‹ Notes d'ethnographie musicale (volume 2)Chapitre 3 sur 8 · SE · texte numérisé non relu

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Keb ka be kaybongwaybekay, etc.

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Je trouve enfin le chant suivant dans un ouvrage, plutôt artistique que documentaire, mais dont il n'y a aucune raison de soupçonner le souci d'exactitude : c'est, dans la collection intitulée Wa-Wan (série de 1904\ sur laquelle je reviendrai par la suite, ce thème présenté comme chanson iroquoise, sous ce titre: The Warriors last Word.

24 Julien Tiersot, La Musique chez les peuples indigènes etc.

No. 21. Le dernier chant de guerrier, mélodie irociuoise [Wa-Wan, 1904).

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J'en ai fini maintenant avec les Indiens du nord.

Je n'ai pu malheureusement voir d'aussi près les autres, plus nombreux assurément, et qui, malgré la perte de leur nationalité, ont mieux su garder les mœurs et les traditions de leur passé national; mais, refoulés depuis longtemps loin des régions où la civilisation règne à présent en souveraine, ils se sont réfugiés dans les Etats du centre, du sud ou de l'ouest, par conséquent fort en dehors des limites de la zone que j eus à parcourir.

Mais s'il ne me fut pas donné d'entrer en contact immédiat avec eux, je ne fus pas pour cela privé de renseignements sur leur musique. Je savais devoir trouver dans les villes, centres intellectuels de lAméi'ique, des savants et des artistes qui, curieux de toutes les manifestations de l'esprit, s'étaient adonnés déjà à des recherches de même nature: je ne manquai pas de me tenir au courant de leurs études. Certaines sont importantes, — quelques unes si récentes que j'eus l'avantage d'en avoir les prémices: car je ne me bornai pas à des lectures d'ouvrages déjà publiés, mais j'en voulus interroger les auteurs, sachant bien que je recevrais une impression plus vivante des manifestations d'art avec lesquelles je cherchais à me familiariser si, à défaut de ceux- mêmes de qui elles émanent, je parvenais à me mettre en communication directe avec les observateurs qui, ayant vécu au milieu d eux, leur avaient arraché leurs plus intimes secrets.

Je ne fus pas déçu dans cette espérance. Partout j'ai reçu des personnes les mieux placées l'accueil le plus cordialement confraternel, et j'ai constaté leur désir sincère de seconder l'efiPort de l'étranger venu pour s'instruire sur les particularités de la vie américaine primitive et desii'eux de rapporter ses observations pour les faire connaître en Europe.

J'ai donc obtenu tous les renseignements que je pouvais souhaiter. Outre les explications qu'ils me donnèrent sur leurs recherches, les uns voulurent bien me chanter les chants indigènes qu'ils avaient recueillis, mettant dans leur interprétation le mouvement, l'accent, la vie, dont la transcription sur le papier ne peut jamais donner l'idée complète; d'autres me firent entendre des chants enregistrés sur le phonographe (car l'usage de cet instrument s'est beaucoup, et fort à propos, répandu en Amérique pour ces sortes d'enquêtes), de façon que je pus souvent croire que j'entendais chanter les Indiens eux-mêmes. J'adresse mes plus sincères remerciements à tous ceux qui m'ont ainsi, avec autant d'obligeance que d'autorité, prêté leurs lumières, et dont les noms seront cités tour à tour dans cette étude, — confondant, ainsi qu'il convient, ceux qui l'ont été déjà, dans la même expression de ma reconnaissance.

A New-York, je me suis adressé principalement à M. Krehbiel, au Docteur Boas, et à Miss Natalie Curtis.

J'ai déjà mentionné le premier et fait usage de quelques-unes de ses communications; j'aurai à y revenir plus longuement lorsque j'aborderai la

Julien Tiersot. La Musique chez les peuples indigènes etc.

question de la musique des nègres, dont il s'est occupé avec un souci tout particulier.

Le Docteur Franz Boas, professeur à la Colombia University, conservateur de l'American Muséum of Natural History de New-York, vice-président de l'American Authropological Association, un des fondateurs du Journal of American Folk-Lore, organe de l'American Folk-Lore Society, est un des maîtres de la science anthropologique en Amérique. Bien que la musique ne soit pas l'objet spécial de ses préoccupations, il a su lui faire dans ses écrits la place qui lui revient dans une étude générale.

La plus importante contribution qu il ait fournie à cet égard est celle que contient son livre: The Social Organization and the Secret Societies of the Kivakiutl Indians, fruit d'observations directes et approfondies sur une tribu indienne de l'île de Vancouver. Il en décrit les mœurs, retrace les fêtes religieuses ou populaires, insistant surtout sur la célébration de la fête de 1 hiver, avec ses cérémonies symboliques et secrètes, dans les clairières des forêts : malgi-é leur secret, il en donne des représentations par la photographie; mieux encore, à notre point de vue, il en note les chants: la dernière partie du volume en contient un bon nombre. Nous ne saurions négliger de tirer parti d'une si précieuse source de renseignements, grâce à laquelle il nous est permis de connaître les formes musicales familières à un peuple sauvage vivant dans une île du Grand Océan Pacifique. Nous allons donc reproduire quelques uns de ces chants, dont nous devons la notation à 1 activité éclaire du Dr. Boas, aidé parfois par un spécialiste de la musique indienne, J. C. Fillmore, dont par la suite nous retrouverons le nom associé à d'autres travaux.

Commençons par un thème de danse rattaché à une tradition populaire qu'il serait trop long de rapporter ici: il nous suffira d'en extraire cette mélodie, nette et bien formée, et qui donne une idée favorable du chant populaire dans ces contrées. Le tambour frappe régulièrement le troisième temps (croche) de chaque mesure.

No. 22. Chanson de danse des Indiens Kwakiutl (Dr. Boas) Animé.

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Lep ha ne dâ yu wâ hî

yi ya Lep ha ne

yu wâ hâ

hâ yi â hâ

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ya!

Lep ha le dat quas wâ g'il mas k'uts ku - gu-

Voici maintenant quelques spécimens des chants consacrés aux fêtes de l'hiver, dont le rit vraiment liturgique se déroule à travers des épisodes multiples.

Julien Tiersot, La Musique chez les peuples indigènes etc.

Tout d'abord, une «danse ronde» dont les évolutions ont pour objet d'évoquer le grand Esprit. Sous le chant à trois temps, le tambour bat quatre coups égaux par mesure.

No. 23. Danse ronde (même provenance).

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Na - nu - elx' et - gyi - la he ho ye ya

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elx' et - gyi - la

ha a hew-ux e lai

ye

he - gyil

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se qoa - its- tan

hai ai he qoa ye la he i ye.

Cet autre chant en style lié , où les mesures à quatre et à cinq temps s'entremêlent régulièrement, sert à accompagner une danse nuptiale, dont le cérémonial s'accomplit dans la nuit. Les deux formules mélodiques se répètent en alternant à l'infini.

Modéré.

No. 24. Danse nuptiale (même provenance).

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