‹ Notes d'un cathéchiste ou Court commentaire littéral sur le caté chisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa [microforme]Chapitre 201 sur 348 · FINS POUR LESQU..LES LA SAINTE EUCHARISTIE A ÉTÉ INSTITUSE · texte numérisé non relu

FINS POUR LESQU..LES LA SAINTE EUCHARISTIE A ÉTÉ INSTITUSE

Dans le chapitre précédent, nous avons envisagé l'Eucharistie comme sacrement permanent ; dans ce chapitre, nous l’examinerons surtout en tant que communion ; dans le chapitre suivant, nous traiterons de l’Eucharistie comme sacrifice de la Loi nouvelle,

Demandez à Notre-Seigneur la grâce de parler avec onction du

plus touchant de ses bienfaits.

Bien chers enfanis,

La sainte communion, dont aous allons parler, est un des sujets qui doivent le plus vous plaire, puisqu'elle nous procure la faveur de recevoir et de posséder véritablement en nous Notre-Seigneur Jésus-Christ ; toutefois, il importe beaucoup de connaitre la manière de bien comraunier.—C'est ce que nous allons apprendre, après que nous aurons expliqué une question prélininaire sur les Fins de l'Eucharistie.

268. Q.-— Pourquoi Jésus-Christ a t-il institué la sainte Eucharistie ?

Jésus-Christ a institué la sainte Eucharistie, en tant que coramunion pour {rois raisons principales.

Par sc présence permanente dans nos tahernacles, Jésus-Christ s’est constitué le c ympagnon de notre voyage et l’ami que nous devons aller souvent visiler ; par le sacrifice de la messe, Jesus- Christ glorifie D.eu et se fait la victime de propitiation pour nos péchés ; par la communion, Jésus-Cürist s’unit à nous comme une nourrilure, dont nous allons étudier les divins effets.

ÿ° Pour nous unir à lui. Uair signifie joindre ensemble.

Le mot communier signifie prècisément s'unir avec Jésus-Chrisi, de manière à ne faire qu’un avec lui. ‘ Celui qui mange ma (har et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui.” Joan. vi, 51: La communion est une sorte d’Incarnation, dans laquelle Jesus- Christ s’unit à l’homme, non pas hypostatiquement, mais d'une

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s'unissent à sa propre chair, l’a rendue vivifiante. Il convenait donc qu'il s’unit à nos corps d’une manière admirable par sa [hair sacrée et son Sang précieux, qu’il nous donne sous les espèces du pain et du vin.”

“Le Verbe de Dieu, dit saint Cyrille, en

et nous témoigner son amour ou son amitié,

L'amilié, ou union de deux amis, est un amour mutuel et gratuit que se manifestent entre elles les personnes qui se veulent du Lien et qui cherchent à s’en faire l’une à l’autre. — Deux amis aiment à vivre ensemble, craignent de se séparer ; ils se communiquent réciproquement tout ce qu’ils possèdent ; l’un voudrait donner plus que l’autre; ils cherchent à se vaincre en générosité ; s'ils pouvaient, ils se donneraient l’un à l’autre, ils s'incorporeraient l'un en l’autre.

Ce que l’homme ne peut faire, Jésus-Christ l’a fait ; pour nous témoigner so amour, il s’incorpore à nous, il se fait manger par ses amis, afin qu’il soit uni à eux, qu'il s’assimile à eux, comme la nourriture est assimilée par l'organisme h: main et en entretient la vie.—Que ne per! l’amitié, conduite par l’amour !

2° pour augmenter en nous la grâce sanctifiante.

L'Eucharisiie n’a pas été instituée en vue de rendre la vie spirituelle à une âme morte par le péché, comme le pain et ie vin ne sont pas destinés à rendre la vie à un corps mort. — Elle est un sacrement des vivants, et elle augmente d’une manière admirable la grâce habituelle, surtout dans les âmes f:rventes.—C'est de tous les sacrements celui qui provoque le plus notre âme à un retour d'amitié envers Jésus-Christ, qui réclame notre amour : ‘* Mon fils, donnez-moi votre cœur.”

et nous fortifier contre le mal : grâce sacramentelle.

Elle affaibht er nous les mauvaises inclinatio::3 ; car tout ce qui augmente en r ,s la puissance de la grâce diminue d’autant la force de nos penchants vers le mal.

‘Tout ce que la nourriture et le breuvage font pour la vie du «tps, l’Eucharistie le fait pour notre âme elle la soutient, l'actroit, ia répare et lui donne la joie du cœur.” S, Thomas, “Ceït ici, s'écriait saint Augustin, le pain de la vie éternelle, ke

Amitié et ses effets

Sacrement des vivauts

Gràce sacranlentelle

Gage de

résurrection

pain qui soulient la subslance de notre âme.” — Aussi Notre- Seigneur disait-il : “ Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment ua breuvage‘” Joan. vi, 56.

‘ L'Eucharistie, dit Innocent III, efface les péchés véniels et prévient les péchés mortels.”’—La communion en effet nous excite aux actes de charité, la plus grande des vertus, et les actes de charité effacent les péchés véniels. — De plus, elle préserve du péché, d’une double manière : par suite de l’union spéciale que nous contractons avec Jésus-Christ, la sainteté même ; et parce qu'elle est le signe de la Passion du Sauveur, qui a vaincu les esprits de malice; de là, ces paroles de saint Chrysostôme : ‘“ Nous sortons de la table sainte, terribles pour le démon, comme des lions qui vomissent la flamme.”

3° pour nous donner un gage de la vie éternelle. Un gage est un dépôt, une arrhe servant de garantie,

Ecoutez Notre-Seigneur disant : “ Travaillez, non pour une nourriture qui périt, mais pour une autre qui demeure et donne la vie élernelle..Je suis le pain de vie...Je suis le pain vivant descendu du ciel ; celui qui mangera de ce pain vivra élernellemen, car le pain que je donnerai est ma chair pour la vie du monde.” Joan vi.—Il s’agit évidemment de la vie de la grâce, que l'Eucharistie communique aux âmes, laquelle grâce est un gage infaillible de la vie de la gloire éternelle,

Notre-Seigneur va plus loin, en déclarant que l’Eucharistie sera un gage, non seulement de la vie spirituelle de l’âme, mais aussi de la glorieuse résurrection du corps.

et d’une résurrection glorieuse, à la fin du monde,

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressuscilerai au dernier jour.” Joan, vi, 55.—Tous les honmes ressusciteront il est vrai, dit saint Paul, mais ils ne seront pas tous changés (1 Cor. xv, 51), c'est-à-dire lorifiés. Ceux-là ne seront pas glorifiés, qui n'auront pas la vie de la grâce.

Mais, disent les protestants, la foi suffit pour avoir la vie éternelle et ressusciter au dernier jour ? Oui, si on enteni par la foi le principe et le fondement de Ja vie chrétienne : car pour commu, nier fructuer sment, il faut d’abord avoir la foi, Mais lisez et mé-

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dilez ces paroles de Notre-Seigneur : ‘ En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez lu chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.”

Ceux qui, connaissant celte nourriture d’immortalité, l'aurout d'daignée, ne participeront pas à la résurrection glorieuse.

Aie Fins de la communion ? Union ? Amitié ? Grâce ? B...... Grâce sacramentelle ? Gage de résurrection glorieuse ?

Lorsqu'un malade, chers enfants, est en danger de mort, on lui apporte la sainte communion en vialique afin que, ayant reçu le sacrement de vie qui lui donnera la force de franchir sans crainte le pont de ce monde à l'éternité, il puisse bientôt se lever vivant et glorieux au grand jour de la résurrection.

Aimons Notre-Seigneur comme notre meilleur ami.

269. Q.—Comment sommes-nous unis à Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie ?

Nous sommes unis à Jésus-Christ. Pour s’unir à Jésus-Christ, il faut s’en rapprocher.

Jésus-Christ dans l’Eucharistie s’est réduit à limmobilité, ou plutôt il suit le mouvement des espèces sacramenteiles. Du fond de ses tabernacles, il semble dire au monde : “ Venez à moi, vous tous qui travaillez et qui souffrez, et je vous soulagerai.” Math. xt, 28.—T1 à un grand désir de s’unir aux hommes, de se donner à eux, de leur témoigner son amitié. ‘ J’ai désiré d’un grand désir de manger celte pâque avec vous ”, disait-il aux Apôtres.

Nous répondons à cet ardent désir de Notre-Seigneur, quand nous nous unissons à lui par la sainte communion.

par le moyen de la Sainte Communion. Communion signifie union avec Jésus-Christ.

Peut-on concevoir une unior lus réelle, plus complète que celle qui résulte de l’assimilation de la nourriture que nous prenons à notre propre substance ? Non, c’est la plus intime de toutes celles qui existent dans l’ordre naturel. C’est pourquoi, Notre-Seigneur dans sa sagesse a choisi cette union com'ae le modèle le plus res- Smblant de l'union qu'il veut réaliser avec nous, au point de se

Questions

Le viatique

Pratique

Désir

Jésus-Christ

L'uvion la plus intime

Question

Réflexion

Pratique

Communier

L'espèce

du pain

Pas l'espèce du vin

Raisons

transformer en nous, ou plulôl de nous transformer en Lui, de nous rendre participants de sa vie divine sur la terre et pius tard de sa gloire au ciel.

A... Désir de Notre-Seigneur ? La plus intime des unions?

Vous comprenez maintenant, chers enfants, pourquoi on donne quelquefois à l’Eucharistie le nom de Sainte Table, de Pain des Anges, de Manne céleste, de Pain des enfanis de Dieu.

Approchez-vous toujours humblement de la Sainte Table,

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270,-Q. Qu'est-ce que communier ?

Communier, c’est s'unir avec Jésus-Christ

Saint Cyrille essaie d'expliquer cette union si intime par une comparaison : ‘“ Lorsqu'on fond ensemble deux morceaux de cire, | on n’en fait qu’un seul tout; de même par la participation au corps de Jésus-Christ et à son sang précieux, il est en nous et nous sommes en lui. L’âme fidèle devient semblable à l’âme de Jésus-Christ ; le corps du chrétien est comme le corps de J.-C.

c’est recevoir le corps et le sang de Jésus-Christ. /! suffit de recevoir Notre-Seigneur sous l’es,ece du pain.

Le prêtre seul, et encore seulement quand il a célébré la messe, communie sous les deux espèces. 2 lé doil, parce que c'est sous cette forme que le sacrifice de la messe a été institué par Jésus- Christ, afin de reproduire le sacrifice du Cénacle et du Calvaire. :

Mais les fidèles, quoiqu’en disent les protestants, ne sont pas tenus à communier sous les deux espèces; car Jésus-Christ es vivant et présent tout entier sous chaque espèce.

Durant les premiers siècles de l'Eglise, les Martyrs et les prisonniers, qui se communiaient eux-mêmes ou à qui l’on faisait parvenir le Pain des forts, ne communiaient que sous l'espèce du pain ; il en était de même pour la communion des malades, dans beaucoup de pays, la pratique de la communion sous les deux espèces n’a jamais été usitée.

Enin, dep. 3 le XIIIe siècle, l'usage a prévalu de ne pas communier les fidèles sous l’espèce du vin; et cet usage, l'Eglise latine l’a renuu obligatoire pour les raisons suivantes : 1° pour affirmer

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le dogme de la présence réelle et entière de Jésus-Cbrist sous chacune des espèces ; 2° à cause du duswger des profanations et de laisser tomber par terre le précieux Sang; 3° à cause de la difficulté de conserver l'espèce du vin ; 4° à cause de la répugnance de c2rtaines personnes pour le vin ; 5° à cause de la rareté du vin dans certains pays.

Le concile de Trente a définitivement tranché la question.

Communion? Communion sous une seule espèce ? Raisons ?

Pendant les persécutions, l’Eucharistie fut toujours la force des martyrs; On se servait quelquefois du ministère des enfants pour la faire parvenir aux chrétiens en prison. Un enfant, du nom de Tharcisius, fut un jour soupçonné par des soldats, qui l’arrêtèrent, se saisirent de lui el voulurent savoir ce qu’il portait sur sa poitrine. Il résista jusqu’à la mort; mais lorsque les bourreaux fouillèrent le jeune martyr, ils ne trouvèrent point le Pain des forts qu'ils voulaient profaner : tout avait disparu.—Le corps de saint Tharcisius fut inhumé dans le cimetière de Saint-Calixte et plus tard déposé dans l'église de Saint-Sylvestre, où le pape saint Damase lui fit cette inscription :

Tharcisius enfant portait l'Eucharistie,

Les païens y voulaient jeter un œil impie ;

Il aima mieux mourir, sous leurs coups déchiré, Que de livrer du Christ le Corps si vénéré,

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