‹ Notes d'un frileuxChapitre 7 sur 17 · FICUS DU BENGALE · texte numérisé non relu

FICUS DU BENGALE

Un bon point cependant au jardin de l’Esbéqueh, ou pour mieux dire, au parc ; il est vrai que la nature et le climat y sont pour moitié : les plus beaux arbustes, les plus belles essences de palmiers, arécas, latanias et les majestueux ficus du Bengale (1) y prennent des proportions fort respectables.

En parcourant ce parc enchanteur, le touriste qui 11e connaît point l’Asie peut se faire une idée de la végétation tropicale de ces belles contrées.

Il est juste d’accorder une mention toute spéciale au musée de Boulaq où sont réunies les trouvailles les plus surprenantes qu'il soit possible d’imaginer. Eu égard à l’âge fabuleux de ces merveilles, les découvertes de Pompeï et d’Herculanum semblent dater d’hier.

Rien de plus attachant que la vue des trésors entassés — c’est

(1) Le multipliant.

le mot — dans un local malheureusement trop exigu et qui, par sa situation, est destiné tôt ou tard à devenir la proie du Nil.

Grâce aux travaux de Champollion et de Marriette-Bey, ces résurrectionistes de génie, l'archéologie égyptienne n’est plus une science douteuse, basée sur une écriture in rebus que chacun pouvait interpréter à sa guise (1) : après des milliers de siècles .de ténèbres et d’oubli, les hypogées s'illuminent, les momies parlent et nous révèlent les phases de leur existence, leurs mœurs et leurs aspirations vers un monde imaginaire, où, en récompense de leurs vertus patriarcales, elles continueront éternellement la vie qu’elles ont menée ici-bas.

(1) u En somme l’écriture hiéroglyphique n’est pas un vain jeu d’esprit. Elle n’est ni plus compliquée, ni plus difficile à lire que d’autres. Du moment où l’on s’habitue à voir un a dans un aigle, un b dans la jambe humaine, un c dans un verrou, etc., on en vient facilement à bout. Ce qui, pendant des siècles, a détourné l’attention de la vraie signification des hiéroglyphes, c’est précisément ce choix un peu étrange des formes adoptées pour représenter des lettres de l’alphabet. A priori, tout le monde devait se figurer que ce singulier mélange de figures d’animaux et d’objets usuels ne pouvait servir à autre chose qu’à des symboles, et, le renom mystérieux de l'antique Egypte aidant, on était tout naturellement porté à croire que sous ces symboles ,les prêtres cachaient leurs mystères. Aujourd’hui le voile est déchiré, et l’écriture hiéroglyphique est une écriture qui n’est pas beaucoup plus difficile à lire que les autres. „ Mariiiette-bey.

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