‹ Notes d'un cathéchiste ou Court commentaire littéral sur le caté chisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa [microforme]Chapitre 291 sur 348 · Dans le cas de guerre, légitimement déclarée · texte numérisé non relu

Dans le cas de guerre, légitimement déclarée

3. Dans le cas de condamnalion à mort ; la société a le droit d’etfrayer et de se débarrasser des criminels par la peine de mort.

Nous n'avons pas ici à parler de certaines pratiques infanticides, condamnées par l'Eglise, assez en usage parmi les protestants, et dont les catholiques doivent avoir une grande horreur.

et même d’en avoir le désir, surtout en duel.

Le duel est un combat entre deux personnes qui, devant des témoins désignés, en viennent aux prises, avec danger de perdre la vie ou d’être blessées, après avoir concerté le lieu et l’heure de la rencontre, ainsi que la manière de se battre.

Le duel est gravement défendu :

1. Par le droit nalurel, car personne n’a droit sur sa vie et sur ses membres, ni sur la vie et les membres du prochain.

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2. Par le droit divin, car la loi, qui interdit l’homicide, défend aussi de s’exposer à perdre la vie et d'attenter à celle d'autrui. Cette faute est d'autant plus grave, qu'on s'expose et qu’on expose l'adversaire à mourir dans l'acte même du péché mortel et à tomber en enfer.

3. Par le droit ecclésiastique, qui frappe d’excommunication les acteurs et les témoins, et les prive de la sépulture chrétienne s'ils meurent avant d’avoir fait pénitence.

Les chefs militaires n'ont pas le droit d'imposer le duel à leurs subordonnés ; ce serait alors le cas pour ceux-ci de répondre : ‘ [1 vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes,”

2° de blesser ou frapper le prochain.

Ces péchés approchent plus ou mous de l’homicide.

Si d’après Notre-Seigneur, (Math. v, 21,) on sera jugé et sévèrement puni pour s'être mis en colère contre son frère, on le sera à plus forte raison si à la colère on a ajouté les coups et les blessures. La gravité de ces péchés est proportionnée aux circonstances qui les accompagnent,

1. Circonstances de personnes ; si l’on frappe une personne consacrée ou religieuse, un père, une mère, un beau-père, une belle-mère, un frère, une sœur, etc., c’est une faute plus considérable que de frapper un égal ou un camarade.

2. Circonstances du mal que l’on fait ; si l'on frappe grièvement de manière à causer des douleurs violentes ou des plaies profondes, le péché est grave et entraine le devoir de réparer tout le préjudice qui peut en résulter.

3. Circonslances de sentiments, qui animent durant les mauvais traitements : fureur, vengeance, emportement.—Il n’est permis de frapper que ceux sur qui on a autorité; car c’est là un acte de gouvernement. Néanmoins, ceux qui ont fdroit d’user de cette voie de correction pèchent, lorsque la colère anime leur punition et les fait excéder dans la rigueur du châtiment. F0

de le hair.

“ Celui qui hait son frère est dans les ténèbres.” Saint Jean ajoute : “ Qu'il est homicide.”

La haine est en soi un péché grave,

I Joan. n, 9.

I Joan, 111, 15.

« La haine, dit saint Thomas, porte le désordre dans la volonté

Coups et, blessures

Haine

de l’homme, laquelle est la source du péché... S'il y a quelque culpabilité dans les péchés extérieurs contre le prochain, elle vient entièrement de la haine intérieure.” — 11 est permis de haïr les vices, mais non les personnes,

Injures de lui dire des injures ; C’est {a contumélie.

En soi ce péché est grave : ‘ Celui qui aura dit à son frère : Vous êtes un fou, sera digne du feu de l'enfer,” Math. v, 22, ‘ Toutefois, ajoute saint Thomas, comme la signification des mots dépend de l'intention de celui qui parle, on doit examiner par quel esprit les paroles injurieuses sont dictées, Il est indubitable que celui qui les profère, pour porter atteinte à l'honneur, commet un péché mortel ; mais si ces paroles sont dites dans un but de correction, sans intention d'attaquer l'honneur, il n’y a plus contumélie for. melle, et dans ce cas elles n’excèdent pasle péché véniel ; parfois même elles ne renferment aucun péché.”

Vengeance de nous venger de lui, par des représailles,

L'ancienne Loi permettait la vengeance et autorisait la peine du talion : ‘ OEil pour œil et dent pour dent.’ —La nouvelle Loi per fectionnant l’ancienne va jusqu’à interdire toute injure, toute parole, toute haine, tout: pensée contre le prochain. “ Moi, je vous dis, déclare Notre-Seigneur, qui s'irrite contre son frère mérite le jugement. Celui qui dira à son frère : Raca (parole d’impatience et de mépris), mérite d’être puni. Et s’il la traite de fou, il est digne de la géhenne de feu.” Math. v, 22.

‘“Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient.” Math. v, 44, — Voilà la loi évangélique.

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