‹ Notes d'un voyage dans le Midi de la FranceChapitre 15 sur 18 · UA · texte numérisé non relu

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sucoeMeiv Gauthier. Il paraît qu^elle n^a été

minée que vers la fin du xii® siècle *•

Aujourd'hui cette église est fort ruinée* Scm apparence est eelle d'une forteresse , et Ton conçoit que le voisinage des pirates musulmans des iles Baléares ait nécessité des précautions contre un coup de main. Les murs sont couronnés de longs mâchicoulis , qui partent dW contrefort à Tautre, comme au château des papes d'Avignon, et que je crois un placage du xiv^ siècle. On ne voit d'ailleurs aucun ornement à l'extérieur , si ce n'est du côté de la façade. Celle-ci est étroite pour sa hauteur, singularité digne de remarque dans un édifice de cette époque* Les fenêtres supérieures sont décorées dans le goût oriental , d'arehiroltes formées de pierres al ter nati vemeni blanches et noires* On remarque le même système d*omementa« tion dans la porte , surmontée d'un tympan en ogive encadré par une archivolte cintrée , large , à cla> veaux de marbre altemaliTemeni blanes, et grîs veinés de noir. Dans presque toutes les provinces oik les Sarrasins ont séjourné, on retrouve l'emploi de matériaux de différentes couleurs comme moyen d'ornementation.

L'intérieur du tympan est rempli par un bas* relief représentant le Père Étemd , avec les attributs symboliques des quatre ëvangélistes ; le bandeau auHlessous est couvert de rinceaux dans le

i V. d'ÂigrefeuiUe, Mist. d« MoatpelUer.

style bfsantin, etrinscriptioiiBiiiTante environne le tout :

Ad porlum vite : sitientes quique venita :

lias intrando fores ; Testms compoiute mores : Hinc intrans ora : tua semper crlipina plora : Quidquid peocotur s lacrymarum fonte lavatur.

B. B. in MIS iecit hoc -j- anao inc. D : 2t<> : : LXX : VllI «> :

Deux bas-relieCi en marbre blanc sont scellà dans les piédroits de la porte* L*un représente

saint Pierre , reconnaissable à ses cie£s et à ses dieveux firisés, l'autre saint Paul tenant une épée nue Il m*a semblé que ces deux figures étaient d*un style plus ancien que le bas -relief du tympan. Peut-être a-t-on fait servir à la décoration de ce portail des sculptures déjà anciennes et en* levées *à d'autres monumens.

Ainsi qu'à Montpellier , l'appareil des murailles présente des assises d'épaisseur inégale, alternant dans un ordre régulier } les pierres sont taillées avec soin, et assemblées par une légère couche de

luortier.

A l'intérieur , les voûtes sont plus élevées qu il n'est ordinaire dans les édifices de la période ro mane. Leur courbe décrit une ogive à peine sensible, renforcée dedistance en distance par des arcs

» Saint Pierre et saint Puul sont presque luujuurs représentés de ia sorte.

doubteanxasseï épais. Aucune trace de réparations

ne parait dana celte voûte, qu'on a tout lieu de croire contemporaine des gros murs, Tappareil, la coupe des pierres et leur teinte étant absolumentles mêmes. L'apside, d'un très grand diamètre, est presque aussi élevée que la nef. A Tintérieur, ses fenêtres sont flanquées de colonnettes à chapiteaux ornés de feuillages. L'église n*a qu'une nef, peutêtre par suite de la construction postérieure de chappelles latérales qui auront pris la place des bas-cùtés. Nulle décoration intérieure ; les fenêtres sont presque toutes cintrées , qnelques-unee très étroites ; quant à celles qui sont en ogive et larges , je soupçonne qu'elles ont subi des réparations. £n face de l'apside » une tribune ou salle haute paraît avoir été destinée à sé}>arcr tous les religieux ou quelques-uns d'entre eux , du reste des fidèles. On observe cette disposition dans beaucoup d'églises d'Espagne.

Un escalier à deux rampes alternatives conduit à un toit obtus , presque plat , recouvert de larges dalles de pierre, aujourd'hui en assez mauvais état. On distingue encoire quelques restes d*une crête , qui régnait tout le long de Taréte du toit , et d'antéfixes en pierre. La gouttière , en pierre aussi est cachée à l'extérieur par les murs latéraux qui la débordent légèrement. Les tours, aujourd liui démolies en partie , ne s'élèvent pas audessus des murs de la nef.

Lorsque je visitai Maguelonnc, Teglise était en-

combrëe de foin el je n*ai pu examiner de près lés

détails de quelqucs-uiics des chapelles ( gothiques pour la plupai't) , ainsi que plusieurs des tombeaux d'anciens ëvéques de Maguelonne , enfoois sous ce fuiii. L( .s plus aîiciens parmi ceux que j'ai pu examiner étaient du commencement du xrv" siècle , peu remarquables, soit pour la sculpture , soit sous le rapport des orneraens. Un beau tombeau antique à rinceaux d'un fini précieux, et tout semblable à celui de Beaucaire, gisait au milieu des débris. J'ignore d'où il provient. — J'ai copié rinscription suivante sur un des piliers des chapelles latérales*

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