‹ Notes d'un voyage dans le Midi de la FranceChapitre 10 sur 18 · SQ · texte numérisé non relu

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pifloëet dam des iildm q» «ubm^CiM^ dont les oètës sont ornés de thyrses.

Left bâs-reliefii des deax faces ptiucipides repré^ sentent des eaptift enohàlnés. Auprès de trois d'entre eux sont des femmes qui semblent partager lànst sort; pent-^lre ees figares sont-dles les persenntSoations des provinces soumises par les armées romaines. Le costume des capti& ( une tunique coorte et des pantalons) annonce nne na^

tien barbare.

Du côte du couchant , à gauche , un Romain , petit et lùble en apparence, est placé auprès d'un géant barbare; cVst un trait de vanité romaine qui se produi souvent* — J'y vois une objection de pins à l'hypothèse de M. Matosse» Comment supposer qu ou eut élevé dans la Gaule ua uioaument qni représentât les gens du pays on de pro* <dies voisins vaincus et enchaînés? Les polissons gaulois auraient, par patriotisme , mutilé ces statros. ~ Ces oaptib représentent sans doute des Genuftitts, on ces barbares qne Maro-Anrèle i*epoussa pour quelque temps des frontières de Tempire.

Le stfle des omemens prodigués snr tontes )es parties de eet arc convient d'ailleurs assez bien au seoond siècle. L'archivolte est une espèce de g^ih4atide de Amits et de feuines sculptées avec la nièiue i)erfection d'imitation , avec le même goût de k vatiété, des dét&ib , qu'on observe dans ht période gothique. Des pommes de pin , des bran-

cbM à^éà'fi&r^ de Korre^ des raisim , q«uilUë de

productions végétales, composent cette g^uuiaufle, dml on M fwA se iauat d'admirer tmMûi . Les caij^sons «oub la vcA^ phnstai moîm : kier tjrpe est ^iviai ci «ans gràœ*

Oe StÉnl^lieiiiy » je partis peur ks Bmx cc'élak autrdbis une ville florissante, séjour d'œne cour d'esD€Nit) domaine de puiasans seigneurs qui doan$nMkt des podestats à timte la Vto^mtod% AiajMiv

d'iiui , c'est une vaste solitude,

Sa position est des plus pilitoresques; leomroe tOQles les lîUes du menfenHAÎf e , efle est pereliée

a<l«omiuct d'un rocher de difficile accès. On y parmntaprès aveirtotti^féloo^teiiips daasutt smtier «searpé. IkiaoniiitA ton juge paiiulenieiit

de Taspect du pays. Les Baux funiHiot rcxtrëmité oeoidetttaie d'une eq^èoe d'aasphkfajéàtoe natmrri langeirt d im antre anspItftMàlre beaiieeup plus

Taste} au midi une plaine basse se terfisiae à la

lA roehe^ mut laquelle la tWe m édiistruite , est un calcaire très tGndre,qui se taille aTeefaeiitté^ ahals ee dëeempùse et tomlie en «^reseenoe à

d'une «lanière bîMirre; formant ainsi des cavités plus ou moins profondes et de laspect le plus

vtoAé^ 6a mollesse etea «onpaoltë «nt donné tan^

doute aux premiers habitans du bourg Tidée de se tailler une TÎUe dans le roc vif, au lieu déterer dte inaimMi^t dea ntiferaiHoÉ -ton eMlMsant pierM

sur pierres. L'ancien cliàleau , dont les restes oo-

cupent une partie considéraUe dans. Femplaoe*

ment de la ville, est en grande partie construit, ou plutôt travaille de cette manière. Des tours ontété filâtes enëyidant de grands carrësde roc; les morail* les sont des tranches de pierre d'un seul morceau, coupées i même le sol qu'on a déblayé à Tintériear. Un ^and nombre de chambros et même de maisons ont été pratiquées de la mànie manière. U est impossible de décrire les mines étranges que forment ces masses, énormes en sMboutant. En général, c'est par la base que manquent d abord ces tours, ces maisons monolithes; la couche infé-> rieure de la roche se décomposant plus vite que les supérieures , elles tombent tout d'une masse sans presque changer de forme. Une grande tour, dont le soubassement s'est brisé , et qui s'appuie , comme un grand arbre coupé au pied , sur une autre masse de rocher, présente Faspect le plus pittoresque. Dans quelques parties; on reconnaît des réparations anciennes , un travail de maçonnerie par lequel on a consolidé des tranches de roche qui menaçaient ruine.

Rien de plus extraordinaire que cette ville qui pourrait contenir au mmns six mille ames, et dans laquelle on a peine à trouver un habitant. Beaucoup de maisons ont des iaçades élégantes dans le style de la renaissance ou du xv^ siècle; mais les fenêtres sont brisées, les toits à moitié détruits, les portes sans serrure* Une demi-douiaine de mendians composent toute la population. J'ai re-

biyiiizoa

marqué sur un mur cette inscpritioii : Poête aux hiêrêê» Mais qui peut écrire aux Baux? Il n'y a pas

même un cabaret. On m'a dit que la plus belle maison de la Tille se louerait pour dix francs Tannée, si on pouvait en découvrir le propriétaire. Les mendians erraos et les Bohëmieus , qui poussent quelquefois lèucs excursions jusque-là, enfoncent d'un coup de pied une porte vermoulue , et s'établissent pour quelques jours dans un de , ces manoirs antiques , qu'ils quittent bientôt pour reprendre leur course vagabonde.

Le spectacle d'une ville romaine , dont ii ne reste plus que des substructions, parle bien moins à Timagination que celui de cette ville habitable et qui n'est point habitée. 11 y a la diâérence en* tre une catastrophe racontée et un désastre dont on est le témoin.

Le genre d'architecture que la situation exceptionnelle de la ville des Baux a fait adopter , ne fournit guère de renseigneraens sur les époques anciennes de son histoire; cependant je n'ai rien vu qui m'ait paru antérieur au xn* siècle* Une église en assez bon état appartient à l'époque de transition* On voit dans le collatéral de droite une corniche et un arc doubleau , taillés à facettes , de manière à former des zigzags ou des dents de scie, alternativement en retraite et en saillie. Le reste de l'église a été réparé au xv® siècle , et on y a ajouté plusieurs chapelles assez élégantes. Je ne divine pas qui peut y dire la messe , encore

sio —

moins qiii pMt venii^ Tmlendre êxûM ee hpoL de déioIiitiOD.

Saint-Gabriel , sur la route de Saint4leroy à Mes , était aulrefeîi «m station ramaine aft s'ap* peiût Brmgmum. On y IroiiTe une (prande qnan*

tité de tombeaux de pierre de même forme que ceux des Champs-Elysées d'Arles , mais sans ov» nemens. Parmi une soixantaine que j'ai examinés, je n'en ai va qu'un seul qui portât une croix sculptée. Quriqaes>uns , en rawon de leur largeur 5 peuvent avoir été destinés à recevoir deux cadavres. D'autres débris antiques sont dispmés çà et lA dans les maisons dn villag^e : ffiielqaes' inscriptions , des fragmens de statues, des morceaux de poteries ; un petit torse antique d'un fini pré^ eienx et d*ail beau style , était incrusté dans la muraille d'une ferme. Le propriétaire, M. Mourret 9 vient d'en disposer en iavenr da nvasée d' Avfgnon ainsi qne de quelques vases de verre trouvés dans des tombeaux. L'un d'eux m'a para remarquable : c'est une de ces jAioles nMméea communément laerymatoires, long^ue de dixnsept pouces sur dix lignes de diamètre dans sa partie renflée et de cinq lignes dan» sa partie nioy«oiie.

L'é^lisede Saint-Gabriel nie paraîtdu xn® siècle. C'est une basilique à une nef tmninée par une apside exagone* Sa fiiçade, oomme presque tontes celles du midi , oftre un mélange de souvenirs antiques et de caprices bysaatins.

La porte est cintrée avec un linteau qui la tra-

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verse* Le cintre e^t bouché , et son tympan rempli par vn bas^-velief assez grossier qui représente,

je crois, la création du monde etla teatatiou. Deux colonnes cannelées dont les cbajnteaax sont une copie , mais très imparfeite, de l'ordre corintliien, flanquent cette porte et soutiennent un ironton triangulaire dont les corniches rampantes ont un caractère antique. II est surmonté d'un agneau. Le tympan de ce fronton contient un autre bas^ relief carré, représmiant l'Apparition de l'ange Gabriel à la Vierge. Sainte Elisabeth assiste à la scène. Le nom de chaque per&onnago est écrit à eôté ainsi que ces mots : Aife^ Tarta, groHàplena. l'ange, contrairement a Tusage général au xii** siècle, est presque entièrement nu. C'est ieseul exemple que j*aie remarqué dans la sculpture bf santine.

Au-dessns du fronton triangulaire, est. une grande archiToIte retombant sur des impostes placées adroite et à gauche du portail. Vient ensuite une oomiche saillante sur laquelle s'appuie nne^

archivolte ogivale, mais dont la pointe est à peine marquée. £ile entoure un œil de bœui orné de moukires fort élégantes et autour desqudies sont disposévS les quatre signes symboliques des évangélistes. Un galbe obtus , arec une moulure presque détruite , surmonte le tout.

Le toit de la nef et celui de Tapside sont recouverts en pierres. I/église est bâtie sur le roc , et , en raison de sa pente, le pavé offre deux plans dis^

tincts dont le supérieur commence ù peu près vers la moitié de la nef. Les yoûtes sont ogivales, à côtés très courbés et à pointe un peu obtuse.

Je serais tenté d'en reporter la construction au commencement du xu^ siècle, si la saillie très prononcée des contre-forts ne semblait indiquer une époque de.transition* Je crois donc devoir la fixer à la fin du même siècle.

Derrière l'église , au sommet de la colline sur le penchant de laquelle elle est bâtie , s'élève une haute tour carrée, construite de grosses pierres en bossage. Deux autres tours carrées , mais d'un diamètre moindre, aujourd'hui presque entièrement ruinées , étaient placées de chaque côté de la tour principale et en avance sûr elle d'une cinquantaine de. pieds. Un large fossé , taillé dans le roc, mais mainLcurint presque coiuLlé , coiupieto renaemble de cette for ti£cation qu'il enferme dans un grand carré. Les créneaux de la tour principale sont détruits ou peut-être n'ontjamais existé. L'intérieur est voûté. Elle passe dans le pays pour une construction romaine ; je la crois plutôt contemporaine de l'église , ou même postérieure. Les deux petites tours défendaient probablement le pont qui traversait le fossé , et rintervalle entre les trois tours était occupé par un rampart qui a été détruit.

Une pierre de la tour principale, à trois ou quatre pieds du haut du fosse, porte une inscription de quatre caractères hébraïques profondé-

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