JOSSELIN
On m^avait vanté le château de Josseliuix>mme Tune des merveilles de la Bretagne. Il n'a pas ré* pondu à mon attente; peut-être est-ce seulement à l'exagération des éloges dont il était l'objet, que je dois attribuer la médiocre impression qu'il a produite sur moi. Il fut bâti au onzième siècle ; mais je doute que des restes de cette construction se soient conservés jusqu'à nous. Le connétable de Clisson en augmenta les fortifications au quatorzième siècle, et depuis cette époque, il parait avoir encore changé d'aspect. L'architecture militaire a si peu de caractères distinctifs, et d'ailleurs le château a été tellement modifié et à tant de reprises , que , classer ses différentes époques.
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serait aujourd'hui un problème presque insoluble. C^;ée rapporte que de son temps la tour, dont Térection était attr&uée au connétable, n'existait déjà plus. Des démolitions plus récentes ont encore ÊAit perdre au château une partie de ses anciennes défenses. Construit sur un rocher éleTé , au bord de TOust, qui coule au S.-O. , il était séparé de la ville par un large fossé. Les deux tours qui défendaient les abords du pont qui traverse ce fossé f m'ont paru avoir été rasées depuis peu. Du côté de la rivière, il n'y a point de fossé. Il eût été inutile, en effet, car elle lave le pied du rocher, taillé en tdus svec soiti(i). Vers le N. , on retrouve la trace du fossé, bien qu'il soit en partie comblé. Bien que ce côté semble le plus accessible, la muraille n'est i>oint flanquée de tours, et se prolonge en ligne droite sans angles saillans ou rentrans. Je suppose qu'autrefois elle était défendue par quelques ouvrages avancés. D'ailleurs, l'enceinte suit avec une bizarre exactitude toutes (es sinuosités du contour du rocher; au S.-O. cela est surtout remarquable; à peine si Ton trouvefait dix pieds de rempart en ligne droite. C'est aussi le seul côté où l'on voie des courtines et des tours anciennes. Il faut excepter une tour, ser-
(i) U 7 « Iko 4e croirt i|n« de rtisagé de tailler en ulus les ro* ehen poor \m rendre ploa difificikii srarir, est verni celui de placer let tours conatruitet eo plaine sur nne espèce de c6tie de pierre tronqué , élevé artificiellement. Dès le douzième siècle on é» Irenve des exemples.
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vant de prison aujourd'hui , et située au N.-E. à la .droite du pont. Toutes ces tours sont rondes, d*un médiocre diamètre , et d'une grande épaisseur de maçonnerie. Deux d'entre elles ont une double enceinte 9 la salle intérieure étant entourée d'up corridor circulaire, comme celui de la tour de Constance à Aigues-Mortes , b&tie au xui* siècle. Cette ressemblance et la forme de quelques portes, ainsi que l'épaisseur des murailles , GLont les seuk iudices d'après lesquels on pourrait supposer cette partie de la fortification antérieure au connétable. Malheureusement les plates-formes, qu'il eût été intéressant d'examiner , sont détruites aujourd'hui, et le couronnement des tours est remplacé par des toits de colombier qui les défigurent. L'appareil peu régulier se compose de morceaux de schiste enlevés au rocher sur lequel la forteresse est assise , de quelques pierres calcaires et de granit grossièrement taillé.
La façade intérieure du ch&teau est aujourd'hui ce qu'il offre de plus remarquable. En effet , bien que médiocrement composée , elle a du moins le mérite d'une riche ornementation. A la première vue, le spectateur est choqué du manqué absolu d'alignement, défaut qu'il eût été facile d'éviter et dont on ne comprend pas le motif. Qu'on se figure une suite de frontons aigus se détachant du toit, dont le faite est une ligne parallèle à celle de la façade, au-dessous, des chambranles très ornés encadrant deux fenêtres Tune au-dessus de l'autre.