‹ Notes d'un condamné politique de 1838Chapitre 12 sur 48 · LES ÉTATS DE SOUFFRANCE · texte numérisé non relu

LES ÉTATS DE SOUFFRANCE

Avant de continuer le récit de mes aventures et de celles de mes amis et associés de malheurs, je crois devoir donner la liste suivante, faite par moi dans le temps, et qui fournit des renseignements, que le lecteur ne lira pas sans intérêt, sur les personnes condamnées par la Cour martiale de 1838.

Il n’est pas sans importance de remarquer qu’en sus des emprisonnements, procès et condamnations, la plupart des victimes de cette malheureuse époque ont vu réduire en cendres leurs propriétés avant Le jour de leur exécution ou de leur départ pour l'exil. Ce sont ces inutiles et barbares brülades de centaines d'habitations qui avaient fait surnommer Sir John Colborne Le vieux brülot. |

Pour ne pas rendre inutilement la liste suivante trop longue, je me servirai de quelques

abréviations ; ainsi je dirai incendié simplement pour désigner ceux dont les propriétés ont été brûlées ; je dirai déporté, pour marquer ceux dont la sentence de mort a été changée en déportation à vie dans la colonie pénale d'Australie ; exilé, pour indiquer ceux qui ont reçu l’intimation de s'éloigner du pays. J’adopterai l’ordre indiqué par la procédure tenue devant la cour martiale.

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