‹ Notes d'art et de littérature: avec une notice biographiqueChapitre 71 sur 80 · juin ISii · texte numérisé non relu

juin ISii

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expliquait l'origine et l'a ce en tu a lion du mouvoment. Lamartine l'avait compris quand au début de sa carrière politique il entreprenait de fonder le parti social. Depuis ce jour, le rappel, au gouvernement, de son devoir envers les masses était revenu dans tous ses discours avec la monotonie voulue d'un delenda Cartkago. Aussi le côté généreux des théories socialistes semblait-il propre à le séduire; une adhésion môme vague eût pu le rendre populaire dans certains milieux. Il les repoussa nettement. Sa seule concession fut d'admettre le droit.au. favail « pour les cas extrêmes et dans des conditions définies "; concession qu'on eût voulu lui voirprëelseï*, un mot pouvant avoir en de telles matières de lointaines conséquences; lui-même devait l'apprendre en 1848. Mais à part cette résene, et malgré ses sévérités pour r « école anglaise et matérialiste » du pur laissezpasser, il reproduisait, dans une langue qui ne semblait point destinée à cet usage, les arguments classiques en faveur de la liberté du travail. « Le libre arbitre du travail dans le producteur, dans le consommateur, dans le salaire, dans l'ouvrier, est aussi sacré que le libre arbitre dans la conscience de l'homme; en touchant à l'un, on tue le mouvement; en touchant à l'autre, on tue la moralité. Les meilleurs gouvernements sont ceux qui n'y touchent pas. Chaque fois qu'on y a touché, une catastrophe industrielle a frappé à la fois les gouvernements, les capitalistes et les ouvriers. La loi qui les gouverne est invisible; du moment qu'on l'écrit, elle disparaît sous la main. — Cessons donc de chercher l'introuvable : cessons d'agiter ces idées vides devant les yeux et aux oreilles des masses! Ces idées ne sont si sonores que

parce qu'il n'y a rien dedans, si ce n>st du vent el des tempêtes. Elles crèveront dans toutes les mains qui voudront les presser... Ne faites pas semàlanl d'avoir un secret, quand vous n'avez qu'un problème... » II terminait en recommandant à l'État l'organisation de la charité des masses, par l'association, les caisses d'épargne, la colonisation agricole et l'institution \ anglaise de la taxe des pauvres.

. En 184», il parle de nouveau sur la con version d es jrentes (21 avril), sur l'armement 4es-forttfieetions de I Paris dont il étaii vraiment obsédé (7 mai 1843) : cette I dernière discussion faillit amener un duel entre ■ Lamartine et M. Thiers! Il disait à cette époque, raconte M, Alexandre ' : « Je suis indigné contre Thiers et Rémusat; je me ménage pour les combattre. Le ministère Guizol vaut mieux. » El il écrivait d'autre part : « Thiers n'est pas plus populaire ni plus fort que moi à la Chambre. (îuizot est abhorré, mais on se vend comme au marché sans cacher la I main qui donne ni qui reçoit... Moi j'ai beaucoup I d'estime, mais pas un adhérent. » Ses deux articles * ; [ Pourquoi M. de Lamartine csl seul? et Un principe et j point départis, donnaient à la même pensée l'abon- I dance et l'éloquence d'un plaidoyer directement porté devant l'opinion. Avec la brochure de 1831, ils sont parmi les témoignages, les plus dignes d'être retenus, de sa manière comme publiciste.

La question de la hberté d'enseignement, comme celle des rél'ormcs sociales, commençait à s'agiter sans que le gouvernement, malgré les convictions

personnelles de M. Guizot, sût la faire aboutir, entre les revendications du parti catholique naissant, les défiances de la majorité, et les haines do la gauche. On sait que les polémiques soulevées par le clergé se\ retournèrent contre les congrégations religieuses. ) Dans la session de 1843, M. Thiers demanda Tinter- 1 vention du gouvernement contre elles ; le futur inspirateur de la loi de 1850 marchait alors à la tOle des jalousies universitaires et des préjugés gallicans. Lamartine affronta la tribune : il y fut gfiné par ses souvenirs d'élève des jésuites, de poète catholiquÇj^ lorsqu'il toucha aux passions vives engagées dans le débat, mais, s'élevant vite aji principe, il^j-é clama la liberté des cnltcs avec toutes ses conséquences. Ce n'était pas la moindre originalîtiT de sa politique qu'une telle attitude à la fin du règne de Louis-Philippe : condamnant le concordat au nom de la tiberté, appelant la séparation dans l'intérêt de l'Église çoi)im& dans celui de FÊtat, maintenant les droits de celui-ci tout"èniui fai^am "entendre cet avertissement qui n'a pas perdu de sa valeur : " La persécution, sachez-le, est la popularité de la conscience. Ne la donnez pas à vos ennemis 1 «

Dans la session de 1846 {ma campagne (T Italie, disait- j il) ', il parla sur l'Adresse, à propos des affaires de la Syrie, où il voulait voir jouer à la France un rOle qu'elle a saisi plus tard, en 1860, puis quitté de nouveau; — sur la navigation de la Seine à la mer (4 mars), discussion technique dans laquelle il réussit à remuer la Chambre d'une émotion imprévue ; — sur l'Algérie (10 juin) : « J'ai parlé hier, écrivait-il le 11,

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