‹ Notes d'un condamné politiqueChapitre 17 sur 62 · A LA MEMOIRE DE MON VIEUX CURE, FEU MESSIRE · texte numérisé non relu

A LA MEMOIRE DE MON VIEUX CURE, FEU MESSIRE

JEAN LOUIS SEAUBIËN.

O mon bon vieux curé ! — car tu m’entends, sans doute, du séjour de bonheur où t’ont conduit tes vertus — ô mon vieux curé ! quand l’idée me vint d’écrire cette petite légende, tu vivais encore, entouré du respect et de l’amour de tes nombreux paroissiens.

Aujourd’hui tu n’es plus de ce monde ; la tombe s’est fermée sur tes cheveux blancs.

LES SOIREES CANADIENNES

J’avais résolu de te faire l’hommage de ce modeste travail ; mais j’ai trop tardé pour cela : la mort a marché plus vite que ma plume, et c’est sur ta tombe que je viens déposer ce faible tribut de reconnaissance que j’aurais été si heureux d’offrir à toi vivant.

Pendant quarante ans tu as présidé aux destinées spirituelles de la paroisse de St. Thomas ; pendant quarante ans, tes mains ont régénéré les nouveauxvenus, béni les partants ; pendant quarante ans, ta bouche a pardonné à tous ceux que j’ai connus et aimés. C’est au milieu des roses des berceaux et des cyprès des tombes de deux générations que ton image m’apparaît, quand, à la lueur du feu du foyer, je rêve le soir aux choses qui ne sont plus.

Accepte, ô mon vieux curé, ce témoignage tardif mais sincère de respect d’un de tes enfants ; accepte-le en souvenir du jour où tu versais sur mon front l’eau sacrée du baptême, en souvenir du beau jour de ma première communion.

Du haut du Ciel où tu veilles encore sur les destinées des enfants de St. Thomas, daigne continuer auprès de moi la mission d’ange protecteur que tu remplissais, avec tant de sollicitude, sur la terre.

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