‹ Notes d'ethnographie musicale (volume 2)Chapitre 4 sur 8 · EE · texte numérisé non relu

EE

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ai ai ai ai

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ai - a, etc.

La formule mélodique qui va suivre est l'accompagnement de la Danse du loi(jp. Son allure, plus déclamatoire que dansante, est précisée par l'accompagnement des instruments à percussion qui, dans la phrase initiale et finale, marquent régulièrement les trois temps, se taisant pendant le chant du milieu.

No. 25 . Danse du loup (même provenance). Assez animé.

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Julien Tiersot, La Musique chez les peuples indigènes etc.

Terminons ces citations empruntées au Dr. Boas en reproduisant une formule d'incantation qui, si l'on en juge par la description de la céi-émonie, doit, à l'audition, plutôt ressembler à une vocifération qu'à un chant. Entonnée au plus fort de l'émotion produite par l'évocation de l'Esprit, elle réunit les voix et accompagne la danse de tout le peuple , se répétant à plusieurs reprises successives.

No. 26. Danse pour l'évocation de l'Esprit même provenance). Animé.

glissando Wo

kyas

ai kyas

Gliss.

ai - ky - as

Un autre ouvrage du docteur Boas — explorateur du continent américain jusqu'à ses plus extrêmes limites septentrionales — est intitulé The Central Eskimo^ et renferme une vingtaine de mélodies des contrées polaires. Nous sortirions des limites qui nous sont assignées si nous suivions là notre guide aventureux , quelque sûre que puisse être sa direction : nous l'y abandonnerons donc, et resterons pour quelques instants encore à New-York, qui n'a pas épuisé pour nous les renseignements sur les Indiens et leur musique.

H ne m'a pas été donné d'entrer en relations avec le Dr. Cari Lumholtz, l'un des conservateurs de l' American Muséum of Natural History, semblablement renommé par ses travaux d'ethnographie. A vrai dire, de par leurs sujets mêmes, ses ouvrages, dont je n'ai point à redire ici les hauts mérites, ne le désignaient pas particulièrement à ma recherche, car c'est surtout à l'Océanie qu'il a consacré ses écrits, et le seul qu'il ait consacré à l'Amérique concerne le Mexique, pays situé en dehors de mon cadre.

En revanche, j'ai trouvé les lumières les plus précieuses chez l'auteur qui, entré le plus récemment dans le domaine de la musique indienne, est peut-être celui qui, du premier coup, y a pénétré le plus avant. C est une jeune fille de New-York, miss Natalie Curtis.

Au moment où j'étais en Amérique, miss Curtis ne s'était encore fait connaître au public que par un petit recueil de trois chants harmonisés: SoJigs of aneient America , three Puehlo Indian Corn-grinding Songs from Lagnna, Neiv Mexico. Mais elle préparait un ouvrage bien plus considérable: The Indians Book, qui, publié depuis mon retour, a enrichi la connaissance de la musique des Indiens d'une de ses plus notables contributions.

Miss Curtis, qu'une forte éducation musicale a familiarisée avec la pratique de l'art moderne le plus avancé, ayant dû, pour des raisons de santé, faire un séjour dans les contrées du sud-ouest (Colorado, Arizona, Nouveau-

28 Julien Tiersot, La Musique chez les peuples indigènes etc.

Mexique), s'éprit de l'art fruste et primitif des peuples indigènes dans le voisinage desquels les hasards de la vie l'avaient conduite. Avec une activité inlassable, en même temps qu'une grande sympathie pour ces vaincus dont la condition est si digne de pitié, elle entreprit d'observer attentivement et patiemment les particularités de cet art, et de les faire connaître au public par une compendieuse étude. Les notes prises au cours de cette enquête sont devenues la matière documentaire de son grand ouvrage. Elle m'a fait la faveur de me le faire connaître à l'avance. Mieux encore: en parcourant ensemble les chants qu'elle avait notés, elle voulait bien parfois me les chanter tels qu'elle les avait entendus aux indigènes, reproduisant, avec un extrême souci de fidélité, les mouvements, l'accent, et toutes les nuances de leur interprétation, — non peut-être sans y ajouter quelque chose de personnel, qui, facile à distinguer, ne faisait qu'accroître l'intérêt de l'audition en en rendant la signification plus pénétrante.

Les peuples dont elle a ainsi recueilli la musique sont, d'après son dire, des sauvages d'une culture vraiment supérieure. Tempéraments méridionaux, ils semblent être doués d'un génie plus affiné que les autres indigènes de l'Amérique. Leurs voix sont belles, et leur chant a moins de dureté que celui des Indiens du nord; leurs formes lyriques mêmes ont plus d'ampleur. Le chant est mêlé chez eux à toutes les manifestations de la vie : ils ont d'abord, comme tous les Indiens, les chants de cérémonies, plus rituels que populaires, les chants religieux, chants d'actions de grâces après les récoltes, puis les chants épiques, les chants de danse, et encore des chants d'amour, dont le caractère est volontiers empreint d'une certaine religiosité, des berceuses, des chansons de travail, etc.

Miss Curtis enfin a eu la bonté de me communiquer deux chants pris parmi les plus importants de son recueil inédit, en me permettant (sous les réserves d'usage quant au droit de propriété) de les comprendre dans l'ensemble de mon propre travail. Elle y a joint un commentaire également extrait de son livre. Je ne puis mieux faire que de reproduire textuellement l'un et l'autre de ces documents.

Chansons Indiennes

Tirées de

*The Indians Book*

par Natalie Curtis

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