SACRIFICE DE
280, Q.—Qu'est-ce qu'un sacrifice ?
Un sacrifice est l’offrande... (0ffrande désigne une chose offerte ou présentée x quelqu'un.
Nous avons trois sortes de biens: les biens de l’âme, que nous offrons dans le sacrifice intérieur par la dévotion et la prière ; les biens du corps, que nous offrons par le martyre, par l’abstinence et par la chasteté ; les biens extérieurs, que nous offrons médiatement par l’aumône et immédiatement par le sacrifice.
extérieure d’un objet. La matière du sacrifice proprement dit doit être extérieure ou sensible.
Il ne s’agit donc pas ici de l’oblation des choses purement intérieures et invisibles ; car dit saint Thomas, la raison nous prescrit de témoigner à Dieu notre respect et notre soumission d’une manière conforme à notre nature. Or l’homme est ainsi fait que, pour manifester les sentiments de son âme, il a besoin de signes extérieurs. [I doit conséquemment se servir de certaines chos°s extériéures pour exprimer, en les offrant à Dieu, sa dépendance et sa vénération ; ainsi le vassal reconnait par des offrandes le domaine de son seigneur, ‘ Voilà le sacrifice dans sa nature première: il dérive du droit naturel.”
faite à Dieu seul, parce qu’il est l'Etre supréme.
“Le sacrifice extérieur est le symbole du sacrifice spirituel par lequel une âme s’offre elle-même intérieurement à Dieu. Or, dans le sacrifice, nous nous offrons à Dieu comme au principe de notre création et au bien final qui nous béatifie, Ce sacrifice de nousmèmes ne devant être offert qu'au Dieu suprême, nous ne devons aussi offrir qu’à lui les sacrifices extérieurs qui en sont l’expression sensible.” S, Thomas.
par un prêtre, ou un ministre légitime, député par la société et agréé par Dieu.
Le sacrifice étant un acte public et le plus excellent de la religion, il doit être offert par des hommes choisis à cet effet.—Tous les peuples ont eu des sacrilices, et tous ont ex des prêtres pour les
offrir ; car un sacrifice implique nécessairement trois choses, une offrande, un autel et un pontife pour sacrifier.
Offrande
Objet extérieur
Dieu seul
Ministre
icgitime
Sacrifice oblation
Fin du sacrifice
Sacrifices lévitiques
Sacrifices figuratifs
Questions
avec la destruction ou changement de cet objet. Ceci
distingue le sacrifice de l’oblation simple.
Dans le sacrifice, on opère un changement quelconque sur l’objet qu’on offre à Dieu : par exemple, on immole un animal et on le brûle; on bénit des pains, on les rompt et on les mange.—Dans l'oblation, on place sur un autel les choses que l'on offre, sans leur faire subir aucun changement; tout sacrifice est une oblation, mais la réciproque n'est pas exacte.
pour reconnaître que Dieu est le créateur et le souverain maître de toutes choses. Voilà /a fin du sacrifice.
Si on offre à Dieu une victime et si on l’immole, c’est pour exprimer d'une manière sensible qu’on s'offre ainsi soi-même à Dieu, comme à Celui qui est le maitre de la vie et de la mort : la victime est subsliluée à notre place,
Sous le loi mosaïque, les sacrifices, tels que prescrits par Dieu’ étaient non sanglants ou sanglants : les premiers consistaient en des oblations de parfums, de pain de pure farine, ou en des libations de vin répandu sur les victimes ; les seconds se réduisaient à quatre espèces :
L'holocauste ou sacrifice latreutique, dans lequel toute la victime était consumée par le feu; on rendait ainsi hommage à la souveraine majesté de Dieu.
Le sacrifice eucharistique ou d’action de grâces, dans lequel une partie de la victime était brûlée et l’autre réservée en partie au prêtre officiant et en partie au donataire, en signe d’union et d'amitié.
Le sacrifice propilialoire ou pour le péché, dans lequel la principale partie de la victime était brûlée, et une partie mangée par le prêtre ; mais le donataire n’en mangeait point.
Le sacrifice impétraloire ou de demande, assez semblable au sacrifice eucharistique, Tous ces sacrifices étaient la figure du grand sacrifice que Notre-Seigneur devait offrir sur la croix; /es sacrifices sanglants figuraient surtout l’immolation sanglante du Calvaire ; les sacrifices non sanglants étaient plutôt l’image du sacritice de la messe, qui se fait sans effusion de sang.
A... Offrande ? Objet extérieur ? Etre suprême ? Prêtre ?
B...... Changement ? Fin du sacrifice ? Sacrifices de la Loi mosaïque?
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Ces quelques notions générales, chers enfants, nous aid-ront à comprendre ce que nous allons dire du sacrifice de la croix et de celui de la messe ‘ qui, d’après le concile de Trente, n'est pas seulement latreutique et eucharistique, mais encore impétratoire et propitiatoire pour les vivants et pour les défunts.”
281. Q.—Le sacrifice de la messe est-il le même que celui de la croix ?
Oui le sacrifice de la messe est le même que celui de la croix. Il y a entre eux une identité substan'ielle, et une différence accidentelle.
Dans les deux questions suivantes 782 et 283, nous expliquerous la ressemblance des deux sacrifices; dans la question 284, nous dirons leur différence.
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282. Q.—Comment le sacrifice de la messe est-il le même que le sacrifice de la croix ?
Le sacrifice de la messe est le même que celui de la croix... Le méme dans l’offrunde, dans le prétre et dans les fins.
parce que c’est la même offrande, ou victime offerte.
Sur la croix, la viclime fut Jésus-Christ lui-même, véritable Agneau de Dieu, chargé des péchés du monde; il y eut une immolation réelle et sanglante, suivie de la mort la pius douloureuse,
La victime du sacrifice de la messe, c’est de même et toujours Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu, dans un état d’immolation mvystique, et de nature à procurer sa mort s’il était encore capable de mourir : les paroles de la consécration, en changeant la suhstance de la matière du pain et du vin. le convertissent en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ. Or, dans cette séparation les deux espèces, nous trouvons un état de victime et une figure de mort, n’; ayant rien qui désigne mieux la mort qu’un corps séparé de son sang. Et quoique , par concomilance, Notre-Seigneur soit tout entier sous chaque espèce, il est comme immolé et mort, rendu
Identité
Offrande
la même victime
Mème Pontife
3° Mêmes fins
fins
Quatre
dépendant des espèces et constitué en une nourriture qui sera consommée et détruite par la communion.
Dans les deux sacrifices, il y a donc Ja même victime,
et le même prêtre, Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Sur la croix, le Pontife fut évidemment Jésus-Christ ; il s'offrit à Dieu parce qu'il le voulut et qu'il consentit à l'effusion de son propre sang et au sacrifice de sa vie.—Les bourreaux ne furent que les instruments de son immolalion.
Pendant la messe, c’est encore Jésus-Christ, voilé sous les espèces eucharistiques, toujours vivant afin d’intercéder pour nous et être l'unique et éternel Pontife selon l’ordre de Melchisédech.—Le prêtre, qui offre, qui consacre, qui brise, qui fait disparaitre l'hostie sainte par la communion, n’est que le ministre de Jésus-Christ, auquel il a la gloire d’être associé dans le plus saint des ministères.
et aussi parce que les fins pour lesquelles le sacrifice de la messe est offert...Ces fins sont au nombre de quatre.
Les fins de la messe sont celles de tout sacrifice, ou plutôt à cause de son excellence, toutes les fins des autres sacrifices sont réunies en celui-ci : la messe est un holocausle, parce que Jésus-Christ y est immolé tout entier pour rendre à Dieu le culte d’adoration qui lui est dù; un sacrifice eucharislique, par lequel nous rendons parfaitement grâces à Dieu pour tous ses bienfaits; un sacrifice propitialoire, qui nous applique la vertu de celui du Calvaire pour nos péchés de tous les jours ; un sacrifice ampétraloire, dans lequel Jésus est notre Médiateur toujours exaucé à cause de sa dignité.
“« Une messe! C’est un Dieu qui adore, un Dieu qui rend grâces, un Dieu qui apaise, un Dieu qui implore.”
sont les mêmes que celles du sacrifice de la croix.
Voyons, en effet, dans la question suivante, quelles furent les fins du sacrifice de la croix.
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283. Q.—Pour quelles fins le sacrifice de la croix fut-il offert ? Le sacrifice de la croix fut offert, pour quatre fins :
1° pour glorifier Dieu, ou pour sa gloire.
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8 68pèces jus et être dech.—Le tre l'hostie sus-Christ, ninistères.
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fins :
De tous les actes de rel'gion, celui qui honore et giorifie Dieu, c'est l’adoration ou culte suprèm» de latrie, dont l'holociuste est la plus parfaite expression, Or, Notre-Seigneur s’est véritablement offert en holo’auste sur la croix, pour reconnaitre et proclame: le souverain domaine de Dieu son Père.—Tous les holocaustes de l’ancienne Loi n’eurent de valeur aux yeux de Dieu que parce qu'ils figuraient celui du Calvaire.
2° pour le remercier de toutes les grâces accordées au monde ; le sacrifice du Calvaire fut eucharistique.
Jésus-Christ, qui a accompli toutes les figures, a offert en sacrifice eucharistique ou d'actions de grâc»s tous l:s biens de sa sainte humanité: voilà pourquoi la veille de sa mort, en instituant la sainte Eucharistie, il rendil grâces à Dieu son Père et se ‘lonna à manger à ses Apôtres, comme une viclime déjà immolée et dont le sacrifice devait être bientôt consommé sur le bois de l2 croix.
3° pour satisfaire à la justice divine pour les péchés des hommes ; ce fut aussi un sacrifice proputialorre.
“ Jésus-Christ s’est fait victime de prop'lialion non seulement pour nos péch's, mais aussi pour ceux du monde entier.” 1 Joan. 11, 2.—(4 1] s’est livré pour nous comme une oblation et une victime d’agréable odeur.” Eph. v, 2.—‘ Jésus-Chiist, dit saint Thomas, a rendu à Diru au-delà de ce qu'il fallait pour compenser les off:nses du genre humain: d’abord, à cause de la grade charité qui le portait à souffrir, ensuite à raison de la dignité de la vie qu’il a donnée pour satisfaire ; enfin eu égard à l'intensité et à l'étendue d:s souffrances qu’il a endurées. Sa passion a donc été un» satisfaction non seulement suffisante mais surabondate.”
49 pour obtenir des grâces ; sacrifice ëmpétratoire.
La passion de Jésus-Christ nous a délivrés de la tyranprie du démon et de l'enfer ; elle nous a réconciliés avec Dieu et rouvert les portes du ciel ; elle nous a mérité toutes sortes de grâces spirituelles et mêm* corporelles, q. 91.
En résumé, Notre-Seigneur dans sa passion a offert à son Père
une aloralion parfaite, une aclion de grâces égale à ses bienfaits, une expi uion infinie comme nos offenses, et une prière ou demande
1° Adoration
Action de gràäces
3° Propitiation
4° Impétration
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Quesiion
Manière différente dans l’'oblation
Ministère des prêtres
Représentation mort
toute-puissante.--Ce sont là précisément les fins du sacrifice de la messe ; il y a donc identité substantielle entre les deux sacrifices.
A... Les quatre fins du sacrifice du Calvaire ? Similitude ?
Après avoir examiné les points de ressemblauce, voyons en quoi les deux sacrifices diffèrent l'un de l’autre,
CSST, MERE
284. Q.—Quelle différence y a-t-il entre les deux sacrifices de ia croix et de la messe ?
La seule différence entre les deux sacrifices consiste en ce que... la manière de les offrir n’est pas la même.
sur la croix... La divinité était cachée, mais l'humanité paraissait sous sa forme naturelle, passible et mortelle,
Jésus-Christ s’est offert lui-même, immédiatement, comme unique Pontife de son sacrifice volontaire.
en répandant son sang, jusqu'a la dernière goutte ;
au lieu qu'à la messe. La messe représente à la fois la Cène et le Calvaire, deux phases du même sacrifice.
Lorsque Notre-Seigneur institua l’Eucharistie, comme sur la croix, il s’offrit dans un état passible et mortel ; au lieu qu'à la messe, Jésus-Christ est impassible, immortel et glorieux, quoique caché sous de viles apparences.
il s’y offre par le ministère des prêtres, revêtus du pouvoir et marqués du caractère sacerdotal.
Ce pouvoir est une participation au sacerdoce même de Jésus- Christ, seul Pontife et médiateur entre Lieu et les hommes; ce caractère confère au prêtre seul le droit d’être et l'instrument dont N.-S. se sert pour offrir extérieurement son sacrifice, et l'organe par lequel il prononce ses paroles. C’est donc toujours Jésus- Christ qui s'offre et qui s’immole par le ministère des prêtres.
sans répandre son sang ; cependant son sang y est véritablement offert avec son corps,sous les deux espèces.
et sans mourir ; néanmoins sa mort y est représentée.
Comment sa mort y est-elle représentée, c'est ce que nous devons dire dans la question suivante.
a de la ifices.
en quoi
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onsiste même.
manilé rtelle, ement, 8, youtte ; la fois crifice. sur la qu'à la quoique
tus du
b Jésusmes ; Ce nt dont l'organe s Jésuses.
y est spèces.
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285. Q.—Comment !a mort de Jésus-Christ sur la croix est-elle représentée dans la messe ?
La mort de Jésus-Chiist sur la croix est représentée dans la messe... ÆReprésentée signifie rendue présente de nouveau.
Voici d’abord ce que dit le concile de Trente: “ Jésus-Christ, Dieu et notre Seigneur, (quoique devant s'offrir lui-même à Dieu le Père ure seule fois sur l’autel de la croix, afin d’y opérer une éteruèlle rédemption), a laissé à l'Eglise, son épouse chérie, un sacrifice visible, comme l'exige la nature de l’homme, afin que par lui le sacrifice sanglant une fois offert sur la croix fut représenté, et que sa mémoire en fut gardée jusqu’à la fin des siècles, et aussi afin que sa vertu salutaire en fut appliquée pour la rémission des péchés que nous commettons chaque jour.” —Le sacrifice de la messe est done un véritable sacrifice, institué à la dernière Cène, pour représenter le sacrifice sanglant de la croix, en perpétuer le sou. venir, et nous en appliquer les mérites,
Les protestants ne sauraient donc raisonnablement nous accuser de diminuer la valeur du sacrifice de la croix, et d’insuller Jésus- Christ, puisque nous croyons au contraire que rien n’a de valeur que par son sacrifice divin, dont le prix nous est appliqué à la messe. Est-ce que Jésus-Christ ne continue pas d’intercéder sans cesse en notre faveur dans le ciel, quoiqu'il ait déjà intercédé pour nous en mourant avec tant de larmes et de si grands cris ?
par la consécration... La consécration est de l’essence du sacrifice ; sans consécration pas de sacrifice.
“Poser devant Dieu le corps et le sang dans l<squels sont changés le pain et le vin, c’est en effet es lui offrir ; c’est imiter sur !. terre ce que Jésus-Christ fait dans le ciel, lorsqu'il parait pour nous devant son Père.” Bossuet.
séparée, qui est faite du pain et du vin. Cette séparation des espèces représente parfaitement un état de mort.
Dans l’oraison du Saint Sacrement, on dit : ‘“ Dieu, qui nous avez laissé sous un sacrement admirable {a mémoire de votre Passion.” L'Eucheristie est bien en effet Le mémorial d2 la mort du Sauveur, non pas seulement parce qu’elle fut instituée la veille
Sacrifice visible
Représenta-
tion et application
Avccusation protestants
Essence du sacrifice
de sa mort, mais aussi parce qu'elle le fut sous des emblèm:s qui représentaient vivement sa mort violente et qui contenaient ce qu’ils représentaient.
Paroles Durant la messe, Jésus-Christ est là, et il meurt, non d’une consécra- Maänière sanglante, mais d’une mort mystique. “ La parole de la tion cousécration, dit Bossuet, a été l'épée, le couteau tran:hant qui a fait cette mort mystique, En vertu de la parole, il n’y aurait là que le corps, et rien là que le sang; si l’un se trouve avec l’autre, c’est à cause qu'ils sont inséparables depuis que Jésus est ressuscité ; var depuis ce temps. il ne meurt plus.”
Questions A... Les deux sacrifices ? Sacerdoce de J.-C. et des prêtres ? B..... Représentation de la mort? Corsécration séparée ?
Les vêt-ments que le prêtre revêt pour la messe symholisent les dispositions int‘rieures que doit avoir le prêtre, et rappeuent les principales scènes de la Passion :
À dique et L'amict, qui signifie manteau ou voile, symbolise la modestie et : rappelle le voile dont les yeux de Jésus furent bandés ; après quoi, les soldats le souffletèrent et lui firent subir toutes sortes d’avanies.
L'aube, ou robe blanche, symbolise l'innocence et rappelle la tunique de dér,sion, dont Hérode fit revêtir Jésus.
La ceinture, ou cordon, symbolise la chasteté et rappelle les liens dont Notre-Seigneur fut attaché à la colonne de la fligellation et les coups de fouet qui tombèrent sur tout son corps.
Le manipule, ou gerbe de blé, symbolise le travail et la douleur et rappelle les liens dont les mains de Jésus furent garrottées.
L'élole, ou vêtement diminué, symbolise l’habit d'immortalité À l perdu par le péché originel et nous rappelle le manteau d’écarlate | que les soldats jetèrent sur les épaules de notre Sauveur,
La chasuble, ou petite chambre, symbolise la charité et porte l'image de la croix, dont Jésus fut chargé, à laquelle il fut cloué et sur laquelle il consomma son sacrifice,
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