‹ Notes d'un cathéchiste ou Court commentaire littéral sur le caté chisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa [microforme]Chapitre 185 sur 348 · Q.—Pourquoi le prêtre impose-t-il une pénitence · texte numérisé non relu

Q.—Pourquoi le prêtre impose-t-il une pénitence

après la confession ?

Le prêtre impose une pénitence après la confession. Cette pénitence s'appelle satisfaction sacramentelle.

Cette satisfaction est Ze troisième des actes du pénitent, qui servent comme de malière au sacrement de Pénitence. Par conséquent, ceux qui, en se confess int, ne sont pas dans la résolution de satisfaire convenablement à Deu el au prochain sont indignes d’absolution ; et s’ils la recoivent, ils font un sacrilège. Autrefois, avant d'absoudre les pénilents, on exigeait d'eux qu’ils eussent réparé, autant qu'il était en leur pouvoir, l'injure faite à Dieu ou le tort causé au prochain. Aujourd’hui, l'Eglise permet d'absoudre quiconque accepte el promet sincèrement de donner satisfaction.

comme satisfaction. Satisfaction signifie faire assez.

La pénitence sacramenlelle fait partie intégrante du sacrement de Pénitencs, et est la plus indispensable des satisfactions; de sorte que le pénitent doit accepter humbl:ment celle que le prêtre lui impose, bien persuadé quelle est inférieure à la peine méritée par ses péchés. Il doit ensuite l’accomplir exactement, le plus tôt possible; car ometltre une partie notable ou différer longtemps l'accomphissement d’une pénitence grave pourrait être péché morte!

pour la peine temporelle due au péché... Tout péché nous rend. débiteurs envers Dieu.

La delte, contractée par le péché mortel, est éternelle et insolvable; par la réception du sacrement de Pénitence, la dette est commuée, réduite à n'être que temporaire, durant un temps plus ou moins long, Or, la pénitence sacramentelle a pour but de réduir”: encore

cette dette par une application spéciale des satisfactions de Jésus-

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Christ; de sorte que la pénitence imposée par le prêtre a beaucoup plus de valeur pour expier le péché que si on faisait à son choix la même œuvre satisfactoire.— Ce qui vient d’êire dit s'applique, proportion gardée, aux péchés vénieis,

et comme moyen de détourner le pénitent de le commettre de nouveau : car la pénitence est médicinale.

On appells pénitence affliclive ou vindicative, celle qui venge Dieu et punit le pécheur; et pénitence médicinale, celle qui prémunit le pénitent contre de nouvelles chutes. Or, parmi les pénitences médicinales, les unes sont générales, d’autres sont particulières.

Par pénilences générales, on enteud celles qui peuvent convenir à toutes les personnes : la dévotion au Saint Sacrement, à la Sainte Vierge, à l’Ange gardien, au saint patron; la pensée de la présence de Dieu, le souvenir des fins dernières, l'examen de conscience, la fréquentation des sacremenis, la prière, etc.

Par pénilences parliculières, on entend celles qui sont plus propres à gu‘rir certaines maladies spirituelles, d’après le principe que les conlraires se guérissent par les contraires : l’orgueil par des actes d’hum lité, l'avarice par des aumônes, la luxure par des mortifications dans le boire et le manger, etc.

A... Pénitence requise ? Satisfaction nécessaire ? Dette ? Médecine ?

Un grand pécheur s2 confessait un jour avec larmes de ses fautes ; quand il eut fini son accusation, il dit au prêtre : ‘“ Père, pensezvous que le bon Dieu me pardonnera lant de crimes ? 4 Asssurément, il est infiniment miséricordieux ; c’est pour nous que Notre- Seigneur a souffert et est mort.”—1 Mais, dit-il, puisque Jésus- Christ a tant souffert, n'est-il pas juste que je souffre aussi moimême pour mes propres péchés? Donnez-moi une pénitence proportionnée à mes fautes !”” Le prêtre, touché de voir de si bonnes dispositions, lui imposa seulement que'q es prières ; mais ce vrai p'nilent ne cessa plus pendant toute sa vie de s’infliger de rudes pénitences volontaires.

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Espèces de péuitences

Question

Vrai pénitent

Poine éternelle

Remise partielle

Justice divine

Question

Religion commode

234. Q.—Le sacrement de Péanitence remet il toutes les peines dues au péché ?

Le sacrement de Pénitence remet toujours la peine éternelle due au péché, la peine éternelle de l'enfer.

La grâce sanctifiante, étant rendue à l'âme, produit l'union avec Dieu et par cela même remet toujours la peine éternelle de l'enfer.

mais il ne remet pas toujours la peine temporelle ; il en remet ordinairement une partie,

“ La confession, dit saint Thomas, diminue la peine à subir en vertu de son acte même, qui n'est pas sans causer une cerlaine honte ; aussi, plus on réitère l'accusation de ses péchés, plus la pein ? temporelle diminue.”

De plus, comme sacrement, la Pénitence étant l'exercice du pouvoir des clefs diminue singulièrement cette dette temporelle, et quelquefois peut l’éteindre complètement si le sacrement est reçu avec d'excellentes dispositions; il faut aussi tenir grand compte de la perfection de l'œuvre imposée par le prêtre et de la mauière «ont elie est accomplie par le pénitent.

«“ Si quelqu'un dit que foule la peine est {oujours remise par Dieu, en même temps que la coulpe, qu’il soit anathème.” Conc. Trid.

que Dieu exige comme satisfaction pour nos péchés. Dieu exige une satisfaction plus ou moins grande, selon la gravité et le nombre des péchés,

La Justice divine exige qu’il y ait proportion entre la culpabilité et l'expialion ; eile exige encore que celui qui à abusé davantage de la grâce et qui a péché avec plus de connaissance et de malice soit traité avec moins d’indulgence que celui qui a péché avec plus d’ignorance et n'a pas profané le temple du Saint-Esprit. Telle est ia raison que donne le concile de Trente pour expliquer la différence des effets du Baptême et de la Pénitence.

A... Peine éternelle ? Peine temporelle ? Leur rémission ?

Le Protestantisme, qui est la religion commode, ou la religion de ceux qui ne croient presque plus à rien de surnalurel, s'est acharné à démolir tous les dogmes catholiques, surtout ceux qui gènent la niture ; naturellement il a attaqué la confession, et pour la mème

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235. Q.—Pourquoi Dieu exige-t-il une peine temporelle comme satisfaction pour nos péchés ?

Dieu exige une peine temporelle comme satisfaction pour le péché, pour des raisons très sages.

La sagesse consiste à prendre les meilleurs moyens pour atteindre une fin ; Dieu, qui est infin ment sage, emploie simultanément la miséricorde et la sévérité pour conduire l’homme à sa fin dernière. Il est un Père bon, mais pas faible, qui est obligé de châtier ses enfants indociles parce qu'il les aime; à ceux qui ne sont pas assez captivés par ses tendresses, il montre les verges.

Pourquoi donc Adam et Eve, justifiés par leur repentir, eurent-ils cependant à expier leur faute par une longue vie de labeurs et enfin par la mort? Pourquoi Moïse el Aaron furent-ils exclus de la terre promise ? Pourquoi David, dont le péché avait été pourtant pardonné, eut-il tant d'épreuves à supporter ? Pourquoi surtout, Jésus-Christ, qui aurait pu racheter le monde entier par une seule vouite de sang, a-t-il enduré d:s souffrances si atroces e‘ est-il mort d’une manière si horrible ? N'avez-vous pas honte, faux chrétiens, qui êtes chargés de crimes, de ne vouloir pas seulement toucher du bout du doigt la pénitence, et de dire au Sauveur: À vous la peine ! À nous les plaisirs 4

afin de nous faire comprendre la grande malice du péché. Voir la question 95.

et nous empêcher d’y retomber. ‘‘ Afin que l’impunité ne rende pas l’hoinme plus méchant” S. Chrys.

Telle est du reste la volonté de Dieu, que nos propr-s satisfactions soient un moyen par lequel les satisfactions infinies de Jésus- Christ nous seront appliquées, — Et le concil: d+ Trente dit: “Si quelqu'un dit que la coulps et la peine du pécheur repentant sont remises, après qu'il a reçu la grâce de la justification, r'e telle sorte qu’il ne lui reste plus de peine temporel.e à subir ni en ce monde nien l’autre, avant d'entrer dans le royaume des cieux, qu'il soit anathème.”

Sagesse divine

Faits bibliques

Leçon préventive

Question A... Sagesse de Dieu ? Ecriture ? Notre-Seigneur ? Tradition ?

Pénitences Autrefois, chers enfants, l'Eglise, toujours guidée par l'Esprit-

publiques Saint dans sa discipline générale, avait établi pour certains péchés publics des pénilences publiques, qui nous font bien comprendre la malice du péché.

11 y avait quatre catégories de pénitents publics :

Degrés Les pleuranis se tenaient, aux heures des offices, sous le porche ds l'église, dans laquelle ils ne pouvaient entrer, et demandaient à genoux el en gémissant des prières à ceux qui passaient.

Les écoulants se tenzient debout aux portes de l'église et en étaient chassés après la lecture de l'Ecriture et l'instruction,

Les proslernés étaient à genoux, le front incliné vers la terre : leur place était depuis les portes jusqu'à l'ambon ; 1ls devaient sortir à l’offertoire.

Les consislants se tenaient entre l’ambon et le sanctuaire ; ils pouvaient assister entièrement aux saints mystères, mais ils étaient privés de la communion.

Durée Les pécheurs scandaleux passaient successivement par ces divers

Hoi degrés de pénitence, et y demeuraient plus ou moins longtemps selon la gravité de leur péché. C'est ainsi que saint Ambroise chassa de l’église de Milan l’empereur Théodose, et le soumit pendant huit mois à la pénitence publique, pour avoir dévasté la ville de Thessalonique.

Les anciens canons prescrivaient 7 ans de pénitence pour un

adultère, 3 ans pour une injure à l'égard de ses parents, ë ans la

pour avoir consulté des sorciers, 20 ans pour un homicide, 5 ans de

pour le faux témoignage, etc. #

Sens Quelquefois ces pénitences ne duraient que pendant quelques

deccrtaines jours, d'autres fois pendant un ou plusieurs carêmes, qu’on appelait re

quaranlaines ; de là est venue l'expression : ‘ Accorder une indul-

gence de tant de jours, de tant de quaranlaines, de tant d'années.”

si l'Eglise a diminus ses rigueurs, c’est par miséricorde, preférant, ‘

comme dit Gerson, exposer ies âmes à rester plus longtemps au 1 et

Purgatoire que les faire tomber en enfer, par une rigueur qui les not

éloignerait de la Pénitence.

Tradition ?

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236. Q.—Par quels moyens pouvons-nous satisfaire à Dieu pour la peine temporelle due au péché ?

Nous pouvons satisfaire à Dieu Pour la peine tempo- sisrction relle due au péché. C'est de foi que nous pouvons extra

‘ . : sacramensatisfaire à Dieu, même par des pénitences extra sacra- "Yu" mentelles.

“Si quelqu'un dit que Pour la peine temporelle, due aux péchés, on ne Satisfait point du tout à Dieu par les mérites de Jésus-Christ, par les peines infligées par Dieu et supportées patiemment, ni par celles qui ont été imposées par le prélre, ni même par celles qu'on s'impose spontanément comm® les jeûnes, les oraisons, les aumones ou les autres œuvres de piété, qu'il soit anathème, ”

Toutefois, nos œuvres satisfactoires, pus ou moins pénales, n’ont une valeur réelle qu'autant qu'elles sont unies aux œuvres satisfactoires de Jésus-Christ ; elles empruntent à cette union une sorte d'infinité suffisante pour une digne satisfaction.

principalement par la prière. “ qui consacre à Dieu Moyens . … ) au tous les biens de notre ame.” S, Thomas. Lo

par le jeûne. “ privation dans {es biens du corps.” par les aumônes.… “ privation dans Ceux de la fortune.”

‘“ Cette triple satisfaction, dit l’angélique Docteur, Sauvegarde la vertu pour l'avenir : elle a pour effet de tarir la Concupiscence

de la chair, la Concupiscence des yeux et l’orgueil de Ja vie, les trois principales sources du péché.”

par les œuvres de miséricorde Spirituelle et temporelle, qui se rattachent à l’'aumône.

par la patience à Supporter les maux de la vie.

“ Lorsque les maux que Dieu inflige à nos péchés sont acceptés et reçus de nous avec patience, ils deviennent un bien que nous NOUS approprions, el nous nous en faisons autant de m lacloires. Mais si nous les repoussons avec impalience

Acceptation des maux

)Yens salis- , ils ne sont On, ils res-

point à nous : et au lieu de se transformer en satisfacti tent de purs châtiments.” S. Thomas.

l'énitence sacriumentelle

Question

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