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en deux piliers, et dont les angles saillaiis sont taiUéi ea dents de «ne* On mnaniiie le même ornement i Fantte mtrémitë de FëgUse', dans ce qui reste des arcades du transi>ept gauche. La eonrbe des roAtei en arc très aui^aissé , pfomTO que cette ferme n'était point inoonnne dam la pë* riode romane. C'est arec les arcades du cioitre de tfontmajonr le aevl exemple liîen anliMiliqoe
(^uo j'aie rencontré.
Sans doute, dans le plan primitif, cette crypte démit s'étendre vous la totalité de régliae« Mais pour cela il falfadt excaver le roc sur lequel elle est fondée, et IHmmensilé dn travail a iaît ranoaeer i rentreprise* Suvant fonte apparence , ce <^angement dans le plan a eu lieu avant qu'oneût commencé le diœiir et les transsepts. Aigourd'lini lesontemiîn se termine par nn plan coupé, etsalongueur n'égale pas même celle de 1 église moderne.
La vis de Saint*Gtlles , amtiefois le imt des pèlerinages de tous les compagnons tailleurs de pierre, est ntuée dans Fannie formé par Tinter- •edion du mur collatéral gandie et du Iranssept* Sou appareil est d'une perfection merveilleuse. La construction de cet escalier passe encore pour un modèle de stéréotomie, et il a donné son nom à la plus élégante des voûtes rampantes en spirale. Vraisemblablement, sa destination était d'établir nne communication avec des galeries supépërieurcs.
A gim^e de k vis, on dbserve Ift moitié d*fiii œil de iMiovf , dont Foiiyertiire représente en pro* ûl deux cônes tronqués o})|>oâéâ à leur sonunet« Je penie q«*aii liea de fenêtres, €*étment de nem* blables baies qui devaient éclairer les collatéraux. Les claveaux qui entourent cet œil de bœul sont eomposës de pierre de teintes diffétmtes alternant ensemble; c'est un genre d'orne mentation tout oriental* Son ouverture est très petite par rapport à la grmdeiir des ebreanx , qui portent deux moulures concentriques , l'une de perled , l'autre de palmettes, toutes les deux remarquables eonmie fidèlement imitées de Fantiqne. A eAté , on voit un ch^iteau orné de quatre aigles , une oomidie, des Tetambées d'aiceanx d'un st;i^ eapricienx, mais d'une égale élégance*
C'est sur la façade que s'est épuisé tout le capriée , tout le luxe de l'ornementation bjsantine* Ole se présente comme un immense ba&4relief de marbre et de pierre , où le fond disparaît sous la
tache de ne pas y laisser une seule partie lisse : ocdoDneSf i^ues, ûrises sculptées, rinceaux, moti& empruntés aux règnes irégétal et animal , tout cela s'entasse , se confond ; des débris de cette façade on pourrait décorer dix édifices smnptueux* Déviant tant derieiieBfeB prodiguées avee une profusion inouie, le spectateur ébloui d'abord, attiré de tous ka eàtés à la fois, et ne sachant où arrêter •es regards, a peine à reomndtre des fermes gé-
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nérales. Cest rinoonTénient da style bysantin ;
on ne peut l'apprécier que de près. — Du plus loin qu'on aperçoit un monument grec ou romain , on en saisit Tensenible, on en devine les détaUs; mais un ('difice du xii"^ siècle, c'est un bijou qu'on doit pour ainsi dire examiner à la loupe.
Il faudrait on Totame pour décrire la façade de Saint-Gilles; je n'entreprendrai j)as cette tâehe aa-*dessus de mes iorces* J'aime bien mieux renvoyer ceux de mes lecteurs qui ne Font point vue, au magnifique dessin de M. Dauzats {l oijage dans V ancienne France ) , où l'exactitude , mérite si rare ches nos artistes, se joint i Feffet le plus pittoresque. Je me contenterai de présenter ici quelquesobservationsque m'aauggérées l'examen du monument.
La forme insinuée de cette façade, dépourvue de fenêtres , de roses, et terminée par une ligne droite, me fiiit croire cpiVUe deyait être élevée davantage, recevoir un grand fronton^t peut-être être encadrée par des tours.
. Le soubassement présente des bas*relie6 de très peu de saillie , représentant pour la plupart des lions de différentes attitudes* — il faut noter les deux stylobates en retour de deux côtés de la porte principale* C'est une masse de lions, d'hommes et d'animaux de toute espèce, dont l'ensemble forme une base carrée. Ils soutenaient autrefois deux colonnes isolées, détruites depuis long-temps* On suppose qu'elles étaient destinées à rappeler
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les colonnes ainsi disposées^ du temple de Jérusalem* Plusieurs anciennes églises attestent la généralité de cet usage ^
Les lions sont représentés » en général , déchi** rant des hommes ou des animaux. Suivant quelques antiquaires, ce sont des emblèmes de la force de rÉglise militante, de son triomphe final sur rimpiété; on peut tout y voir. Ces lions d'ailleurs^ comme tous les animaux symboliques ; sont très mal imités, et Tobligation de former une masse carrée leur a donné les attitudes les plus forcées et quelquefois les plus ridicules
Toutes les figures du portail, mais les grandes surtout, qui représentent les douse apôtres , sont d'un style un peu sec et dur ; les draperies raides, à pUs parallèles , fins et rapprochés , sont couvertes d'une profusion de broderies et de pierres précieuses. Cette ostenta tion de richesse se remarque dans presque toutes les statues de l'époque bysantine. C'était un moyen de frapper le vulgairé, et en même temps de donner can icre au talent des sculpteurs à rendre les petits détails. Ce n'est que par un raffinement tout moderne qu'on est arrivé À représenter les premiers apôtres couverts de haillons , et à tirer parti de leur pauvreté même
« J'ai déjà cité celle de Saint-Pierre ft Vienne.
3 Les abbés de Saint-Gilles, hauts ci puissans seigneurs féodaux, rendaient la justice à la porte de leur épjlise. Delà la formule qu^ou trouve dans une infinité de chartes :
pour liire ressortir la grandeur de leur mission et de leur caractère.
Plusieurs motifs d*oniemens, surtout les rin-^ ceaux des piédroits de la porte principale , et les ehapiteaux des colonnes, offrent une imitation de Fautique si frappante , que quelques-uns ont supposé que (les fragmens réellement antiques avaient été intercalés dans cette façade, line colonne do granit est oertainement dans ce cas. — Antiques ou modernes, plusieurs parties aunoncent un goût exquis et une laerToilieuse exécution»
A droite de la façade s^ëlère une tour carrée , lourde et sans ornemens , construction contemporaine sans doute de Téglise actuelle , et à gauche une vilaine petite guérite en plâtre , élevée tout récemment. A partces deux additions choquantes, le portail de St^GilIes doit être oonsidérë comme le type le plus parfait du style bysantin parvenu au plus haut degré de splendeur. Je résumerais ainsi ses caractères principaux : largeur de la base; apparence de solidité qui Ta jusqu'à la lourdeur; division excessive des parties; profusion des dé-> tailset variété de Fornementation ayant pour but évident d'atténuer Tefiet de lourdeur.
Une inscription gravée sur une pierre à Vexié" rieur de Téglise actuelle , du côté de rancien cloitre détruit , donne la date de la fa^i^iitioii de cette admirable basilique» Elle est, liit-on, la copie â*une autre inscription tracée sur une plaque de marbre et perdue depuis long-temps. Le commen-
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œmeut est luatilé , mais la date est fort lisible :
0 DNl Mo Co XVI« HOC TEMPLV»
GiDil AEUIFICAKI CEPIT
ML F£Ra 11^ m OCTAB PASCIIE
{ J fino Domini MM'} j hoc icmplum sancti E(ji(Ut œdi^ ficare cepit nieme aprili, ferid % in octatu l'aschœ,)
On remarquera le changement du Y en B dans le mot OCT ABÂ suivant la prononciation qui s'est conservée dans plusieurs de nos provinces du midi.
Cette date 1116 est celle des premières substruc" tions et du plan original» Il est probable que la partie existante de la crypte aura été terminée avant llôO. Je placerai un peu plus tard la con*» struetion du portail, et sourtout celle des transsepts et du chœur qui annoncent une modification dans le plan primitif. Suivant toute apparence, c'est dans les premières années du xm* siècle que les travaux auront été interrompus. C'est de cette époque, en effet, que date la décadence de l'abbaye de Saint-Gilles et les invasions des croisés du nord dans le Languedoc et la Provence.
Dans une petite rue en face de Téglise, on voit une maLsuu (|ui paraît avoir été construite à la même époque. £Ue est maintenant habitée par de pauvres gens et fort mal entretenue. Les fenêtres de la façade sont carrées, mais surmontées d'une archivolte trilobée , avec un tympan orne de trèfles a jour. Les étages sont séparés par un cordon
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ou une frise de losanges , formés par des lignes croisées gravées en creux Au-dessous de cette frise trois grandes pierres sans ometnent figurent comme un bandeau qui occupe toute la longueur de la façade. II coupe une espèce d'arcature bouchée en anse de panier dont les claveaux ne dé* passent pas Talignement du mur où ils sont enga*gës. Je ne comprends pas ce que la maison peut gagner de solidité à cet appareil bicarré , qui cer^ tainement appartient à la construction primitive* L'intérieur de la maison ayant été souvent réparé, n^offre plus de vestiges de son ancienne disposition, si ce n'est une grande cheminée avec un manteau conique à pans, telle que les miniatures du xu^ et xm® siècle nous les représentent ordinairement. Il serait bien à dérirer qu'on prit quelque soin de conserver cette maison qui offire un modèle précieux de Farchitecture civile au moyenâge , et qui , suivant tonte apparence , a été la demeure de quelque personnage considérable au temps de la splendeur de Saint-Gilles*
■ II m'a paru que ces creux n'avaient jamais été rcmpluj de mastiic coloré.
Les remparts de lavillei élevés parPhilippe-le- Hardi, encore parfidtemeiit conservés, peuvent donner une idée exacte de l'art de la lurtifîcation au xui^ siècle. Construits de grosses pierres taillées en bossage , ils sont flanqués de distance en distance de tours carrées ou rondes , les unes ouvertes à la gorge sans plate-formes , les autres fermées et ne communiquant avec la courtine que par des portes étroites. La hauteur moyenne des murailles est de trentë pieds environ. Partout le parement est vertical. Les portes, du moins les anciennes , s'ouvrent entre deux grosses tours lort rapprochées ; un passage voûté , oblique conduit à une espèce de cour intérieure d'où Ton ne peut pénétrer dans la ville que par une autre porte qui n*est pas percée sur le même alignement. D'après les règles de Tart militaire à cette époque , les portes étant un point particulièrement exposé aux attaques de Tassiégeant, ont été fortifiées avec un soin extraordinaire , cl Touvrage qui les défend peut être considéré comme une espèce de citadelle indépcndiuitc. Les créneaux, sont carrés, eu j^éiiérai fort élevés , la plupart percés d'une longue meurtrière évidemment destinée au tir de Taro <•
< Les macbiconlis qu*on observe dam quelques tours et
Dans la partie iaférieare des remparts on Toit d'au-
tres meurtrières, mais celles-ci ont été pratiquées, ou du moins réparées complèleiaent après ïia-^ vention des armes à fen.
Pendant les guerres de religion, Aigues-Mortes fut successivement assiégée par les catholiques et les proiestans. On comprend qu*à cette époque ses fortifications durent subir les changemens que nécessitaient les progrès de Tart de la guerre* Des embrasures.pourles canons, des meurtrières pour les arquebuses ont remplacé les ouvertures convenables au jeu des machines du xu^ siècle.
Le fossé qui entourait les remparts est maintenant comblé. On se plaignant des exhalaisons infectes de ses eaux stagnantes, et depuis quelques années on Ta converti en une promenade qui sera jolie si le voisinage de la mer et des étangs salés permet aux arbres qu*on y a plantés de prendre tout leur développement.
L'ensemble des fortifications d^Aigues-Mortes représente un parallélogramme rectangle , dont Tangle nord serait arrondi. En avant de la place , vis à vis de cet angle, s'élève une tour ronde d'un très grand diamètre et surmontée d'une tourelle qui pendant long-temps a servi de phare. La hau*
aa-deiBiis des portes paraissent dei additions postérieures à la construction générale. L^emploi des mâchicoulis est extrêmement anoien en' Orient; mais je ne crois pas qu%
aient été d'un usage fréquent eu France avant le mv^ siècle*
fèur de la tour est de qnalie^yingt-dix pieds , son
diamètre de soixante-six., rëpaisseur des murs de dii-huit pieds à la base. C'est un ouyrage indépendant du eorps de la plaoe et environné de toutes parts d'un large fossé. Il servait à augmenter la force de la yiUe du côté de la terre où elle était surtout exposée à une attaque , et en cas de surprise elle pouvait devenir comme une citadelle dont on n'aurait pu s'emparer sans un siège en règle. On l'appelle la tour de Constance; il est certain qu'elle est plus ancienne que les remparts, mais il règne quelque incertitude sur l'époque de sa construction. Le nom de Constance a fait supposer à quelques auteurs qui ne l'avaient pas vue qu'elle avait été bAtie au temps de Constantin. L'examen le plus superficiel de son parement et surtout de rintérienr, dont toutes les voûtes sont ogivales avec des nervures saillantes et croisées, prouve qu'on ne peut lui assigner une date antérieure au xm* siècle. — Une lettre du pape Clé» ment IV à saint Louis, en I:i07 , commence ainsi: « Depuis que dans le port d'Aigues-Mortes, vous « aveE élevé avec beaucoup de dépenses une tour « pour protéger les pèlerins, etc. » Il est vraisemblable que c'est de la tour de Constance qu'il s'a*git ici ^
Le rez-de-chaussée de la tour est occupé par une gianile salle , où l'on voit encore les restes
< Voir la ci^scription d'Aigues-Mortes par di Pietro,
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d*im four* Là, sans doute, était le msKaiia do
vivres, la manutention , peut-être le logement de la garnison. Au centre est un puiti ou une citerne, à laquelle correspond une ouverture cir* culairo au milieu de la voûte. La plate-forme de la tour est également percée, en sorte que de son sommet on peut jeter quelque chose dans la citerne. Ceux qui uc se représentent les châteaux du moyen^àge que peuplés de brigands , pourront voir dans ee puits des oubliettes; d*autres , plui prosaïques , le regarderont comme une citerne à conserver Teau , et les ouvertures pratiquées dans le plancher, comme un moyen commode de correspondre entre les deux étages.
L'ingémeurquia construit la tour de Ckinstaace a prévu le cas où rassaillant |>arvienclrait à forcer la première porte et à s'emparer du rez-de-chaua* sée : même alors la résistance pouvait se prolon* ger d'une manière efficace. Non seulement le débouché de rescalier est défendu par des meur^ trières obliques et verticales; mais on conaervait dans les étages supérieurs de grosses boules de pierre qui, lancées dans Tescalier, devaient tout balayer sur leur passage. J'en ai vu plusieurs semblables à Aigues-Morles et dans dautres lieux.
Autour de la salle du premier étage , règne un corridor étroit^ cest une espèce de chemiu de ronde. — Après la révocation de Tédit de Mantes, cette salle a servi de prison â des protestans qui refusaient d'abjurer. De même quo^rle rei-de-
obaostëe , elle n'est ëelairëe que par des meur*
trières ctroitcs et par rouverture circulaire du eentre de la voûte» La plate-lbnne a été complè* teioent Testaarée, et le eouioiuieineiit n^est pas antérieur au xvi* siècle, — Une tourelle de trentequatre pieds de haut supporte un phare qui , de* puis long-temps , n'est plus alhimé.
On a répété mainte fois que les fortitica4ioïis d'Aigues-Mortes sont tracées sur le plan de celles d'une ville de rOrient : on varie entre Jérusalem, Damiette el Saint-Jean-d'Acre. Je ne comprends . pas trop ce qu'on entend par ce mot plan* Le tracé des remparts n'a pu, en aucun cas, être antre chose que Teaceinte de la ville, telle qu'elle était an xm* sidcle* Des courtines flanquées de toma avec un fossé devant, voilà le caractèi^ de toutes les enceintes fortifiées du moyen-àge* Sous œ rapport , Aigues^Mortes ressemble à Jérusalem comme à toute autre ville. — Les machicoulb, si l'on admettait qu'ila fussent de construction prt* mitive, seraient peut-être Fimitation de rarcliitecture militaire de rOrient dont la tradition s'est conservée. Cest à l'emploi commun de ce moyen de défense que se bornerait la ressemblance de Teuc^te d'Aigues-Mortes avec celle de Dainiette on de Jémsalem.
Quelques heures passées à Aigues-Mortcs suffisent pour faire connaître la vérité sur le lait, avancé avec tant de confiance par plusieurs au- \ teurs qui se sont copiés les uns les autres , de la