitude en celte circon- V stance; il était trop dédaigneux des petites habiletés ,' pour se déguiser.
" Le ministère s'est retiré hier. Depuis ce moment ' je suis accablé de messages, et on me fait toutes les , offres possibles... Je ne crois pas que je me décide à • entrer dans un cabinet où la coalition s'apercevra^encore' (23 octobre 1840)... Guizot me répugne et me rcpou-sse. J'espère encore rester dehors. J'ai bien de la force dans le pajs, même à la Bourse, mais peu â TâXIianibre encore ^ J'ai répondu que j'étaisTTevciué à mon pays de toute mon individualité, mais pas jusqu'à l'anéantissement de moi-mfime; cl que l'occupation d'un petit cabinet où je n'aurais ni situation politique, ni direction poliliquc à contrc-balancer celle de M. Guizot, m'anéantirait aux yeux de mon parti et ne ferait plus de moi en quinze jours qu'une écoree d'homme d'État, sucée avant d'être mûre et bonne à rejeter à l'impopularité finale; que par conséquent non ; que si j'étais indispensable, j'étais prêt
1. Voir ses articles (réunis dans La France parlemenlaire) sur la Restauration des SU. A partir de I8i0, il inspire <io loin Le Bien public, journal bourguignon, et cherche un grand journal parisien.